iii' ■i i/. -V L£^ ■mm YORKBOTANICAL GAW vummm HORîiiii. L'ILLUSTRATION HORTICOLE REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS COMl'HENANT LA FIGURE, LA DESCRIPTION, L'HISTOIRE ET LA CULTURE DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES, LES INTRODUCTIONS NOUVELLES; LA CHRONIQUE HORTICOLE, LES VOYAGES BOTANIQUES, LE COMPTE-RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS ET DES OUVRAGES NOUVEAUX SUR LA BOTANIQUE ET L'HORTICULTURE, ETC., ETC.; publiée sous la direelioii de J. LINDEN el rédigée par ED. xmwE, AVEC LA COLLARORATION DE PLUSIEURS BOTANISTES ET HORTICULTEUR Vingt- quatrième Volume (OU HUITIÈME DE LA TROISIÈME SÉRIE. GAND. 1877 .[-66- Le dopi'it exigé par la loi a été fait. \ \i n A l^ NEW YORK ___ BOTANICAL CHRONIQUE HORTICOLE. Janvier 1877. Le Phylloxéra dans la Gironde et aux Canaries. — L'année dernière et cette année, les ravages du Phylloxéra ont été épouvantables dans les Charentes. Voici qu'ils commencent dans le Bordelais. Le Médoc est envahi sur plusieurs points. Les viticulteurs sont sur les dents. A Madère, les cultivateurs qui avaient replanté après la première destruction des vignobles, ont vu leurs nouvelles plantations rapidement perdues. Partout on brûle les treillages des anciennes Vignes et l'on pré- voit le moment où il ne restera rien de ces riches exploitations vinicoles. Il faut cependant lutter contre le fléau. Dans les régions envahies, on conseille plus que jamais la replantation en Vignes américaines et le greffage. Les adversaires de M. Planchon commencent à revenir à lui. D'un autre côté, les expériences de Dumas, reprises par M. Mouillefert, lui ont prouvé que le sulfocarbonate de potasse tue l'insecte et fertilise la Vigne. Il ne s'agit que de trouver un moyen pratique de l'employer. Enfin M. Blanchard préconise un enduit de coaltar au pied des ceps de Vigne. Production des Groseilles en Grèce. — La ville de Fatras est depuis longtemps célèbre par ses Groseilles à grappes, mais on ne se doute guère des chiffres qui se rapportent à la production de ce fruit dans la région. Une grande quantité est expédiée en Russie. Cependant, nous trou- vons, dans une récente statistique, que cette année l'Angleterre a reçu de Patras 44,656 {quaranle-quatre mille six cent cinquante-six) tonnes de Groseil- les, et l'Amérique 5,956 tonnes. Ce sont des chiffres presque incroyables. Les algues des eaux minérales. — Un botaniste allemand, le pro- fesseur Cohn, a trouvé que les vertus curatives de certaines eaux chaudes minérales ont pour cause la présence d'algues incolores. Ces organismes provoqueraient la formation du gaz hydrogène sulfuré et la précipitation du soufre. Le Bambou carré. — M. Ed. Renard vient de recevoir du Japon des plants de Bambou carré qu'il a mis à la disposition de la Société d'Acclimatation. On sait d'ailleurs que M. Mazel, du golfe Jouan, près Cannes, possède la plante vivante et commence à la répandre dans les cultures. Les dévastations des Moineaux. — II y a quinze ans, le Moineau franc était inconnu dans l'Amérique du Nord. On l'y a introduit, et il s'y est multiplié à ce point que les colons commencent à s'en repentir. J'ai pu voir personnellement les bandes ailées de ces pillards, non seulement dans New- York et dans les grandes villes des États-Unis, mais au loin dans les campagnes. Les colons d'Algérie font entendre des plaintes analogues et ne savent comment réduire la multiplication rapide de cet g)iseau. Le moyen est cependant assez simple, et M. Naudin, le savant cHjotaniste, l'a fait connaître par deux fois différentes : c'est d'introduire la I TOME XXIV. 1877. l" LIVR. oc > — G — Chevêche {Stnjx passerina), qui fait une guerre acharnée à cet oiseau. Ce serait oliéir ainsi aux lois de la nature, qui met une juste pondération dans toutes choses et qui fuit servir le mal des uns au bien des autres. La peau des Poires. — Il y a déjA un certain nombre d'années que M. lUiflielot, l'habile fabricant de fruits modelés, a découvert un procédé curieux pour apprécier la qualité des Poires. En écrivant les noms à l'encre sur les fruits mêmes, il a remarqué que sur les bons fruits il écrivait facilement, et que l'encre ne voulait pas prendre sur ceux d'une qnalité tout-à-fait inférieure. Nous livrons ce fait à l'expérimentation des car- pophiles. Exposition universelle de Paris en 1878. — La 90* classe de l'Exposition comprend l'horticulture. Le jury d'adnii.'^sion des plantes de serre est nommé : il se compose de MM. le duc Decazes, président; A. Benoist d'Azy, Ed. Prillieux. Ed. Bureau et Geoflroy-S'-Hilaire. Exposition de Porto. — Une grande Exposition horticole sera tenue à Porto (Optirto), Portugal, en juin 1877, dans le Palais de Cristal. Adresser les communications à M. de Oliveira junior, rédacteur du Journal de Horti- culluia jiralica, à Porto. Exposition internationale d'Horticulture à Amsterdam. — C'est toujours au mois d'avril 1877 que cette exposition aura lieu, dans le Palais de l'Industrie, à Amsterdam, sous le patronage de S. M. le roi des Pays-Bas. La commission centrale a pour président M. le chevalier Den Tex, et pour secrétaire M. le baron 'Van Wassenaer van Catwyck. Le programme contient 662 concours. Un Congrès de botanique sera ouvert en même temps que l'Exposition Nous attendons des détails. Bulletin de la Fédération de Belgique. — Nous venons de rece- voir le volume pour I87Ô de cette publication. Nous y avons surtout remav([ué la théorie des plantes ciirnivores et irritables, la théorie mécanique de la chaleur appliquée aux plantes et la correspondance botanique, trois tra- vaux dus à la plume féconde de M. Ed. Morren. Société nationale anglaise des Roses. — Sous le titre de National Rose Society, il vient d'être fondé à Londres une Société spécialement con- sacrée aux Roses. Le président est le Rév. Canon Hole, les secrétaires MM. Rév. H. Dombrain et H. Meyor. C'est à ce dernier que l'on pourra adresser les communications (H. Meyor, 3, Adelphi terrace, Strand, W. C. London). Société des Auricules. — Autre Société pour les auriculistes de Lon- dres tout seuls. Même patrie, m?me enthousiasme. Président M. F. Whit- bourn, secrétaire M. E. S. Dodwell, Larkhall Rise, Clapham, London. Nous retournons ;\ grands pas à la Tulipomanie ou à quelque chose d'appro- chant, car il existe déjà en Angleterre une Société nationale des Auricules, et l'on ne peut conjecturer oii s'arrêtera le nombre de ces associations. Les Champignons suspects. — A la séance du 6 décembre dernier de la Société royale d'Horticulture de Londres, on a lu la letti'e d'un correspondant qui avait trouvé, sur une couche à Champignons comes- tibles, des Champignons vénéneux appartenant à YAgaricus fastualis. C'est une très dangereuse espèce que l'on prendrait pour 1'^. edulis, si l'on ne — 7 — constatait pas l'absence d'anneau sur le pédicule. La couche avait été arrosée avec une solution d'ammoniaque dans de l'eau chaude. On voit donc que le danger d'être empoisonné par les Champignons peut se trouver jusque dans ceux que nous achetons sur les marchés avec toute sécurité. Coupe verre métallique. — MM. Williams et C'*, rue Caumartin, 1, à Paris, ont mis en vente un petit instrument d'un prix très modéré (1 fr. 25), qui est destiné à rendre des services aux jardiniers pour réparer les vitres de leurs châssis. Il se compose d'une lame oblique d'acier trempé très dur, avec laquelle on coupe facilement le verre simple, mais non le verre double. L'instrument porte aussi un grugeoir à crans d'écartement varié. Il est très digne d'être recommandé. Le plébiscite pomologique. — M. Ed. Pynaert a eu l'année der- nière l'heureuse idée de convier tous les membres du Cercle d'Arbori- culture de Belgique à exprimer leur opinion sur les fruits qu'ils culti%'ent. Il a appelé cette enquête du nom expressif de plébiscite pomologique. Soixante- deux membres ont déjà répondu à cet appel et des observations nom- breuses ont été faites. L'idée est bonne, on doit l'encourager. Si toutes les associations horticoles en faisaient autant, on aurait en peu de temps une suite d'essais précieux qu'il ne resterait plus qu'à réunir et à comparer pour fixer exactement les variétés fruitières dignes d'être cultivées dans chaque région et dans chaque terrain. Le pilori pomologique. — C'est également un sentiment fort louable que celui de clouer au pilori les mauvais fruits qui encombrent encore nos vergers et nos jardins, mais l'exécution en est plus difficile en ce qui concei'ne les fruits nouveaux. Allez donc déclarer à un père que son fils n'est pas le plus bel et le meilleur enfant du monde! MM. les semeurs, comme les poètes (genus irritabile vatum) n'entendent pas toujours la plai- santerie sur ce chef et il faut un certain courage pour affronter leur colère. Nous engageons nos confrères à user de beaucoup de circonspection pour appeler un chat un chat et.... une mauvaise poire par son nom, s'ils ne veulent s'attirer des inimitiés incurables. Le Noyer et l'Allante. — Cette jolie fable de M. Oury a vécu. On vient de découvrir, après avoir publié le fait de cette greffé miraculeuse, que le fameux Vernis du Japon, greffé sur un Noyer, n'était autre chose qu'un Noyer d'Amérique de la section des Carya, dont le feuillage ressemble un peu à celui de l'Allante. Cette rectification a été faite par M. J. Courtois, qui avait été induit en erreur et qui a rétabli les faits aussitôt qu'il en a été instruit. Le Journal des Roses. — Nous venons de recevoir le premier numéro de cette nouvelle publication qui commence à paraître avec l'année 1877. Nous ne vous étonnerons pas en vous disant qu'elle porte couverture rose. Sa patrie est Suisnes, près Brie-Comte-Robert, la '■ terre des Roses "; son propriétaire, M. Scipiou Cochet; son rédacteur en chef, M. Camille Bernardin. Ces noms sont connus, le premier comme celui d'un pépiniériste des plus distingués, le second comme celui d'un homme aimable, actif, intelligent, qui a fait depuis longtemps ses preuves d'organisateur des — 8 — expositioiis de Roses en Seine-et-Marne. Nous souhaitons, de tout cœur, le plus franc succès à cette nouvelle, gracieuse et utile publication. École d'Arboriculture de Brumath. — On vient de fonder en Alsace, à liruniaih, une école d'Arbuiiculture, qui a pour but de former des jeunes gens aux connaissances théoriques et pratiques de l'horticul- ture utile, et aussi de donner aux instituteurs primaires les notions néces- saires pour diriger les arl)res fruitiers, les pépinières, etc. Conservation des Herbiers. — M. Schnetzier, de Lausanne, vient de faire connaître un moyen simple et peu dispendieux de préserver les herbiers des insectes qui y exercent tant de ravages. On sait que, jusqu'à présent, on en était réduit à plonger séparément chaque plante dans une dissolution de deuto-chlorure de mercure, opération qui n'était pas sans danger pour le préparateur et qui demandait beaucoup de temps. M. Schnetzier y substitue le sulfure de carbone. Il place les herbiers dans une grande caisse en bois, par paquets de 200 plantes, et verse 120 gram- mes de sulfure [de carbone à l'intérieur des fascicules entre les feuilles qui renferment les plantes. Puis la caisse est hermétiquement fermée. Au bout d'un mois, toutes les larves d'insectes sont détruites. Eucharis amazonica. — Cette superbe plante est représentée en Angleterre par d'énormes spécimens d'exposition, qui font l'admiration des étrangers. En ce moment, dit le " Gardeii •>, M. J. Staples, de Chip- stead, à Sevenoaks, en possède onze pieds, qui fleurissent tous deux ou trois fois par an. L'un d'eux porte 36 hampes, supportant 185 fleurs à la fois. Le Gardenevs Chvonide du 2 décembre nous apprend que M. Croucher a une plante portant 214 fleurs, et celui du 16 décembre que M. G. Slieath a fait photographier en novembre dernier deux exemplaires, qui portaient ensemble 142 hampes, formant un total de 852 fleurs épanouies. Ces plantes formaient un ravissant spectacle. Il est bon de rappeler à cette occasion ce que nous avons dit à plusieurs i-eprises de la culture des Eucharis, et de redire à l'occasion que c'est à M. J. Linden qu'on en doit la découverte, l'inti'oduction et la dénomination. Gui de Chêne. — M. Londet, professeur à l'école française d'Agricul- ture de Grand Jouan, a envoyé à la Société centrale d'Agriculture de France, un bel échantillon de Gui (Viscum album) croissant vigoureusement sur une branche de chêne. Ce n'est pas la première fois que ce fait est constaté, et chacun se rappelle les anciennes légendes des druides, la récolte du Gui de chêne par Velléda à la faucille d'or, mais le Gui de chêne se rencontre très rarement et mérite toujours une mention spéciale. Ed. André. — 9 — PI. CCLXV. CYPRIPEDIIM DRURYI, beddome. cypripèoe du colonel drury. Orchidées. fiTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voy. Illiisir. Iiortic, 1835, p. 6i. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : /olia ligulata .icuta (levissiine iiebuloso-maculala) ; pcdun- c!(/»s atralo-purpureus uiiitloius villosiis; Imiclm aiiceps liiaiiyiila ovario peilicellalo atrato- purpurco lonyo bravior; sepalum suiicrlus obloiigiini exius itlamiipiliim, in/'erius latc-oblonguni extus glaiHli|)ilum labeilo subaiqiiiloiigiim; pctala late oblonga ligulata obtuse acuta exlus glanduloso-pilusa supra liiieam mediani; lahcUiiin ungue bene canaliculala, sacco obtuso, liiubo eveclo reluso, uliiiiquc angulalo; staimnodinm aiitice tridiuUatum, deiitibus lateralibus angu- latis maxiniis. tieiile inedio niiiiiito, postice utrinque angulaluin. — Sepala et pelala viridi- ilava, omuia liiiea Inugitudinali alia, in sepalo iiifeiioii quidem du|)M(M. Labellum ocliroleucum, basi gultulis pallide bruimeis. Stamimidiuiii byaliuo-llavuui. — In Indi;e orientalis regno Mnïssour legil H. Drury, auDO 1866. — Ex H. G. Reicheiibach 01. (iescripl. in Gard. Citron. 1876, p. 68. Cypripedium Druryi, Beddome, le. plant, or., p. 25, pi. CXII. — Rclib. f. Xmia, II, 223. Cette espèce est l'une des plus curieuses du genre Cypripedium. Elle fut découverte par le colonel H. Drurj, en 1866, dans le Maissour méri- dional [Mijsore des Anglais). La plante fut nommée et publiée par le major Beddome d'après un croquis du colonel Drurj. Elle a été exposée à Bruxelles par M. Linden en avril 1876 à la grande Exposition de Bruxelles. Elle a aussi fleuri en Angleterre, chez MM. 'Veitch et à Kew. Son port ressemble à celui du Cypripedium insigne, l'espèce la plus commune du genre, qui est fort belle et que je me rappelle avoir vu cultivei- autrefois à Angers, chez M. Leroj, comme plante d'orangerie, à laquelle on ne prêtait guère d'attention, tandis qu'aujourd'hui les potées un peu fortes et bien cultivées de cette espèce atteignent un prix fort respectable. Le C. Druryi a les feuilles plus aiguës et généralement plus courtes que l'insigne. Les pédoncules sont d'un pourpre foncé. Une bractée, beaucoup plus courte que l'ovaire, accompagne cet organe, qui est pédicellé et velu. Les sépales sont d'un jaune verdàtre, ornés au milieu d'une bande foncée, large, fortement couverts à l'extérieur de poils foncés, dont un certain nombre sont glanduleux. Les pétales sont larges, ligules, un peu inclinés en bas, ciliés, élégamment striés d'une ligne foncée au centre, et ornés de points bruns vers la base. Leur moitié inférieure est couverte intéjùeu- rement de poils nombreux, petits, glanduleux. Le labelle est très projeté en avant avec deux angles courts aux bords et une ligne presque droite. Le staminode, presque transparent, est bidenté ; son extrémité antérieure a deux dents moyennes et une petite entre les deux autres, et chaque côté basilaire forme un angle aigu. La colonne est très velue glanduleuse. L'odeur des fleurs ressemble à celle du Saiep frais. Le C. Druryi mérite de tenir une place honorable dans la légion déjà nombreuse que forment les espèces de ce beau genre. Ed. André. — 10 — PI. CCLXVI. STENANDRIUM IGNEUM, b. mù. STÉNANDRE COULEUR FEU, ACANTHACÉES. KTYMOLOGIE : di^ rTîKjf, étroit, et «nip, av^faç, orj;ane mâle, allusion aux anthères élioitcs. CAlîACTÈRES OKNfiRIQL'ES : cali/x S-parlilus, segniemis an^uslis ac.ulis parum inwqua- lihus; ciirnlliv luhus tennis, rylindraccus, apice sa'pc incurvus cl in t'anceni hreveni ainpiialu.s; linilnis ul>lii|uus, païens, lohis ."> obovalis relusisve inibricatis, 2 posticis sa'pius allius ronnatis inliniis, ajilico eMinjo; stamiim 1, illdynania, snli lauce allixa, iiichisa, lilanicnlis lirc\ilnis; anllii'i;e cp|)lon^;u', l-loenlares, per paii^j connivcnles v. suliciilr.erenlos, apice noiiiinniinani bailiellala', liasi mullc:e; disriis iiiocinspicnns; sli/liix apice sulidavatus, hi'evissinn' liilubns; oriiht in (|U(i(pi(' loculo 2; riiiisiilii iiblon^a v. l'usilormis , sublercs; si'iiiiiiii 1 v. aboiln pau- cioia, piano compressa, orbiculala, liispiilula \. nnii'icata. — Herba^ subacanles v. I>re\icaules, sa'pius villosié v, pubescentes. Folia sa'pe radicalia v. ail basin caulis conreila intenerrima. Flores sirpius parvnli, ad axillas braclearum opposilarnm v. subopposilaniin solitaiii, sessiles, spicali. Spica' in peduncnlo axillari v. scapiformi, brèves dens;eiiue v. elon^çala^ et inlerrupta', siinplices v. ramos;e. Bractea' nunc oval;c lanceolala', subimbricalïr, nunc parva' per paria dissit;e; braclenhe lineares, ealyce breviores. Species ad IK, per Américain tropicam et sub- trdpicani a lionaria et Cliili uscpie ad Indiani occidentalem et Mcxicum laie dispersa'. (Ilook. et lienlli. tii'iii-rci, 11, p. 1095). Stenandrium, Nées ab Esenbcck, in Lindl. htir., éd. 2, p. SHo et 441. C.\UAr,TKI!ES SPRClFIQrES : /ihintii linmilis; fulin palula i^eneris mnrel opposilo-decus- sala aspeclu rusnlanlla ovalo-ublunjia nblusa, in peliolnm lircvcm decnrrenlia, 10 cenl. longa, 4 cent, lala, supra luniinis lusu anied-puhcndcnlia inicnse viridia Costa nervisiiue in villis aurato-rnbris ininicrsis, inl'ra pallidiora nervis priiniinenlibus snblerelibus; spirii idon^ata terminalis; Iji-mlnf l(iliace;e j^rosse serralic flores a'(iuanles vel illis lon^iores; mh/cis sepala c basi libéra lililormia subulala striala pilis glandulosis mar^inata; curulla tubulosa, subin- curva, lobis ovalo-acutis palenlibus, superne riu.nens, ealyce lonj^ior, Iulea; sluiiilna 4, suba'cpialia, dorsilixa, oblonyo-cylindracea, apice l)arbata, inclusa, ad apicein Inbi inserta, sli/tiis stamina ;p(pians, slii/ma capitalum, claviloruie. — .\d rivos fluuiiiiis lluallaga in Peruvia sepentrioiLali. — Anno 1807 in caldarios Lindenianns iniroducla. Stenandrium igneum, Ed. André. Eranthemum igneum, l.inden, CatnI. ISO". — Ed. André, Mow. Iinrt. 1867, p. 74. — Ed. Morren, llrv. de lllorl. 1867, 1, p. 491 {cum talmla). — Flore des Serres, XVII, p. 19 {cuiH talmla). Cette charmante Acanthacée, introduite en 1866 par les soins de M. Linden des bords du rio Huallaga (Pérou orientai), a été répandue, décrite et figurée sous le nom à' Eranthemum igneum, Linden, jusqu'à ce qu'elle et1t fleuri et qu'un examen attentif eiU démontré qu'elle apparte- nait sans conteste au genre Stenandrium, bien éloigné, par ses quatre étaniines barbelées et d'autres caractères, des Eranthemum ou des Fitloniii, parmi lesquels on la rangerait volontiers ;\ première vue. Son éloge n'est plus à faire au point de vue horticole. La nuance dorée de son feuillage chatoyant est unique et présente des reflets de feu qui justi- fient bien l'épithète que lui avait donné M. Linden et que nous lui con- servons. Elle croît dans les forêts humides et ombragées, comme les Filtonia et autres jolies Acanthacées à feuillage peint et réticulé. La serre chaude, avec beaucoup d'humidité, lui .sera nécessaire. Ed. André. ■^-«^ -M m a < i "s 5=^ =* X llJ a E Gû >- X < X o _l o X ID "St LU > o — 11 — PI. CCLXVII. NOUVEAUX GLOXTNIAS HYBRIDES. ÉTYMOLOGIE et CARACTÈKES GÉNÉRIQUES et SPÉCIFIQUES : Voir lllustr. Iwrtic, IH7b, p. 138, el 1851, pi. 16. CARACTÈRES DES VARIÉTÉS FIGURÉES. IL"). Henry-Flèche. Grande fleur de forme irréprochable, nuance Magenta brillant ombré de carmin foncé à l'entrée de la gorge, bords du limbe blanc pur. 116. Piccolino. Fleur de forme modèle, carmin brûlé cendré sur les bords du limbe ; goi'ge cerclé de carmin feu ; tube blanc pur. 118. Mont-Blanc. Blanc de neige, forme parfaite, belle floraison. 123. Boule de feu. Carmin foncé poussé au noir à l'entrée de la gorge ; bords du limbe carmin rosé; fleur énorme; ensemble de floraison magni- fique. 124. Louis "Van Houtte. Indigo foncé s'étalant sur le limbe en dimi- nuant d'intensité, le tout bordé d'un mince filet blanc. 125. Madame Linden. Laque carminée glacée de carmin à l'entrée de la gorge, qui est légèrement dessinée de bleuâtre; bords du limbe blanc pur coquettement ondulés. 126. Le Charmeur. Solférino foncé jusqu'aux bords du limbe; tube blanc de neige. 127. Aïda. Rose clair uniforme sur toute la surface du limbe, le tout réticulé, strié, veiné de filets bleus; gorge bleuâtre, cerclée d'un anneau rose plus foncé. L. DUVAL. - 12 — LE JARDIN POT.VGEU Eï FRUITIER. NOUVELLE CULTURE DU PÊCHER. Tout le monde sait quelle difficulté on éprouve pour obtenir une bonne végétation du Pêcher dans une terre qui en a déjà produit, et cela malgré le défonceraent des terres de la planche par de la nouvelle, prise au loin. Dans beaucoup de cas, on ne possède même pas de murs, ou les murs sont déjà occupés par d'autres arbres. Un de nos horticulteurs nantais, que je regarde comme des plus habiles et des plus ingénieux, et que, malgré sa modestie, je nommerai tout haut, M. L. Brunelière, frappé de tous ces inconvénients, a imaginé une façon, que je crois nouvelle, d'obtenir des Pêchers dans n'importe quelle position. Il a choisi un grand carré dépourvu d'arbres et bien aéré dans sa tenue, et y a établi cinq ou six rangs de palissades orientées au sud, ainsi con- struites : sur de forts poteaux enfoncés en terre de distance en distance, on a assujetti deux ou trois traverses horizontales, sur lesquelles ont été clouées de mauvaises planches (débris de caisses à savon). Le tout, d'une hauteur d'environ 2 mètres, est recouvert d'une petite planche formant au vent. Chaque palissade est distante d'une autre de 2 mètres. Puis on a planté, à une distance assez rapprochée pour pouvoir garnir très promptement toute la surface, des Pêchers pour être établis sur une forme carrée. Le sol est très riche. On a profité d'une luxuriante végétation pour garnir de suite le jilus de surface possible, sans trop s'inquiéter de la régularité. Dès la troisième année, le devant des palissades étant garni, on a fait des trous dans les dites palissades, afin de faire passer au revers les branches surabondantes ; et enfin, la quatrième année, les palissades sont garnies également des deux cùtés. Et chose merveilleuse, le coté nord a produit des fruits plus beaux peut-être que ceux du côté sud. Il est vrai que cette année a été d'une sécheresse rare. Enfin, M. Brunelière estime que sa plantation peut durer de 10 à 12 ans, ce qui est très suffisant. Rien donc ne l'empêchera de faire dans un autre carré cette même opération, qui est en même temps une bonne spéculation. A. BOISSELOT. (Rcinie horticole). CÉLERI PANACHÉ DE GOUGIBUS. M. Gougibus, jardinier de M. Talabot, à Maury, près Limoges (Haute- "Vienne), a trouvé en 1869, dans une planche de Céleri turc, un pied qui avait passé l'hiver sans geler, mais qui était devenu entièrement panaché. Cette plante lui donna des graines qui fournirent un certain nombre de pieds panachés, et par la sélection depuis 1869, M. Gougibus est parvenu à créer une variété panachée qui parait fixée et qu'il pourra mettre cette année à la disposition des horticulteurs. A. Ducos. — 13 — LES MEILLEURES VARIÉTÉS DE HARICOTS. Nous donnons, ci-après, les noms des Haricots à rames que nous pouvons recommander à coup silr. Cette liste est divisée en trois séries, selon l'époque de maturité; elle ne contient que des variétés sans parchemin. 1"^ El'OQUE. — Haricots à, consommer en juin. Harknt lifurré Sl-Joscph. — Plante peu élevée, 1res productive dès le bas; cosse jaune panachée de pourpre uoir : haricot très hâtif. 2= ÉPOQUE. — Haricots à consommer en juillet-août. 1" Haricot à cosse violette. — Plante élevée, cosse très longue, d'un beau violet, devenant verte à la cuisson; grain long, plat, couleur de chair, louotlé de brun. 2" Haricot intestin (Perrierl, Revue horticole, 1H70-7I, p. 366. — Tige de vigueur moyenne, productive, cosse exlrèinenieul charnue et tendre, grain blanc elliptique. 5» Haricot Beurre-Ivoire (Perrier). — Variété nouvelle ainsi nommée de la couleur de ses cosses qui sont d'une blancheur remarquable. Cette particularité, d'un joli ellet, pourrait le faire admettre au jardin d'agrément, où on l'emploierait avec succès à l'ornemenlalion des berceaux et tonnelles, surtout en l'associant au Haricot à cosse violette, dont les longues cosses, d'une teinte magnifique, trancheraient agréablement avec le blanc pur de celle-ci. Ces deux variétés, étant d'excellents mange- tout, réuniraient le double avantage de l'utilité et de l'agrément. 3'^ ÉPOQUE. — Haricots à consommer en septembre et octobre. 1" Haricot d'Alger ou Beurre noir. — Plante assez vigoureuse, assez productive. Cosse jaune très tendre et succulente, même quand le grain est entièrement formé. Graiu elliptique, d'un noir bleuâtre. 2" Haricot de la Val d'Isère (Perrier). — Plante vigoureuse, tardive, productive, à hautes rames; cosse verte fortement arquée, assez gros.se, pleine, tendre, sans parchemin, presque recourbée en hameçon à la maturité. Grain elliptique, d'un noir luisant. Justement apprécié de nos maraîchers, pour l'abondance et la qualité de son produit. 3" Haricot zétiré ç/ris (Perrier). — Plante tardive, très vigoureuse, rameuse, très élevée; cosse assez longue, bien charnue, très tendre, sans hls ni parchemin, grain assez gros, fond gris zébré de noir. Ce Haricot, que j'ai suivi longtemps dans mes cultures, est à mon avis le roi des mange -tout. Rusticité et fécondité de la plante, volume et forme de la cosse, finesse du goût, rien ne lui manque. Peu exigeant sous le rapport de l'engrais et du sol, je l'ai vu donner de belles récoltes sur des terres où le produit des autres variétés eût été à peu près nul. Ses cosses sont si francbement sans parchemin, que, récoltées à complète maturité et cuites après 21 heures de macération dans l'eau, elles constituent encore, en purée, un manger très accep- table. On pourrait donc, à la rigueur, se dispenser avec celte variété des soins minutieux que demande la préparation des conserves de Haricots pour l'hiver. Tout se bornerait à rentrer sous un hangar les rames couvertes de leurs cosses, à peu près mûres, et à les cueillir pendant la mauvaise saison, au fur et à mesure du besoin. Terminons par un mot sur la culture du Haricot à rames. Pour semer le Haricot, nos jardiniers, sur une planche de l'",20 à 1",30, tracent trois lignes, sur lesquelles ils creusent, en quinconce, des trous à environ 40 à 50 centimètres l'un de l'autre. Dans chaque trou, ils jettent de 3 à 5 grains et placent une rame pour deux poquets. Cette méthode est défectueuse de toutes manières. Il est évident que 3-5 grains dans un même trou ne peuvent que s'aâamer et se nuire mutuel- lement. De plus, le produit de la ligne au centre sera presque nul, vu le rapprochement des deux autres. — 14 ^ Pour nous, nous inspirant des conseils de M. Joigneaux, nous avons adopté la méthode suivante que nous conseillons comme nous ayant toujours donné d'excellents résultats. Après avoir tracé des lignes à 1 mètre, nous marquons sur la première ligne des points à 1 mètre l'un de l'autre, puis nous en faisons autant sur la deuxième ligue, en ayant soin de disposer cette seconde série de points en quinconce, et nous continuons de même pour les lignes suivantes. Cela fait, nous traçons sur chacun de ces points une raie circulaire de 20 à 25 centimètres de raj'on. Nous déposons autour de cette raie 5-7 grains, selon la vigueur de la variété, nous recouvrons légèrement, et achevons notre opération en plaçant la rame au centre. Il va sans dire que cette méthode donnant des produits beaucoup plus abondants, les rames doivent être bien plus fortes, faute de quoi elles casseraient sous la charge. Ces rames peuvent se disposer de loin en loin ou en bordures dans le potager, où elles sont d'un bon effet, et produisent d'autant plus qu'étant alors isolées, elles reçoivent l'air et le soleil de toutes parts. La maison Vilmorin-Andrieux en C'", de Paris, mettra au commerce, au printemps prochain, les variétés nouvelles ci-dessus mentionnées. E. Perrier de la. Bathie, Professeur d'Agriculture à l'École uormale d'Albertville (Savoie). (Extrait du Sud-Est). ->-•♦•— ^ HORTICULTURE D'ORNEMKNT. UNE NOUVELLE CACTEER USTIQUE. Dans son rapport sur les plantes recueillies par l'expédition du capitaine Simpson dans l'Utah, le D'' G. Engelmann a décrit une nouvelle espèce de Cactée sous le nom de Echinocaclus Simpsoiii, Eng. Cette plante croit dans le Colorado, à 3000 mètres d'altitude supra marine, et même plus haut. Dès le mois de septembre, elle est couverte par la neige, sous laquelle elle reste tout l'hiver. Cependant à S'-Louis elle succombe à l'excès de chaleur et à l'humidité de l'air; il lui faut le froid hivernal et une atmosphère sèche. MM. Backhouse, à York, l'ont reçue vivante; elle a fleuri chez eux l'année dernière. Ce sera une acquisition nouvelle pour nos rocailles, où elle retrouvera son congénère et compatriote \'0]mnlia vidgaris. La forme de la plante est arrondie déprimée, et mamelonnée comme les Mamillaires ; sa taille ne dépasse pas 8-10 centimètres de diamètre. Au sommet se montrent les fleurs, longues de 15-20 millimètres, pourpre-vert dehors, vert jaunâtre dedans. Les fruits sont petits, secs et s'ouvrent à la maturité par une fente latérale et irrégulière. D'autres introductions assez curieuses de ces pays du far West américain — 15 — vont se faire jour prochainement. J'ai vu dans le célèbre jardin de M. Shaw, à S'-Louis (Missouri), le grand ami de M. Engelmann, plusieurs de ces plantes nouvelles encore inédites sur lesquelles jaurai avant peu l'occasion de revenir. Ed. André. PELARGONIUM RICHESSE. Ce nouveau gain, dû aux semis de M. Boucharlat aîné, de Lyon, qui l'a mis au commerce, est sorti du Pelarg. grandiflorum gloire de Paris. Il est franchement remontant jusqu'aux gelées. La plante est naine et trapue; les fleurs, rouge éclatant comme la mère, sont plus petites. Nous ne saurions trop recommander d'essayer cette jolie plante, qui fera une diversion heu- reuse ;\ nos éternels Pelargoniuras zonales. Detector. LES BEGONIAS DE FRŒBEL. Au mois de novembre 1875, Y Illustrât ion horticole publiait, sous le nom de Bégonia Frœbelii, la planche et la description d'une nouvelle espèce décrite par M. Alph. De Candolle et dédiée par lui aux horticulteurs qui l'avaient acquis de M. Ed. Ortgies, à Zurich. Cette plante avait déjà fait sensation à l'exposition de Cologne. Sa beauté n'a fait que s'affirmer depuis. Un point restait à éclaircir, celui de la localité ofi elle croît. M. Roezl, qui l'avait envoyée en tubercules, n'avait pas révélé sa station exacte. Il s'était contenté de dire prudemment ■> Ecuador. " J'ai été assez heureux pour trouver la plante à l'état spontané. C'était à San José, au pied du Chimborazo, dans la république de l'Equateur. J'her- borisais dans un petit bois de Darnadesia entremêlés du beau et singulier Drymis granatensis en fleurs. Dans le taillis croissaient de nombreuses plantes herbacées : des Lamoiirouxia aux épis d'un beau rouge, semblables à des Pentstémons, des Alonzoa aux corolles orangées, des Calcéolaires et des Ageralum, etc. Les Rubia aux baies orangées se mêlaient aux jolies feuilles des Sycios et aux Passiflores écarlates pour faire des guirlandes grimpantes au milieu des fourrés. Cà et là une charmante Iridée, le Morœa {Orthosanthus) Chtmboracensis, H. B. K., émaillait le gazon de ses périanthes violets. En m'approchant d'un rocher qui surplomblait à pic, à une grande hauteur, le petit rio de San José, j'aperçus une hampe de fleurs rouges que je reconnus tout de suite pour un Bégonia. Je l'atteignis avec des difficultés extrêmes, au risque de me précipiter dans le torrent, et re- connus le B. Frœbeli, mis au commerce l'année précédente. L'altitude ofi croissait la plante était d'environ 2800'" supra marins. Depuis l'an dernier, MM. Frœbel ont utilisé cette belle nouveauté pour la croiser avec le B. octopetala et autres espèces. Ils ont mis au com- merce quatre plantes parmi lesquelles l'une d'elles, nommée Mont-Blanc, parait une forme très méritante. C'est évidemment le meilleur Bégonia à — 1() — fleurs blanches de cette tribu. Il fleurit aisément, produit sur des hampes solides, dressées, de larges fleurs qui ne tombent pas en boutons, et dont les mâles sont plus grandes que les femelles. On vante encore dans cette section des Bégonias tubéreu.x, les B. Wltiie Queen (Henderson), également à fleurs blanches, et le B. octopetala rosea, à fleurs roses, comme l'indique son qualificatif. Toutes ces plantes ont un beau feuillage arrondi, un peu velu et blanchâtre en dessous et tiennent bien leurs belles fleurs dres- sées, du plus grand effet. Ed André. SAGITTARIA VARIABILIS. Tout le monde connaît la Sagittaire, Fléchière ou Flèche d'eau, qui orne nos ruisseaux, lacs et rivières paisibles et dont les jolies fleurs blanches à trois pétales sont accompagnées de feuilles en fer de flèche qui lui ont valu son nom. Les cultures s'en sont emparées, et nos modestes bassins et pièces d'eau possèdent la variété à fleur pleine. Une autre espèce, plus grande dans toutes ses parties, la S. de la Chine {Sngittaria sinensis, Bot. Mag.), est une belle plante, beaucoup moins répandue qu'elle ne mérite de l'être et que toutes les collections de plantes aquatiques devraient posséder. Ce sont les deux seules espèces cultivées dans les jardins. Il en est d'autres cependant qu'on a tort d'oublier. L'Amérique du Nord en possède au moins 7 espèces et un assez grand nombre de variétés spon- tanées, car ces plantes sont très polymorphes, .\ucune n'en fournit un plus curieux exemple que la plante sur laquelle j'appelle aujourd'hui l'attention, et qui a emprunté son nom à cette extrême variabilité. Après une révision sévère et plusieurs années d'observations comparatives, le D'' Engelmann, le savant botaniste nord-américain de S' Louis (Missouri), le même auquel la science est redevable de nombreux travaux sur les Cactées et les Yuccas de l'Amérique nord, a réuni sous le nom commun de Sagittnrin variabilis, Engelm., les anciennes espèces suivantes : S. diversifolia. S. sagittifulia, amer. auct. S. obtiisa, Willdenow. 5. lalifolia, Willd. S. hastata, Pursh. S. angustifolia. S. gracilis (Pursh). S. pubescens, Muhl., sans parler de la forme à fleurs doubles qu'on trouve facilement à l'état spontané dans la rivière Delaware et sur plusieurs points de la Pennsjl- vanie. Voilà donc neuf formes principales, parmi un bien plus grand nombre, qui avaient servi à fonder ce qu'on croyait de bonnes espèces, tandis que le semis de l'une d'entre-elles peut, dit-on, les produire toutes. Les caractères communs à toutes ces formes et qui constituent le Sag. variabilis d'Engelmann sont les suivants : Hampe de hauteur très variable, depuis 8 centimètres jusqu'à 1™30, anguleuse, portant un ou plusieurs verticilles fertiles; bractées générale- ment aiguës ; pédicelles des fleurs fertiles à peu près de la moitié de la longueur des stériles: pétales à onglets blancs; filets glabres presque deux — 17 — fois plus longs que les anthères ; achaines largement obovales avec un bec long et courbé atteignant un quart ou un tiers de la longueur totale ; feuilles très variables, presque toujours sagittées. L'espèce européenne {S. sagittifolia, Lin.) s'en distingue par ses pédicelles fertiles seulement de un tiers ou un quart de la largeur des stériles, l'onglet des pétales teint de pourpre, les filets non plus longs que les anthères, les achaines presque orbiculaires, très largement ailés et portant un bec court et droit. Quant au feuillage, il varie à l'excès. La première fois que je vis l'espèce, en allant de New-Jersey à Passaïc, c'était surtout la forme analogue à notre espèce européenne qui dominait au milieu des grandes prairies à demi-submergées, où Y Hibiscus roseus (jrnndiftonis florissait alors dans toute sa gloire. Plus tard, je retrouvai la plante dans la rivière Delaware et en Pennsylvanie sur plusieurs points, mais avec des feuilles très larges et cordiformes. Des îles entières en étaient composées, à côté de vastes massifs du Pontederia cordala aux épis bleu lapis et des jardins flottants formés par les deux beaux Nénuphars américains (Nymphœa odorata et N. tuberosa). Une Sagittaire à feuilles orbiculaires, de 15 à 25 centimètres de diamètre, avec de belles panicules de larges fleurs blanches, il y avait de quoi s'arrêter et se prendre à en désirer l'introduction ! Je ne saurais donc trop appeler l'attention des amateurs de belles plantes aquatiques sur le Sagittaria variabilis, Eng., et surtout ses variétés à larges feuilles. La plus belle de toutes est la var. obtusa (l'ancienne S. oblusa de Willde- now). Son port est élevé, la plante est dioïque, et sur ses feuilles large- ment cordiformes obtuses atteignent de 15 à 30 centimètres de longueur. La variété latifolia est monoïque. Ses feuilles sont aussi très grandes, mais cordiformes aiguës. Celle qu'on a nommée liastala se rapproche de notre espèce par ses feuilles en fer de flèche. Une autre, nommée diversifolia, est fort étrange; elle présente, sur le même pied, des feuilles ovales lancéolées et d'autres sagittées. La variété a7igustifolia montre des limbes sagittés à lobes étroits et très divergents. La variété gracilis est la forme la plus grêle et les segments des feuilles sont linéaires. La forme pubescens a plusieurs parties pubescentes, comme le sommet du pétiole et de la hampe, les bractées orbiculaires et les sépales; le bec des fruits est horizontal. La variété à fleurs doubles, enfin, ofl're des fleurs très pleines, par le changement des étamines en organes pétaloïdes, comme dans notre plante d'Europe. Le 5. diversifolia est très digne de la culture ; rien ne serait plus aisé que d'en faire venir d'Amérique les principales variétés ornementales. Ed. André. - 18 — LES HAIES DE LIERRE. Le Journal of Hurliculture, de notre savant confrère le D'' R. Hogg, rap- porte un exemple intéressant du parti qu'on peut tirer du Lierre pour former des haies durables, efficaces et économiques. Dans les pépinières de M. Ch. Van Geert, près Anvers, on trouve beaucoup de ces haies, qui sont ainsi formées en quelques années seulement et font d'e.xcellents abris. On emploie aussi le Lierre, dans le même établissement, à couvrir les kios- ques, tonnelles, pavillons rustiques, etc. Un simple squelette de fil de fer, octogonal ou hexagonal, est fabriqué grossièrement; on ajoute des lambeaux de nattes entre les mailles et les racines adventives du Lierre s'y attachent et les '• mangent -> à ce point qu'on n'en trouve plus de traces au bout de quelque temps, quand le kiosque est couvert, sans qu'on puisse dire si le Lierre repose ou non sur un mur. Une taille chaque année pour empêcher les rameaux de prendre une mauvaise direction suffit à l'entretien et au bon effet de ces petites constructions toujours vertes est très gracieuses. A. Ducos. >—•■♦■•-< MÉLANGES. LA BOTANIQUE HORTICOLE EN BELGIQUE. Au dernier Congrès de botanique et d'horticulture, tenu à Bruxelles en mai dernier, M. le professeur Morren, de Liège, a présenté une étude des plus intéressantes sur le développement de la botanique horticole en Belgique depuis le commencement de ce siècle. Il vient de nous remettre un exemplaire du tirage à part de cet excellent opuscule, qui contient presque autant de faits que de mots, et autant de renseignements utiles que de faits. Pendant cette période de trois quarts de siècle, la Belgique a tenu le rang le plus élevé dans le développement horticole de l'Europe et s'est montrée digne de son passé, de ce XVI'"® siècle, où elle a brillé d'un si vif éclat par ses maîtres ès-sciences. M. Mori'en considère le catalogue publié par le Jardin botanique de Gand en 1809 comme la première pierre sur laquelle repose l'horticul- ture scientifique en Belgique. Le catalogue de Mussche suivit en 1810, avec un supplément en 181 1 , et une nouvelle édition en 1817. En 1826, Nyst publia le catalogue du Jardin botanique de Bruxelles, Gœde et Courtois celui de Liège, paru en 1828; celui de Louvain vint en 1829, et celui d'Anvers, par Sommé, en 1844 et 1849. A Gand fut fondée la première société d'horti- culture, qui commença à publier un bulletin en 1809. On sait le dévelop- pement qu'a pris cette association. La Société royale de Flore à Bruxelles donna son Bulletin en 1822. Puis vinrent la Société d'Anvers (1828), Liège (1830), la Société linnéenne de Bruxelles (1847), la Société horticole de Namur (1855), etc. En 1860, toutes les sociétés s'unirent dans une vaste Fédération. Seize volumes ont été le fruit de cette union. C'est à Bruxelles — lo- que fut organisé (en 1864) le premier Congrès botanico-horticole. Amster- dam suivit en 1865, Londres en 1866, Paris en 1867, S'-Pétersbourg en 1869, Vienne en 1873, Florence en 1874. Nous sommes loin des expositions de 1816, où les concurrents se disputaient une montre ou une truelle d'argent pour deux ou trois potées de Cyclamens ! D'où vient se résultat? En grande partie, suivant M. Morren, à la supé- riorité que leurs connaissances botaniques ont donné aux principaux horti- culteurs belges. Aussi la littérature botanico-horticole de ce pays est elle placée au plus haut sommet de la publicité de ce genre en Europe. Les livres et journaux qui la représentent ont coûté plus d'un million et demi de francs, occupé un nombre considérable d'ouvriers, développé le goût des plantes, créé de nombreux amateurs, instruit le public et fourni des annales impérissables pour l'histoire de l'horticulture. Le résumé suivant, qui donne une estimation sommaire du mouvement opéré par les publications périodiques horticoles de la Belgique, fournira une idée des forces qui ont dû être mises en action : Hrrliier de l'Amateur 600 planches coloriées, formant 8 volumes, ayant coûté 80,000 fi-. Flore des Serres, par Drapiez. 231 Encyclographie . . . . 211 Sertnm 600 Horticulteur belge . . 116 Magasin d'Horticulture . . Journal d'Hurticultare pr.it. 280 Annales de Gand .... 310 Flore des Serres .... 2261 Jardin /Icuristc .... 430 Nourelle Iconographie des Camellias 376 Belf/ifjue horticole. . . . 781 Hortus Lindenianus . . . 13 Pescatorea . SO Illustration horticole . . . SU Plantes ornementales . . 60 Revue d'Horticulture belge . 2i — 6 — — 36,000 — 3 — — 30,000 - 6 — — 100,000 — 5 — — 23,000 1 — — 1,500 — 19 — — 40,000 — 5 — — 75,000 22 — — 440,000 — . i — — 50,000 «- 12 — — 60,000 - 23 — — 200,000 — 1 — — 6,500 — 1 — — 23,000 - 25 — — 230,000 — 2 — — 5,000 2 ~^ "^ 10,000 H6 1,146,500 fr. 5,629 Dans ce total n'entrent pas un certain nombre d'autres publications de moindre importance, ni les bulletins des sociétés d'horticulture, etc., etc. On voit donc que la Belgique a tenu un rang élevé dans le mouvement hor- ticole de ces temps-ci et nous pouvons ajouter que la progression, loin de se ralentir, s'affirme chaque jour de plus en plus. Il nous sera peut-être permis, à cette occasion, de faire remarquer que l'Illustration hovUcnle a tenu dans cette pléiade une place honorable. Ses vingt-trois volumes contiennent 841 planches coloriées et ont passé en revue, depuis près d'un quart de siècle, toutes les plantes nouvelles qui ont paru sur la scène horticole. Beaucoup y ont trouvé leur acte de naissance, nous dirions presque leur état civil et l'histoire de l'horticulture contemporaine ne saurait être écrite sans recourir à cette source abondante de documents. E. A. — 20 — BIBLIOGRAPHIE. Nouveau Synopsis du genre Yucca. — Les espèces de ce genre sont encore dans une contusion que plusieurs bons observateurs ont cherché à éclaircir, à leur tète M. Carrière, dans une étude publiée dans la Revue liorlicole 1859, sous le titre de " Essai d'une classification des Yuccas •>. Les acquisitions faites depuis ce temps n'ont fait qu'embrouiller la question, compliquée encore dernièrement par la floraison du Yucca fiHfera, à inflores- cence retombante. Le botaniste qui, avec M. Baker, de Kew, connaît le mieux ces plantes aujourd'hui est le d'' Engelmann, qui a publié, il n'y a pas longtemps, dans les " Transactions of the Academj of S'-Louis ", un Synopsis des espèces du genre l'ucca, que nous croyons devoir reproduire pour nos lecteurs. YUCCA. A. Sarcoïlcca. — Fruit charnu, indéhiscent. \. — aloifoli.') (synonymes : serrulata, crcniifri/a, iirrualn, lennifiitid, Pnrmml'wri?). /3. draconis. y. conspicua. 2. — Yucataiia. 3. — Guatemalensis. 4. — Treculcana (syn. longifolia, canalictilala, aspcni, r/ir/aiilea). 5. — baccata (syn. crassifolia). C. — Schottii (syu. Iminfolia (Schotl), jmlicrula). inccrtœ scdis : glauca, rxir/un, orchioidcs. B. Clistoyucca. — Fruit sec, indohisccnl. 7. — brevifolia (syn draconis fi, var. arhorcsccns. 8. — gloriosa (syn. acuminata, iililiqua). fi. plicata. y. recurvifolia (syn. recurva, pmduln, superlmy nifo-ritictn?). Sous variétés : a. ensifolia. ';. Ellaconibii. incerlœ scdis : flexilis, tnrlululn, Halicrlinvii, pniiiiosii, De Smcliniin. C Choenoydcca. — Fruit sec, déhiscent. 9. rupicola (syn. lortifolin, Intcscvns). fi. tortifolia (syn. lorlilis, conlorla). y. ri(;iila. 10. angustifolia. fi. elata (syn. angustifolia, var. radiosa, constricla). y. mollis (,syn. slricla, allio-spica). incerlœ scdis : periculosa, polijphyUa, cireinala, scalirifuliu , pli [cru. 11. — filaincntosa : a. angusta (syn. plnmentosa, l.ln.). h. lata (syn. coiicava). fi. flaccida (syn. pulwriila, glanra, hveigiiln). y. braclcala? [). Hesperoyicca. — Filets des élamincs aigus, plus longs que le pistil, dressés. 12. — Whipplei. Detector. - 21 — CHRONIQUE HORTICOLE. Février 1877. Le Reana luxurians. — Dans la chronique de ï Illustvalion horticole de juin lcS7(3 (p. 9-5). M. le D'' Eiig. Fournier avait cité la découverte faite par M. Decaisne, le savant profe.8. - Schulles. fil.. .S.v.i/. Veij. VII, p. Lxvii fl 1-2-29. — Eiicllk-li., Cm.'PUinl., 1837, p. 183. — C. Morrcn, Acacl. Brux., 18-17, XIV, N" 8, et Fuchsia, 1849, p. 48. — Ed. Morren, Bclg. hort., 1875. p. ,34-2. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES: Vricscœ splmdnitis bahilus; fnlia circinat.i, lonije elliptica V. liiieari-canalleiilnta aciila apice fnsco coiilorlo detlexo. marfîinihus scabriiisciills, colore viridi nervis lon;;iludjnalibiis parallolis, alleris Irarisversalihus aiuisloinosaiitihus aut le.ssella- lis; fions in capiluluni .s|>lKernidenm dis|iositi; scapns ereclus hraclcis vaginanlihus ovato acntis ad apicein uradalim aniplioiihiis violaceo zehrinis; cr//(/,c garnopliyllus, tuhulosu'i, coria- ceus, elon!»alns : ciirolhi (jjamopetala clavala, iiiclusa, aureai; stnmina medio corolle allixa, inclura, lilamenlis hrevissinds; anlhene sayiltatae slll)l)a^iti\œ, loculis 2 basi divergentibus fu.iiifonnibns; nvariuiii irigonum , triloculare, in stylum antheiis paulo longioreni attenuatura, slii/wri irifiduni s\n aliter' coiivolutum; ovula oblonga. — Ocana (Columbia), a cl. Linden anuo 1871 in Europani introducta. Caraguata musaica. Ed. André, ///. fiort., 1873, p. 130. Tillandsia musaica, Linden et André, lllust. hort., 1874, p. 171. Cette charmante espèce, que M. Linden reçut en 1871 d'Ocana (Nouvelle- Grenade) et que nous avions d'abord décrite sans fleurs sous le nom de Titlniidsia imisaica {Illu.U. hort. 1874, p. 171), a fleuri simultanément, en avril 1875, chez M. William Bull, à Londres, et à Pallanza, à la succursale de l'établissement Linden. Nous y avons facilement reconnu un Ciuufjuata et l'avons signalée sous ce nom en 1875, p. 150, du même recueil. La florai- son, qui ne laissait aucun doute sur la position de la plante en dehors du genre Tillniidsia, n'était pas brillante, mais elle nous avait suffi pour en prendre des analyses aussi exactes que possible et surtout pour être frappé de sa corolle gamopétale, de l'aspect des étamines et de leur situation. Cette forme sagittée, peu commune, et l'insertion sur un filet très court au milieu du tube nous parurent étranges, et au moment où nous corrigeons cet article, nous apprenons que M. Morren, chez qui la plante vient de fleurir à son tour, y trouverait les éléments d'un genre nouveau (Ma.'i.'iaiigea). Nous ne pouvons nous prononcer sur ce sujet, les caractères que nous signalons ne nous paraissant pas d'un ordre assez important pour créer ainsi un genre nouveau, mais M. Morren, qui a vu une luxuriante floraison, a peut-être observé d'autres détails qui nous ont échappé sur la plante de végétation médiocre que représente aujourd'hui la planche ci-contre. Toujours est-il que le Carafjuala musaica est une plante de premier ordre et que l'éclat de ses beaux capitules jaune d'or, venant s'ajouter à l'élégance de ce feuillage peint comme une mosaïque, enchantera tous les amateurs assez heureux pour la posséder. Ed. André. — 28 — PI. CCLXIX. ANTHURIIDI DECIIAUDÏ, éd. am. anthurium de déchaad, Aroïdées. ÊTYMOLOGIE et CAKACTEKES GÉNÉRIQUES. Voir llluslr. Iiurlic, vol. IX, p. 3U. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES: canlas cse.s|iilosi, assurgpiiles, SO-GO cent, alli ; fnlia vagi- iianlia liiulio crcclo v. paliilo laiiccolalo aculo, 2."i-30 ccnl. lonno, 12-1 i lalo, imieioiic apicali conlorlo ncivis sul)|i;iiallclisciiiii cosia acuUingiilis in i|isa niaryiiii' iiiiinersis, poiluiiciilis linilio brt'vioriliiis hasi dilalalis, l.")-2,'i ci'iil. loiifiis canaliculalis ciini ; enioiilo elon^ato cl Costa dor- salilor suloalis; scniins crccliis folia sn|icTaiis, Icros v siihaiinulaUis, gcniciilaliis; s/iiiIIki ovalo aciimiiiala acula, lihcia, iniiiiMiii coiivoluta, inox aperla patiila v. dcflcxa, supra iiivca, iiit'ra viridesoi'iis, posi fœcuiidalioiicni erccla t'oliacca cl uliiii(|ue vir dis; spadix Preclu.';, Iinniler pcdiculalus, cyljndracpus, spallia brevior; pures icliamcri, ovnriiim in cavilale quadrala deprcssum, sligiiin liiliduni, hncca.... — Crescil iii silvis prima;vis calidis Novo-Graiialeiisibus ad pcdeni Cordillère oricnlalis iiiter fluniiua Gualiquia et Meta, uiide plantain vivam in calda- rios Liiid('iiiaiio.s ipso iiilioduxi, anno 1876. — E. A. Anthurium Bechardi, spec. iiov, Nous tenons cette t'ois une plante populaire, une plante dure, facile à vivre, « for the million " enfin, comme on dit outre-Manche. Cette char- mante Aroïdée est ajjpelée à devenir commensale de nos marchés aux fleurs, comme le Ricliaidin .-Etlvopica Je la considère comme l'une de mes meilleu- res découvertes dans l'Amérique du Sud. C'est au mois de janvier 1870, que, parcourant le vaste territoire de la Nouvelle-Grenade qui est compris entre le pied de la Cordillère orientale et le rio Meta, je rencontrai pour la première fois ÏAntliunum Dcchardi sous l'ombrage épais des grands arbres qui bordaient les ruisseau.v (canos) affluents du rio Guatiquia. Il formait de superbes touffes si régulières, d'un vert si intense et si pur sur lequel se détachaient ses grandes fleurs blanches comme la neige, et légèrement parfumées, que je pris tout de suite de cette belle plante l'opinion que j'en ai conservée depuis. Aussi avec quelle satisfaction je retrouvai vivants et fleuris, dans les serres de M. Linden, les pieds que j'avais envoyés de Colombie! Je n'ai pu encore observer des ovaires bien développés. S'ils sont à trois loges, comme les traces des stigmates me le font croire, ce serait un Spulhiphyllum. Il faut attendre un nouvel examen pour se prononcer. J'ai dédié cette belle nouveauté à M. P. Déchard, architecte à Paris, grand ami des sciences naturelles, et qui s'est occupé avec sollicitude de mes collections à leur arrivée d'Amérique en Europe. Ed. André. as Q y. Q CE S. X o X O -z. UJ h- <£ O — 29 — PI. CCLXX. CATASETUM GNOMUS. catasetum gnome. Orchidées. ÉTYMOLOGIE : de xara, sur, et Ttra, par allusion aux deux longues cornes qui ornent cette singulière corolle. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : perigonii glohoso-conniventis v. oxplanati foliola exteriora et iiiteriora suhiequalia. I.ahelluni crassum. carnosum, nudum, venliicosum v. cxplanatuni, fiinliriatuin, suh a|iicc saccaluiii, obsolète trilohum. Columna erecta, liliera, aplera, apice v. basi utriiique cirrliosa aut niulica. Aniliera ineoniplele hiloculaiis, aniice truncala. Pollinia "2, poslice biloha v. sulcala, caudicula niaxinia nuda, démuni elasliea coiilraclili, };laiidula cailila- ginea, subcpiadrala. — Ihriice niiiericrina' Iro/iicœ, rj)i/)/it/Ui' v. cpitjvœ, caulHiiis brcvihiis fusi- foniiihiis, folinriim cxiivils vcsillis; foliis basi vaylnantihus plicalis, scapis radkalibas, floribiis specidsis, racemosis, viridibus, interdum piirpureo-maculatis. Catasetum, L. C. Richard, in Kuntb, Si/nopsis pi. œquin. 1, 330. — Lindl. Coll. bot. t. 40. — Orc/iid. 155. — Bot. Regist. 840, 966, 166", 1708. — Hook. Exot. flor. t. 90, 91, 151, 215; Bot. May. t. 3269, 3529, 5388. — Lodd. Bot. Cah. t. 1344. — Nées, PI. hort . Bonn. t. I. {Mona- cantlii, Myanthi et Mormodis species.) CARACTÈRES SPECIFIQUES : pscudobulbi oblongo-ovati apice attenuali arliculati sulcati alhidi; fulia oblongo-lanceolala plicato-nervosa glabra basi vaginantia costa infia carinata; scapus basilaris erectus, robustus, cylindraceus, 50 cent, allus, 10-12 Dorus, bracleœ ininutse ovato-acutœ ; pedicclli. remoti cum pedunculo reclanguli cylindracei; scpala connata v. ad- pressa lanceolalo-acuta dorso revolnla, viridia purpureo-punctala; pclaln 2 lateralia pateiitia divarieala lanceolata acuta sepalis laliora, concava, violacea; lahclli basis linguil'ormis niargini- bus convdiulis a|iiee aniice projecio, viridis, galea apice saccata luteola rubru punctulala, lobis patulls limbrialis albis, lateralibus introrsuni connivenlibus extrorsum auriculato-cornutis, intermedio emarginato, columna.... Catasetum Gnomus. Cette espèce étrange est cultivée avec succès par M. Linden, chez qui elle développe librement ses curieuses fleurs depuis plusieurs années. Le nom de gnome, farfadet, d'esprit fantastique, lui convient bien, et le pol^-morphisme chez les plantes ne saurait dépasser cet exemple. Elle ne manque pas d'élégance, avec ses fleurs de trois ou quatre couleurs diffé- rentes, dont le développement donnera aux amateurs la plus grande satis- faction quand ils les verront s'épanouir. Cette plante nous a été indiquée comme ayant été décrite par M. Reichenbach. Il nous a été impossible jusqu'ici de la trouver dans les tables du Gardeners Chronide, où ce bota- niste publie ses Orchidées nouvelles. Nous prions nos lecteurs d'attendre à la prochaine livraison pour élucider ce petit problème de détermination. Ed. André. -30^ LE JAUDI^^ POTAGER ET FRUITIER. LES HARICOTS POUR LA CULTURE FORCEE. Dans une communication récente à la Société centrale d'Horticulture de France, M. Millet a préconisé les quatre variétés suivantes comme les meil- leurs Haricots à forcer sur couche. Son opinion est basée sur des essais qui ont porté sur un assez grand nombre de variétés; aussi n'hésitons-nous pas à l'enregistrer. Ce sont les Haricots : Nain hâdf de Chnlnndrey, Flageolet d'Elampes, Flageolet à feuilles gaufrées, Nain noir de Belgique. M. Millet a étudié ces plantes dans la saison la plus défavorable. Il a semé sur couche chaude avec thermosiphon le 1""" novembre, et après avoir maintenu réguhèrement la chaleur entre 18 et 25 degrés, le 20 décembre il obtenait les premières gousses bonnes ;\ cueillir, c'est-à-dire au bout de cinquante jours. Ce résultat vaut tous les éloges. LES FEUILLES DES POIS ET DES NAVETS. On mange ordinairement les graines du premier de ces légumes et les racines du second. M. Van Huile vient de donner un moyen peu connu de les utiliser, qu'il publie dans le Bulletin d'Arboriculture de Belgique. >- Plantez, dit-il, des Pois à côté les uns des autres dans la terre; dès qu'ils ont poussé de quelques centimètres, coupez cette verdure et mettez-la dans la soupe et vous rendrez celle-ci excellente. " Pendant l'hiver, alors qu'on est si pauvre en légumes, c'est une ressource. Quant aux Navets, il conseille de faire une couche tiède d'un châssis ou deux, d'y mettre dix centimètres de terreau léger, d'y semer très dru des Navets et de tenir les châssis fermés et un peu sombres. Quand les Navets sont levés, très épais, ils fournissent une verdure abondante et très tendre, de 10 à 15 centimètres de long, qui constitue un plat délicieux si on l'emploie comme endives, chicorée, cardons, etc. ->-•♦•—<- HORTICULTURE D'ORNEMENT. LES ARALIAS FILIFORMES. L'Illustration horticole a publié l'année dernière deux des plus jolies formes d'Araliacées à feuilles digitées, envoyées à M. Linden de la Nou- velle-Calédonie et mises par lui au commerce. Les Aralia elegantissima et gracilluna, deux délicieux arbres en minia- tures, ont conquis tous les suffrages. Ce sont les plantes favorites en — 31 — Angleterre, pour la décoration des tables à dîner. Elles sont passées à l'état " fashionable. " C'est qu'en effet, rien ne surpasse la frêle élécjance de ces petits troncs cendrés, d'où partent des fils légers supportant un limbe a et CD ouvert comme les doigts de la main et à divisions si menues, si gracieuse- ment ondulées, si singulièrement colorées d'olive nervé de rose, qu'il semble qu'un souffle les ternirait. — 32 — Ces jolis êtres sont cependant d'une santé robuste; ils ont traversé les mers pendant de lonps mois et franclii des milliers de lieues, et aujourd'hui la serre froide ordinaire sullit à nous les montrer dans toute leur grâce native. C'est donc donner un bon conseil à nos lecteurs que de les engafcer à doter leur serre froide de ces deux jolies formes d'Araliacées. Elles forme- ront le plus curieux contraste par leur délicate structure avec les aspects de la flore tropicale, mais il ne faut pas oublier que l'harmonie nait des con- trastes et que " la grâce est plus belle encore que la beauté. " Nous avons vu des pieds déjà un peu forts des A. eL'gaïUissima et gracilUina, c'est-à-dire hauts d'un mètre environ. Ils avaient tous une tige simple et droite comme un jonc et portaient leurs feuilles alternes, disposées en spirales régulières autour de cette tige, depuis le pot jusqu'au sommet de la plante. C'était vraiment un aimable spectacle. Ces arbuscules néo-calédoniens n'ont pas encore fleuri en Europe, et nous regrettons que les collecteurs de M. Liuden n'en aient pas envoyé d'inflo- rescences qui nous eussent permis de les déterminer avec exactitude. Jusqu'à nouveaux éclaircissements, nous inclinons volontiers, avec le D'' Fournier, à les ranger parmi les Pseudopnnnx de K. Koch, si des diffé- rences dans les fleurs ne motivent pas un nouveau genre pour la section à feuilles stipulées dont ils font partie. Ed. André. ALLIUM STELLATUM. Très jolie espèce, originaire des montagnes de l'IUinois, dans l'Amérique du Nord, et plus au nord-ouest de la région des lacs. La plante a été nom- mée et décrite par Nuttall. Elle est reconnaissable à ses feuilles planes, linéaires aiguës, ses hampes cylindriques, grêles, portant une ombelle érigée. Les sépales sont de la longueur des étamines, ovales-oblongs aigus, d'un rose très frais. J'ai vu cette gracieuse plante en fleurs en Amérique, non à l'état sau- vage, mais sur les rocailles du Jardin botanique de Cambridge, près Boston (Massachusets), au-dessous de l'habitation du professeur Asa Gray. Elle forme de jolies petites touffes fleuries en autonme, au moment où les plantes bulbeuses sont rares. Ed. André. LE PRITCHARDIA FILIFERA, Linden. Ce beau Palmier nord-américain, originaire du Colorado (Arizona), que nous avons les premiers fait connaître et que déjà M. Linden a répandu abondamment, mérite de l'être davantage. Nous l'avons indiqué comme rustique dans le midi et particulièrement dans la région méditerranéenne. Un de nos amis, qui revient du littoral de la Méditerranée, nous apprend qu'il a vu le Prilclinrdiu filifcra sur plusieurs points et qu'il prospère à mer- veille depuis deux hivers. Dans le jardin de M. Mazel, il a résisté parfaite- — 33 — ment à l'hiver 1875-1876, où le thermomètre est descendu jusqu'à 5 degrés sous zéro, et cela sans souff'iir aucunement. Les jeunes pieds commencent même à se caractériser et à revêtir l'élégante chevelure de filaments blancs qui retombent le long du limbe des feuilles. Si le climat du département du Pritchardia filifera. Linden — S4 — Gard convient ainsi à cette belle plante, que dire de celui de la Méditer- rannée? Hyères, Cannes, Nice, toute la Corniche, la Riviera, les lacs de la Haute-Italie l'auront bientôt cultivé en grand. C'est évidemment un végétal appelé au plus brillant avenir. Nous conseil- lons à tout amateur d'horticulture de se le procurer au plus tôt, pendant que les jeunes pieds provenant de l'importation qu'en a fait M. Linden sont encore nombreux. On sait d'ailleurs que, comme plante d'appartement, peu de Palmiers peuvent rivaliser avec lui au point de vue de l'élégance, grâce à son feuillage palmé et bordé de gracieux filaments argentés. Il se conserve très longtemps en santé malgré les conditions défavorables de cette culture, et si l'on peut disposer de la moindre petite serre froide, il s'en trouvera à merveille. Ajoutons, ce qui ne gâte rien, que le grand nombre des sujets obtenus de semis par M. Linden lui permet de livrer aujourd'hui le Piitchaidia filifera à des conditions accessibles aux plus modestes amateurs. Ed. André. > m*m. < MÉLANGES. CONCOURS DES JARDINS PARTERRES. Le Comité de la rédaction de la Revue de l'//<»licullure beUje a eu l'heu- reuse pensée d'ouvrir un concours entre les jardiniers de Belgique pour les meilleurs dessins de parterres de fleurs. Le jury a fonctionné l'automne dernier et a décerné des prix, consistant en médailles, aux jardins d'ama- teurs, jardiniers et elablissemeiits publics. On a pu constater de très jolis dessins de parterres et corbeilles de fleurs et surtout une culture parfaite. C'est surtout chez M. Monville, jardinier de M. de Sauvage-Vercour, à Sclessin, près Liège, que le meilleur dessin a été remarqué, bien que M. Monville se tint hors de concours. Plus de quatre vingt mille plantes y étaient entrées. Le parterre mosaïque, dont le dessin est ci-contre, attirait particulièrement l'attention. Il était double et chacun d'eiix était composé de plantes différentes. Le premier contenait les plantes suivantes : 1. Mcsemhrjiandiemum cordifol. variegatum. 2. Alternant h ara jiaroni/chioidcs. .■5. Teleianthera versirolor t/randis. i. Alternantlivra lyaronijcbUndes niiijor. 5. Allenianlhcra amœna. 6. Echrveria r/loliosa. — 35 Dans le deuxième pai'terre se trouvaient : i. Seditm carneum variegatum. 5. TcliitDillirra versicolor. 6. Echcveria sccunda glatica. 1. Al lernanl liera spalhulnla. 2. Alh-riiaiil liera piirninjrliUihlcs MonvHl 3. AltcrnanI liera aiiiahllh. La Société royale d'Agriculture et de Botanique de Gand ouvrira, lors de la prochaine exposition, deux concours de parcs-parterres. Dans le premier, les co"beilles devront avoir de 20 à 25 mètres carrés, dans le second, de 10 à 12 mètres. Le jury du premier concours aura à sa disposition trois prix, une médaille d'or, une de vermeil et une d'argent. A. Ducos. CONSERVATION DES RAISINS EN SACS. Autrefois on se contentait de conserver les raisins sur le pied dans des sacs de papier. Nos pères s'en trouveraient même fort bien. Mais " nous avons changé tout cela, et nous faisons Ylwriiadtuie (j'allais dire la méde- cine) d'une manière toute nouvelle (Molière). •> Nous avons inventé les sacs en crin, qui coûtent fort cher et ne conservent rien, avant même qu'ils ne soient percés. M. Vavin a fait l'année dernière des expériences comparatives. Sans entrer dans les détails qu'il vient de donner longuement à la Société cen- trale d'Horticulture, nous dirons que son opinion est contraire à l'adoption des sacs en crin. Il recommande les sacs en papier d'une manière exclusive, pourvu qu'on les laisse ouverts par le bas et qu'ils ne présentent qu'une sorte de cloche où l'air pénètre et empêche la pourriture des raisins. Recommandé aux amateurs. Detector. BIBLIOGRAPHIE. Les Palmiers d"'Australie, par MM. H. "Wendiand et Drude (i). — Les études qui ont conduit à la rédaction de cet important mémoire, ont été faites sur la collection de Palmiers australiens envoyée par M. le baron de Mûller à M. de Martius, et transportée à Herrenhausen (Hanovre) après la mort de l'illustre botaniste-voyageur. Un remaniement des genres, et notamment des Arécinées, en a été la conséquence. Cette tribu contient les genres nouveaux qui suivent : Linos- padix, Griaebadtin, Curpoxijloii, HcdyiCfpe, Laccospudir, Hedvinslele, Rhopa- ioslylis, JJictyosperma, Neiiga, Archunlopliœnix, Acliiiurhytis et Loxacoccus. Le nombre des espèces australiennes aujourd'hui connues est de 25. MM. Wendiand et Drude ont laissé de côté les Arécinées de la Nouvelle- Calédonie, qui leur sont imparfaitement connues. Ils n'adoptent pas les (1) Palmw australasicœ , auctoribus H. Wendiand et 0. Drude, in Linnœa, t. V, nov. ser. liv. 2 et ô. - :36 — espèces de Keiitia que MM. Brongniart et Gris ont fait rentrer dans ce genre, qui doit se borner, disent- ils, aux seuls Kentiu piocera de Blume et au K. aciuiiinntn, V\em\\. & Dr. Nous ignorons si le point de vue auquel se placent les auteurs du mé- moire est juste, mais il leur eut été utile, sans aucun doute, avant d'ex- primer leur opinion, de pouvoir étudier la belle collection de Keiiiia néo- calédoniens conservée dans l'herbier du Muséum de Paris. Nouvelle classification des Palmiers. — En étudiant la distri- bution geiii;rapliiiiiie lie celle i'iuuille, M. O. Drude a observé que pas un genre ni une espèce de Palmier ne se trouvait à la fois dans l'ancien et dans le nouveau monde. Cette observation vient de le conduire à proposer, dans le BotiuiiM-he Zcilung, une classification nouvelle et originale des genres, des espèces et même des ti'ibus, qui suivent aussi la même loi. Cette disposition pourrait se résumer de la sorte : 1. Calami'ce. — Afrique tropicale, Asie jusqu'à 30° lat. N., les îles de la Sonde et l'Australie jusqu'au 30° lat. S. 2. Riiplticœ. — Afrique équatoriale, Madagascar, iles Mascareignes, Polynésie. 3. AJnuiiiicœ. — Amérique tropicale, de 10" lat N. à 15" S. 4 Dornsxinrœ. — Afrique, îles Mascareignes, Seychelles et Asie occi- dentale jusqu'à 30" lat. N. 5. Cicoiiicce. — Amérique, 23" lat. N. à 31" lat. S. 6. Arecineœ. — Tout le tour du globe de 30' lat. N. à 42" S. 7. Chamœdorincœ. — Amérique, de 23° lat. N. à 20" S.; Madagascar, Mascareignes et Seychelles. 8. /liiiilrœ. — Amérique, de 15° lat. N. à 20 lat. S. 9. Cdiyotiiii'œ. — Asie, depuis 30 lat. N.; iles de la Sonde, Australie, jusqu'à 17" lat. S. 10. Cdnjpkutcœ. — Tout autour du globe depuis 40" lat. N. jusqu'à 30° lat. S. Le Jardin fruitier du Muséum. — M. Decaisne continue ses études ponioliigiques par les Prunes, auxquelles la 124'"<' livraison de cet ouvrage est consacrée La Reine-ClnuiU'. vwU'tli', la Ri-iiie-Claude de Bavny, le DiiDins violet et le Damna de Mniigcrnc, sont les quatre variétés dont le savant professeur du Muséum donne aujourd'hui la description. Les plan- ches sont, comme toujours, dues au pinceau incomparable de M. A. Riocreux. Le "Vignoble. — Nous venons de recevoir les trois dernières livraisons (novembre et decembi'e 1876 et janvier 1877) de l'importante publication de MM. Mas & Pulliat. Elles contiennent les planches et les descriptions des variétés de raisins suivantes : r'i> du Peronospora iiifestans, vient d'ima- giner et de mettre au commerce, sous le nom de « Salus ", un compost de soufre et de potasse destiné à détruire tous les germes du dangereux cryptogame et à fournir un engrais excellent à la plante attaquée. Les expériences vont se faire cette année sur plusieurs points de l'Angleterre avec le procédé Smith. Monument Van Houtte. — Le comité belge qui s'est mis à la tète de la souscription pour élever un monument à la mémoire du célèbre horticulteur gantois, a décidé que l'on choisirait à cet eff"et, à Gendbrugge, où il était bourgmestre, une place qui porterait son nom et recevrait une décoration à la fois jardinique et architecturale. Floraison du Xanthorrhaea minor. — La première floraison de cette curieuse plante australienne vient d'avoir lieu en Angleterre et peut- être en Europe. C'est dans la serre des plantes grasses de Kew qu'on l'a — -11 — constatée. Sa tige n'est pas élevée comme celle du X. hastilis. Les hampes, longues de 30 centimètres, portent des épis très courts, et des fleurs blanches, étoilées, entourées de nombreuses bractées étroites et brunes. Dans la Nouvelle-Galles du Sud et l'état de Victoria, le A', minor couvre les collines, souvent à l'exclusion de toute autre végétation. "Vente d'Orchidées. — Les prix de ces belles plantes se tiennent toujours élevés en Angleterre. A la vente qui vient d'avoir lieu de la collec- tion de M. Wilkins, de Lejton, les chiffres suivants ont été atteints Dendvobium Wardianum, 315 francs; Oncidium macranthnm, fr. 406-25 Odontoglossum Bluntii, 367 fr.; Epidendrum vitellinum majus, fr. 353-75 Odontoglossiun vexillarium, fr. 1102-.50; 2 Oncidium phalœnopsis, dans des pots de 30 centimètres, 725 fr.- chaque; Lœlia anceps, 870 fr. U Odontoglossum vexillarium dépassant onze cent francs en dit plus sur la faveur oii sont les Orchidées en Angleterre que toutes les dissertations du monde ! Les genres Centropogon et Libonia. — Les horticulteurs con- naissent bien et apprécient ces deux genres précieux pour l'ornementation des serres et des appartements. On vient de leur apprendre que ces noms auront bientôt vé3u. Les genres affines des Acanthacées et des Lobéliacées de l'Amérique du Sud nous donnent parfois de ces surprises. Le Libonia, créé par K. Koch sur une plante envoj'ée de la province de S'^-Catherine par l'infortuné Libon à M. Linden, devrait rentrer dans les Sericographis, suivant le Gênera de MM. Benthara et Hooker, et le genre hybride Seri- cobonia, que nous avions fondé sur un métis de Sericographis et de Libonia, disparaîtrait aussi avec les Libonia eux-mêmes. On en devrait dire autant des Centropogon, qui ne seraient qu'une section des Siphocampylus, en se fondant sur ce fait que le Cenlr. Lucyanus a été obtenu par M. Desponds, de Marseille, en fécondant le Centropogon fas- tuosum par le Siphocampijlus betulœfolius. On peut reconnaître ces affinités et, si l'on n'admet pas l'hybridité entre des genres distincts, approuver ces fusions, faites dans le but de sim- plifier la nomenclature botanique. Mais jamais, pour un horticulteur, un Centropogon ne sera un Siphocampylus, et ces deux genres que j'ai vus si souvent côte à côte dans mes voyages à travers la Cordillère des Andes, se distinguaient à première vue l'un de l'autre. Je crois donc que cette prétendue simplification ne servirait qu'à augmenter la confusion si elle était adoptée. Les Raisins secs en Californie. — La fabrication et la vente des Raisins secs étaient, il n'y a pas longtemps encore, la spécialité du Midi et de l'Orient de l'Europe. On ne se fait pas l'idée de l'importance que cette industrie a pris en Californie depuis quelques années. Dans les rap- ports que le département de l'Agriculture, aux Etats-Unis, vient de publier pour 1876, on voit que les producteurs ont triplé leur récolte ordinaire. Plus de 60,000 boites sont parties de San Francisco l'automne dernier. Un seul vignoble a séché 240 tonnes de Raisins. Les étés secs de Californie et un soleil ardent donnent des conditions particulières pour un bon séchage, et chaque viticulteur en profite pour réaliser des bénéfices bien supérieurs à ceux que lui procurerait la vinification. — 42 — Floraison hivernale des Orchidées. — Nous ne cesserons jamais d'insister sur le charme sans pareil que présentent les collections d'Orchi- dées pendant les mois les plus tristes et les plus sombres de l'hiver. En voici un nouvel exemple. Le 2-1 février dernier, M. W. Cox, à Moat Mount, Ilendun (Angleterre), possédait en fleur dans sa serre, dit le Gardeners' Chronidc, les 65 espèces suivantes, au moment même où les serres sont le plus dégarnies de toute brillante floraison : Lxlia crispilabia. — ancops. — Dayana. Masdevallia polyslicla. — Vcitclii. — NycU'rina. — mclanopoda. Ada auraiitiaca. Leptoles serrulata. Cypi'ipedium villosum. — vcniisluni. — niveiim. — Sodciii. Calanthc; Turiiori. Odontoglossuni Roezlii. — Alexandrie. — Cervaulesii. — Rossii. — puUliellum niajus. — Bicloiiiciise. Pilumna l'ra^rans. Phahcnopsis .Scliilleriana. Toutes ces plantes ne sont pas de premier ordre, mais on peut dire que toutes sont jolies et plusieurs superbes. Aucune famille ne peut rivaliser avec les Orchidées pour le nombre d'espèces en fleurs à cette saison de l'année. NÉCROLOGIE. Nous avons le regret d'annoncer la mort de M. Thom.\s, horticulteur des plus distingués, qui a dirigé pendant de longues années les pépinières du grand établissement de MM. Simon-Louis, à Metz. C'était un homme éclairé dans toutes les branches de l'horticulture, mais ses études s'étaient portées surtout vers la dendrologie en général et les arbres fruitiers en particulier. Ce n'est pas lui, comme le disait dernièrement un journal anglais, mais son fils, M. Octave Simon, qui a publié dans ces dernières années des études pomologiques très estimées, en digne fils d'un tel père. M. 0. Thomas fils reste à la tète de l'établissement de MM. Simon-Louis. Nous apprenons aussi le décès de M. Alexandre Braun, professeur de botanique à l'Université de Berlin, une des cr3'ptogamistes les plus éminents de ce temps. Il avait surtout consacré ses travaux à la mor- phologie et à la physiologie, et ses connaissances profondes des classes inférieures de la végétation lui avaient conquis un rang élevé dans la science. Ed. André. Dendrobium Wardianum. — crassinode. — erelaccum. — Picrardi. — capillipes. — IJnawiaiuim. — iiobile penduluni. Brassavola glauca. Cœlogyne cristata. — média. — naccida. Vanda Calhcarti. — suavis. — tricolor. Cattleya Triansi. — — flammea. — Chocoeiisis. Zygopelalum crinituin cœru leum. — Mackayi. — niaxillare. — r.auticri. Pbaisnopsis grandiOora. — rosea. — ainabilis. Oncidiiim cuctillatum. — Caveiidishii. — sphacelalum. — aurosum. — Baikeri. — pulviiialuni. — oinilboihyncbum. — Iiisleayi Icopardinum. — tbeii'ophorum. Angnccuni sesipiipedale. — ehunieum vircns. Epidciidiiim dicbromum. — fragrans. — aroniaticum. — cocbleatuni. — recurvatum. Sophroililis (îraiidifloia. Helcia san^iiiiiolenta. Maxillaiia luleo-alba. 43 — PI. CCLXXI. ANTHURIUM ANDRvEANUM, j umv ANTHURIUM DE EDOUARD ANDRÉ. Aroïdées. ÉTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir Illuslr. hortic, vol. IX, 314. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES: piaula lerrestris vel epipliyta; caudex brcvis erectus vel ropaiidus elmigalus, subteres, ad nodos vix tumidus, erubesccns; yjcifoi* graciles basi lumidi aniplexautes eiecli. 20-3) cent, longi; gcniciiliim elongatum cyliiulraceum; lamina fol. ovalo- oblonga cordala auriculala subpeltala, auriculis proniinciUlhus rolundatis sinu mediocri basi roluiidalo; pcijiiiiciilii.i pcliolo duplo loiigior, gracilis, assurgons, rigidiis; spallia coriacea cor- difoiniis erccla coiicava, iiitrorsuiii laie sulcala sulcis rolundatis, extrorsum iiervata, niargini- Ims laxe siiuialis, 8-12 cent, dianieiro, basi auiiculata lobls eqiiilantibus vel sinu parvo angustalo, pulclierrime vivideque auiantiaco-coccinea v. nilniala; sj)adi.K ereclo-dccurvatus, spatba paulo niinor, basi aureus, medio eburneus, apiceque rursum aureus; flores seniina- que .... — In provincia Novo-Granatense, dicta Clioco, ab Ed. André lecla, anno 1876. — Ab incolis Capot ilto Colorado veruacule dicitur. — E. A. Anthurium Andrseanum, J. I.inden, sp. nov. De toutes les Aroïdées cultivées jusqu'aujourd'hui dans nos serres, on considère avec raison VAnthurium Scherzerianum comme la plus brillante. Je n'hésite cependant pas à aflîrmer que celle-ci lui est supérieure. C'est sans contredit l'une des plus belles, sinon la plus belle, de mes découvertes dans l'Amérique du Sud. Elle appartient à la province du Choco, dans la Cordillère orientale des Andes de Colombie, oi~i je l'ai découverte au printemps dernier. Je ne puis encore faire connaître sa provenance exacte. La plante représente une valeur commerciale considérable. Je ne dirai le lieu précis de son origine que lorsqu'elle sera répandue dans les serres de l'Europe. Mais je puis déclarer ici que le moment où cette admirable plante se montra d'abord à mes jeux m'a produit l'une des plus vives sensations que j'aie jamais éprouvées dans mes explorations de l'Amérique équinoxiale. Le premier pied qui frappa mes regards était placé en épiphyte, dans la fourche d'un immense Ficus elliptica ou arbre à caoutchouc. L'écarlate violent de sa spathe était tel que je crus voir un de ces charmants oiseaux appartenant au genre Lojcia (Cardinal) ou à une autre espèce d'un rouge minium nommé en Colombie titiribi. Un peu plus loin je retrouvai ma plante, mais cette fois elle couvrait le sol et était à portée de la main. Je me précipitai sur cette merveille encore inconnue, et en enlevai les plus bel- les touffes avec une joie que l'on comprendra, coupant les fleurs et les feuilles et arrachant les rhizomes. Mon péon-nègre et moi nous revîn- mes au campement chargés de ces précieuses dépouilles, sous une pluie — 44 — battante, et peu de temps après partaient les caisses de plantes vivantes qui devaient être acheminées vers la cote et de là dirigées sur l'Europe. Ce que la planche ci-contre ne peut reproduire, c'est l'éclat incomparable de ces superbes spatlies cordiformes, sillonnées, dressées comme des coupes de pourpre et au milieu desquelles s'élève avec grâce le spadice cylin- drique bicolore, c'est-â-dire jaune d'or ù la base, blanc d'ivoire au milieu et jaune encore au sommet. Rien de pareil, rien d'analogue n'existe dans les serres! La plante sera, comme l'A. Scheizeriaiium, dure, facile à cultiver, à fleurs longtemps persistantes, d'un éclat extraordinaire, d'un port régulier, de taille moyenne, feuilles hautes de 25 centimètres, à limbe cordiforme, hampes de 30 à 40 centimètres, à inflorescences érigées, toutes les qualités enfin qui sont demandées à une espèce de premier ordre. J'attends avec pleine confiance le jugement que portera le public sur son co™Pt6- Eu. André. HORTICULTURE D'ORNEMENT. XEROPHYTA RETINERVIS. Très curieuse plante, nommée et décrite par M. Baker, appartenant à cette magnifique famille des Velloziées, presque inconnue dans nos cultures. MM. Haage et Schmidt viennent d'en introduire quelques individus vivants. Ce sont des troncs de 20 à 80 centimètres de longueur, du port d'un Yucca filifera ou d'un Xanlhorrœa à longues feuilles en panache comme celles d'un Dracœna indivisa, et à tiges couvertes d'écaillés dressées, entre lesquelles passent des racines adventives descendant du haut de la plante jusqu'au sol. On dit que les fleurs ont 3 à 4 centimètres de diamètre et sont d'un bleu d'azur. Ces singuliers végétaux croissent dans la République du Trans- vaal, au sud-est de l'Afrique, à 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il leur faudra la serre froide l'hiver, et beaucoup de chaleur pendant la végétation. GODETIA LADY ALBERMARLE. Variété nouvelle, qui a obtenu dernièrement un certificat de 1™ classe de la Société royale d'IIoi-ticulture de Londres. C'est une plante annuelle comme les Oodelia rubicunda et G. Whitiieyi. Elle atteint 30 centimètres seulement de hauteur; ses fleurs sont très grandes, do 7 à 10 centimètres de diamètre, du carmin cramoisi le plus intense et le plus brillant et dans une telle abondance que la plante en est toute couverte. MM. Daniel frères, de Norwich, la mettent au commerce ce printemps et nous pensons que l'établissement Lindcn pourra la procurer à ses correspondants. ( 'f).(î).e 'j)annL'tfuieker. s^ruU.puix. vif^orta fi/^ NEPENTHES NEPENTHES L'ILLUSTRATION HORTICOLE PULLARIA, Jack. PULLARIA VAR. VITTATA MAJOR. Ji'uiden, ruii — 45 PI. CCLXXII. NEPENTHES AMPULLARIA, jm NEPENTHES AMPLILLÂRIA v^n. VITTATA MAJOR. NEPENTHES A AMPOULES, et var. f,miide à liandeicttcs. NÉPENTHACÉES. ÉTYMOLOGIE el CARACTKRES GÉNÉRIQUES: Voir llliistr. hortic, 1876, p. 192, et ne. Prudromus, XVII, p. 00. CARACTÈRES SPECIFIQIES : ciuilh crassus cylimlriciis folia(|ue sublus ferriigineo-pubes- ceiitia (iemiini glabrata; foliu in petlolum brcveni i i aniplexicaulem alatuiii non (ieciinentpm angusiala olliplico-v. obovalo-lanccolala v. obcnneala subuis piil)esciMilia; ascklia inferiora subglobosa fascieulala aphjTIa, supoiioia sacoiforniia coslis anlicis fimbriaio-alala ; peristo- inium e menibiana lala loiigo inilexa cicbonime sliiata ; opevculum lineari-oblongiim lel'rac- lum; jicdtimiiltis bievis validus r(iceiinisi]no licconipositus ticnsissinie ferrugineo lomenlosi. — huila orliMilalls : Singapore, Binlang, Malacca , Sumalra, Bornéo. — (J. D. Hooker, iu DC. Prodr. XVII, p. 93.) Nepenthes ampullaria, Jack, in Mal. mise, ex Hook. Cmnp. Bot. ilag., \. I, p. 271. — — Lainberl, Pliiiis, v. Il, app. 1. 8. — Korlh. Verli. Nat. Gesch., p. 59, t. lô. — Hook. Bot. Mdf/. t. ,")IO'J. — N. ampullacea, Blunie, Mii^. Bot. Luijd. But., v. II, p. 9. — Miquel, Fl. Iiid. Bol.. V. I, p. 1, p. 107(3, el Suppl. p. 151 et 506. Cette espèce est originaire des Indes néerlandaises, où les voyageurs l'ont trouvée sur plusieurs points. Wallicli et Jack l'ont rapportée de Sin- gapore et Bintang, Cuming et Griffith l'ont cueillie à Malacca, Korthals à Sumatra, Low, Motlej et Beccari à Bornéo. Elle se range parmi les plus belles et les plus singulières espèces de ce genre extraordinaire. Sa tige, de la grosseur d'une plume d'oie, glabre à la base, est couchée, rameuse, à rameaux courts et dressés à la partie supérieure, et couverte d'un épais duvet ferrugineux. Les feuilles sont longues de 7 à 30 centimèt., larges de 3 à 10, coriaces, rétrécies en pétiole distinct et ailé, portant de chaque côté 2-4 nervures longitudinales et les transversales horizontales. Les ascidies sont pubérulentes, vertes, maculées de pourpre, les inférieures de 25 à 50 millimètres de longueur, les supérieures plus grandes, cylindri- ques, poculiformes ou hémisphériques, souvent gibbeuses ou renflées à la partie antérieure, à dos brièvement 1-3 cuspidé. La gorge est glanduleuse intérieurement jusqu'au sommet, non glauque. Le péristome tout entier, à l'exception de son bord, est introrse, formant à l'intérieur de l'ascidie un voile qui peut atteindre 25 millimètres de largeur et qui est brillant, mem- branacé. L'opercule est plusieurs fois plus petit que la gorge, rétréci à là base, plan, pubérulent sur les deux faces, lisse et non glanduleux à l'inté- rieur. Les grappes de fleurs, larges de 5 à 25 centimètres, sont longues, densiflores, à pédoncule robuste, à divisions le plus souvent accompagnées de bractées, les inférieures multiflores. La colonne staminale est glabre, — 46 — plus courte que les sépales largement ovales -oblongs, tomenteux en dehors; les antlières sont au nombre de 8-12, souvent bisériées. L'ovaire est contracté à la base et au sommet, velu, fauve. La capsule, longue de 25 à 30 millimètres, est étroite et pubescente; les valves capitées du stigmate ont leurs lobes trigones. La variété ajoutée à l'espèce qui vient d'être décrite en diffère par ses plus grandes proportions et ses stries particulièrement élégantes. Ed. André. HORTICULTURE D'ORNEMENT. EUPHORBIA COROLLATA. Quand le voyageur dans l'Amérique du Nord va en automne de l'État de New-York dans la direction du Wisconsin et plus au sud, sa vue est arrêtée, dans les terrains sableux, par une jolie petite plante à fleurs blan- ches qu'il prendrait d'abord pour quelque Caryophyllée. Elle est bien loin de cette famille, cependant. C'est une Eupliorbe, dont les faux lobes de l'involucre ressemblent à cinq pétales d'un beau blanc, tandis que les véri- tables lobes sont petits et recourbés en dedans. L'espèce se nomme Euplior- bia corollala, L. Elle appartient à la section des Tithijmalopsis de G. Engel- mann, caractérisée par les feuilles florales verticillées ou opposées, des espèces dressées, vivaces, à feuilles entières, égales à la base, l'absence des stipules, les involucres le plus souvent à 5 lobes, dans les aisselles des branches et terminales, une inflorescence en ombelle et des graines non caronculées. La plante est grêle, rameuse, glabre ou pourvue de quelques poils. Elle atteint 60 à 80 centimètres, mais je l'ai vue plus souvent d'une taille infé- rieure; ses feuilles sont ovales lancéolées ou linéaires, entières, obtuses. Les ombelles des fleurs ont de 3 à 7 divisions, qui sont elles-mêmes subdi- visées en 2-3-5 ramules; les involucres sont longuement pédoncules, d'un beau blanc; le fruit est porté par un pédicelle grêle, glabre; les graines sont épaisses, cendrées, à surface légèrement inégale. Les fleurs se succè- dent de juillet en octobre et sont vraiment très gracieuses. J'ignore si cette espèce existe dans les jardins de l'Europe, où je ne l'ai jamais rencontrée, bien qu'elle ait été apportée dans les jardins botaniques au commencement de ce siècle. Elle n'est pas indiquée dans les Fleurs de pleine terre de Vilmorin-Andrieux et C''^. Elle mérite cependant la culture. Je l'ai vue dans les prairies qui s'étendent des AUeghanies au Mississipi, et même jusque dans la région des grands lacs (lac Michigan, lac Erié, lac Huron, lac Ontario), formant dans les sables frais et riches des touffes légères comme celles des Gjpsophiles et charmantes avec leurs inflores- cences d'un blanc de lait. h'Euphorbia corollala est absolument rustique, vivace, et ne demande aucune culture. On pourrait le multiplier en éclatant les touffes au prin- temps. Ed. André. CALAMUS ASPERRIMUS, Blujie. JCuiden.V'jU. — 47 — PI. CCLXXIII. CALAMCS ASPEURIMUS, blime. rotang hérissé. Palmiers. ËTY.MOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir tltuslr. Iiortic, 1872, p. 336. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : cauclex scaiuleiis; frondes cirrhifers; pi'nnœ lineari-lanceo- lat»; aculci vaginaruiii crebenimi, recti, pateiUcs, racliium gemiiiali ternive, uncinali; spadices elongali, doconiposili; haccw immalurae ovifonnes. — Crescit in iiisula Java. Calamus asperrimus, Blume, in Rœm. et Scliult. Syst. Veg.. 7, 1327. — Martius, Palm. 212. Une des plus belles espèces de Palmiers de Java, décrite par Blume et que les serres de l'Europe connaissent trop peu encore. Ses longues tiges sont grimpantes comme tous les Rotangs, mais dans le jeune âge elles sont courtes, droites et garnies de feuilles jusqu'à la base. Ses robustes aiguillons, très pressés les uns contre les autres, lui donnent un aspect féroce, tempéré cependant par une grande élégance. Les pennes de ses longues feuilles sont linéaires lancéolées, planes et du plus beau vert, et régulièrement disposées sur deux rangs. Les CaUumis sont précieux pour nos serres chaudes, où leur beau feuil- lage et leur port dressé, tant qu'ils restent jeunes, leur donnent l'aspect le plus ornemental. Quand ils vieillissent, ils prennent la forme sarmenteuse et grimpante, comme dans l'Inde orientale, et peuvent fournir aux jardins d'hiver une décoration remarquable. Ed. André. ->-•>•— ^ LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. LEGUMES NOUVEAUX POUR 187 7. Chaque année, le Bon Jardinier, cet ouvrage classique qui date du dernier siècle et a survécu tandis que tant d'autres publications horticoles ont dis- paru sans laisser de traces, — le Bon Jardinier publie une courte revue des nouveautés légumières et florales. Nous y trouvons cette année une notice due à la plume de M. Henri Vil- morin, s'appliquant aux nouveaux légumes à recommander, et nous croyons utile d'en publier un extrait. Carotte demi-longue de C.\rentan. — "Voisine de la Carotte demi- longue nantaise, mais moins développée, forme cylindrique, très fine de chair et très productive. — 48 — CÉLERI COURT A GROSSES CÔTES. — Se rapproche du Céleri plein blanc court hâtif, mais plus dressé, à côtes plus larges et plus serrées. Ne dra- geonne pas. Chicorée impériale. — Obtenue depuis plusieurs années, mais peu con- nue. Frisée, analogue à la Ch. frisée de Ruffec, d'un vert plus blond, feuilles plus larges, plus blanches et plus tendres. Concojibre d'Athé.nes. — Répandu en Grèce, précoce, rustique, produc- tif, fruits de 30 à 35 centimètres, cylindracés, peu hérissés, vert pâle, chair pleine. A recommander pour la pleine terre. Courge de Valence. — Variété très vigoureuse et productive. Végéta- tion très forte, tiges de 8-10 mètres, fruits de 6-8 kilog., vert-gris luisant, oblongs, côtelés, rappelant un peu la Courge de l'Ohio. Chair jaune vif, excellente, de longue durée. Parfaite pour le raidi. Fève de Séville a longue cosse. — Anciennement connue dans le midi de la France et depuis peu en Angleterre. Taille médiocre, feuillage blond, cinq à six cosses par tige, atteignant plus de 25 centimètres, très lourdes, contenant de 6 à 8 grains. Variété hâtive, de premier ordre. FÈVE d'Agua dulce. — Gousses de 30 à 35 centimètres, contenant huit à neuf grains. Perfection de la variété précédente. Toutes deux sont culti- vées à Séville. Haricot blanc a longues cosses a demi-rames. — A cultiver pour hari- cots verts; gousses par paquets, très longues, subcjlindriques, très belles. Variété demi-hative, production prolongée. Se consomme aussi en sec. Nous continuerons prochainement cette intéressante revue. Detector. HORTICULTURE D'ORNEMENT. CACTEES RUSTIQUES. Nos jardins de plein air possèdent déjà un ou deux représentants fran- chement rustiques du genre Opuntia, qui doit contenir, dans ses espèces nord-américaines, d'autres formes aussi robustes et non encore intro- duites. Or, il résulte d'une communication faite par M. V. Cauchin, le 9 novem- bre dernier, à la Société centrale d'Horticulture de France, que quatre autres espèces de Cactées rustiques au moins peuvent être ajoutées à celles que nous possédons déjà. M. Cauchin habitait Montmagny lors de la guerre; il le quitta au moment de l'invasion, en 1870, abandonnant sa seri'e et les plantes qu'elle contenait. En l'evenant, il trouva cette serre brisée et détruite, et les plantes entièrement gelées. Quatre Cactées faisaient exception. C'étaient les Echinocadus Injptiacan- tlius, E. Blankii, Opuntia inlennedia et 0. davaroides. Ces espèces avaient parfaitement résisté à IG" de froid. — 49 — Les rocailles au midi pourront être ornées de ces plantes, qui ont désor- mais acquis leur brevet de rusticité. Elles prêteront à ces parties de nos jardins un aspect un peu méridional qui n'est pas à dédaigner. Ed. André. CULTURE INTENSIVE DES VIOLETTES. Notre savant confrère M. P. de Mortillet a raconté naguère, dans le journal le Sud-Est, un assez curieux procès à propos de culture de Vio- lettes. Un procédé particulier, employé par un jardinier nommé Real, de Saintes (Charente-Inféi'ieure), lui aurait été extorqué par un spéculateur du nom de Mouroux, poursuivi pour ce fait. Les débats ont eu ce bon côté, qu'ils ont révélé le moyen employé par M. Real pour obtenir des Violettes larges comme une pièce de cinq francs en argent. Il paraît qu' •' après avoir planté ses Violettes dans un terrain ni trop argileux ni trop calcaire, à l'exposition du midi, au-dessus d'une fosse remplie de fumier consommé de cheval ou de porc, auquel on a mélangé des rafles de raisin sorties du pres- soir, ce jardinier les arrosait abondamment et tenait la terre de cette planche constamment bien ameublie, ayant soin de supprimer les gourmands et de renouveler sa plantation tous les ans. " Le moyen peut être essayé avec toute bonne variété de Violettes et à coup-sûr on augmentera ainsi la grandenr des fleurs, mais nous demandons communication de la première fleur large de 37 millimètres, c'est-à-dire du diamètre d'une pièce de cinq francs, et sommes disposé à la payer grasse- ment. F. BOISARD. LES GERARDIAS. Genre de plantes dont le nom seul est connu des amateurs, car elles pas- sent pour incultivables. A peine en connait-on une espèce dans les jardins, le Gérardia glutineux de la Chine, qui lui-même appartient à un genre voisin (Rehmannia glutinosa, Libosch). Il y a vingt-cinq ou trente ans, les collec- tions des " curieux « en possédaient cependant quelques espèces, qui paraissent perdues aujourd'hui. La difficulté de leur culture git dans ce qu'elles ont des racines parasites à la manière des Euphrasia, Rliinanthus, Pedicularis, etc. ; mais cet obstacle n'est pas impossible à vaincre, et les essais faits par quelques amateurs d'autrefois peuvent être renouvelés avec succès, car on dit que ces plantes se contentent de la terre de bruyère ordinaire. Dans l'Amérique du Nord, où l'on connaît aujourd'hui 18 espèces de Gérardia, en comprenant les genres Dasijstoma et Otophylla, qu'on peut y ajouter sans trop de difiiculté, je n'ai rien trouvé de plus élégant que les diverses espèces que l'on rencontre dans les prairies, ou sous le couvert des bois, dans les diverses situations où ces plantes se plaisent. Le Gérardia purpurea, L., se trouve depuis l'Etat du Maine jusqu'au "Wisconsin et même plus au sud; il aft'ectionne surtout le voisinage des — ô(.) — côtes. Il a de firandes fleurs en forme de Penlstemon, rouge violacé pourpre, un peu velues et très belles. La plante atteint 25 à .50 centimètres de hau- teur et sa forme est pyramidale et élégante. Elle est annuelle. Le G. (Dasystoma) grand iflora, Benth., atteint de 1'" à 1"\50 de hauteur et forme une plante vivace, à tige simple d'abord, puis rameuse, pyramidale, pubescente, couverte de grandes fleurs jaunes, ressemblant aussi à certains Pentstémons. Je l'ai trouvée abondante près de Boston. Les autres espèces sont plus ou moins jolies, mais toutes ont du mérite, et je pense qu'on en pourrait tenter la culture en terre de bruyère avec quelque succès, au moins pour quelques-unes d'entre elles. Ce sont, dans la section Gerardia proprement dite : G. aspera, Dougl.; G. marhima, Raf.; G. aphylla, Nutt.; G. fUifolia, Nutt.; G. teiiuifolia, Vahl.; G. filicaulis, Benth.; G. setacea, Walt.; G. divaricata, Chapm.; G. linifolia, Nutt. Dans la section Dasystoma, on trouve les ; G. /lava, L.; G. quercifolia, Pursh; G. inteijrifolia, Gray; G. pedicularia, L.; G. pectinata, Benth. Enfin, le G. auriculala de Michaux, de la section OlophijUa, constitue \0. Michauxii de Bentham. Quand on cueille des échantillons de Gerardia pour l'herbier, ils noircis- sent tout de suite, tiges, feuilles et fleurs. C'est peut-être une des raisons qui ont empêché les botanistes qui les étudiaient sur le sec d'être frappés de leur beauté et de les recommander aux horticulteurs. Quoi qu'il en soit, je puis assurer que peu de plantes rustiques, analogues à celles qui vivent sous nos climats, m'ont fait autant de plaisir en Améri- que que les Gérardias, et je désirerais bien vivement en voir tenter la culture en Europe. „ a ^ Ed. André. TORENIA FOURNIERI. Cette charmante Scrophularinée de la Cochinchine, que M. J. Linden a dédiée k notre confrère et ami Eug. Fournier, et dont une planche coloriée et une description ont été publiées l'année dernière dans l'Illustration horticole (p. 129), a été l'objet d'un article étendu de M. Charton dans la Revue horticole (IG décembre 1876). Il l'a vue cultivée chez MM. Vilmorin- Andrieux & C'°, formant de délicieuses potées couvertes de fleurs bleues ù, deux nuances, et à centre jaune. M. Charton conseille avec raison de mul- tiplier cette jolie espèce par semis faits en février-avril, en pots ou terrines en serre chaude ou sous châssis. En la repiquant eu godets et lui donnant successivement une nourriture plus abondante, on peut la traiter ensuite comme plante de plein air, où elle fleurira abondamment tout l'été. La plante est meilleure que toutes ses congénères, dont les rameaux rampent sur le sol, tandis qu'elle forme des touffes dressées, bien faites et montrant les fleurs tout à leur avantage. Ed. André. — 51 — CÉANOTHE MARGUERITE AUDUSSON. Très charmante variété nouvelle, obtenue par M. Audusson-Hiron, horti- culteur à Angers, d'un semis du Ceanothus azureus grandi florus. Elle est tout-ù-fait rustique et sera supérieure de tout point à une autre variété déjà Ibrt belle : le C. Gloire de Versailles. Ses feuilles sont longues, épaisses, dentées, duu vert plus foncé au som- met et garnissent abondamment des rameaux vigoureux, nombreux, bien dressés et rassemblés. Les fleurs sont moyennes ou petites, mais très denses et très abondantes, et disposées en fascicules sur des pédicelles violacés. Le ton de ces jolis bouquets est du plus beau bleu indigo brillant. PÊLARGONIUMS DOUBLES DE BOUCHARLAT. Une commission nommée par la Société d'Horticulture pratique du Rhône a examiné les nouveaux semis de Pélargoniums zonales à fleurs doubles de M. Boucharlat, à Lyon. Elle a conclu à l'adoption des variétés suivantes ; Candidissima plena. — Fleur très grande, bien double, blanc de neige. Etendard. — Ombelle très large, fleur bien faite, écarlate brillant. Mad. Louise Lagrange. — Fleurs rondes, très doubles, blanc teinté rose primevère. Mud. Joséphine Schmitt. — Ombelle énorme, fleurs rose pêche, coloris unique. Baronne Espfelta. — Ombelle très grande, flieurs saumon orangé, entière- ment striées blanc pur. Mad. Mehier. — Ombelle énorme, fleurs très doubles, vermillon sau- moné, centre blanc pur, coloris nouveau. Ces nouvelles variétés seront mises cette année au commerce, très pro- bablement. On dit qu'elles constituent des gains superbes. AQUILEGIA CŒRULEA. Cette délicieuse espèce, originaire des Montagnes-Rocheuses, a été in- troduite en Angleterre par M. Thompson, d'Ipswich, et mise au commerce par lui. Elle vient d'être l'occasion d'une charmante planche coloriée publiée par le Garden, de M. W. Robinson. Sa culture est très simple. Semis des graines aussitôt qu'elles sont mûres, repiquage dans de petites caisses de bois, oîi elles se fortifieront avant la mise en place; elles fleuriront à coup- sûr la seconde année. Nous ne connaissons rien de plus délicat que le ton bleu d'azur léger de cette ravissante fleur, quand ses sépales cornus, linéaires, s'étalent pour laisser voir au centre la coupe blanc de nacre qui renferme les pistils et les étamines. Aucune autre espèce d'Ancolie ne peut lutter avec elle, et nous engageons très fortement les amateurs de plantes vivaces à se la procurer au plus vite. p. Erceau. O'^ ,? — BIBLIOGRAPHIE. Choix de plantes pour la culture industrielle (i). — Le baron F. Muellur, tle Melbourue, vient de publier un vuluiiie de 300 pages environ sur ce sujet digne de fixer l'attention des botanistes et des cultivateurs de nos régions. Si le savant australien a écrit son livre principalement en vue de la colonie qu'il habite, il a aussi condensé une masse énorme de docu- ments de tout genre dont nous pourrions faire notre profit pour les cultures de l'Europe. Nous conseillons donc d'étudier de près le nouveau livre de M. Mueller et de chercher les applications dont il est susceptible chez nous. Monographie des Lis {-). — La première livraison de ce splendide ouvrage, édité par M. Elwes, le liliupliile anglais bien connu, vient de paraître. Le format est in-folio, et le contenu se compose de huit planches coloriées représentant les Lilium Philippinense, Ilansoni (v. aveiiaceum) , pomponium, X Parkinanni, X ^Vitiei, pyrennicum, teslaceiim, Davi'Ui, polij- pliyUum. Les planches sont superbes, le frontispice a été dessiné par Fitch et exécuté par W. Smith, et les de.scriptions ont été l'objet de soins hors ligne, tant au point de vue horticole que botanique. Les autres livraisons suivront très prochainement la première. L'Agrostographie (-^j. — Sous le titre Agrcslographia, la " Lawson Seed and iS'ursery Company » d'Edimbourg (Ecosse) vient de publier une édition entièrement revue d'un traité remarquable sur les Graminées cul- tivées. Des illustrations, donnant les caractères détaillés des espèces, ren- dent ce travail aussi utile aux botanistes qu'aux agriculteurs. La végétation du globe (■•). — Nous avons reçu le premier fascicule du second volume de cet important ouvrage. Il continue l'étude de la géographie botanique dans les différentes zones de la terre que compren- nent les divisions faites par M. A. Grisebach. M. de Tchihatchef a ajouté de nombreuses notes au texte de l'auteur. La traduction a été revue par le D'' Fournier qui a corrigé aussi les épreuves. M., de Tchihatchef m'a fait l'honneur de me demander des notes, — que je lui ai livrées, — sur les chajjitres du deuxième fascicule qui vont pro- chainement paraître, et qui traite de la végétation des llunos et de la Cor- dillère des Andes de l'Améi'ique méridionale. Ces notes devront être fon- dues plus tard dans un travail d'ensemble que je prépare sur la géographie botanique des régions que j'ai explorées. Ed. André. (1) Select plants rcaddy clir/itilc for iinhislriiil ctilltirc or nniurulisiUion in Victoria, by baron von Mueller. — Melbourne. (i) Munoyrnpli of tlie ijenus Lilium, by Elwes. — London, 1877. (3) Af/rosliii/riiiiliiii, 3 trcalise un llie cullivalcd grasses, William Iflackwood and .Sons, édi- teurs, F^diinhur^h and l.oiidon. (4) La Vr;/(-lcilia nneniaekti) iii mupuuc. ùi^orio ùnd L ILLUSTRATION HORTIC MACROPHYLLA / r,^j,^ ^„u — 60 — plantes de cette espèce cultivées dans nos serres ne s'applique qu'à une simple variété. L'A. viacropinjlla est dans ce cas. Ses belles nuances, que représente fidèlement la planche ci-contre, ne sont que le produit d'un accident fixé. Mais l'intensité des tons, la belle tenue des l'euilles et leur port étalé prêtent un charme particulier à cette forme horticole. Toutefois, il ne faudrait pas prendre à la lettre cette épithète de macro- phylle qui semblerait indiquer des dimensions bien supérieures à celles de l'A. Wilhcsiana. J'ai indiqué dans la Revii& de l'Horticulture (1867, p. 463) que j'avais eu entre les mains une feuille de cette espèce mesurant vingt- sept centimètres de longueur. On a dû en voir de plus grandes depuis lors. Quoi qu'il en soit, l'^l. viacropinjlla est une très belle plante de serre chaude à feuillage ornemental. Ed. André. HORTICULTURE D'ORNEMENT. PLANTES NOUVELLES. Le Jonc zébré. — Le Japon est plein de surprises. Hier, YEulalia japonka nous était envoyé de l'Amérique du Nord par M. Robert Buist, de Philadelphie, qui l'a introduit directement d'Orient. Aujourd'hui c'est encore par les Etats-Unis qu'un nouveau et singulier végétal nous arrive. M. lîull en a acquis l'édition. Le Gardeners' Chronicle, qui en dit quelques mots et en publie un dessin de grandeur naturelle, ne sait où placer botaniquement la plante. Son aspect est celui d'un Jonc de nos marais {Juncus effusus, par exemple), avec des diflerences dans les gaines basilaires et la disposition des cellules épidermiques et des stomates. Mais le plus curieux dans cette nouvelle plante est la disposition des an- neaux alternativement verts et jaunes qui donne aux feuilles l'aspect d'une soie de porc-épic. Cet aspect est plutôt étrange que beau, mais, telle qu'elle est, la plante tiendi'a sa place dans les cultures à l'exemple des Sanseviera. L'Epacris onosmseflora à fleurs doubles blanches. — Le même horticulteur annonce cette nouveauté qui vient s'ajouter à la première plante de ce genre à fleurs rosées, exhibée l'année dernière pour la pre- mière fois. Enfin, l'Imantophyllum miniatum princeps est une variété plus colorée, plus grande, plus canipanulée que le type de cette plante, qui est déjà une si belle acquisition hivernale pour les serres tempérées. P. Erceau. < o Ld \ (il — PI. CCLXXVI. KENTIA LINDENI, iioitî. lim., kentia de linden, Palmiers. ÉTYMOLOGIE cl CARACTÈRES GENERIQUES : Voir ItUistr. hortic, 1874, p. 186, et 1876, p. 98. M. J. Linden a introduit en 1875 de la Nouvelle-Calédonie, et mis au commerce en 1876, l'espèce de Kentia dont nous donnons aujourd'hui le portrait. C'est un végétal vigoureux, de port correct et élégant, dont le caractère le plus distinctif, sur les jeunes plantes, réside dans les pétioles d'un beau ton rouge qui supportent les pennes des frondes. Avant leur complet épanouissement, toutes les divisions de ces frondes sont d'une nuance rouge saumoné très vif qui rappelle celles du charmant Welfia regia. Les plantes sont trop jeunes encore pour qu'on puisse décider si l'espèce est absolument nouvelle ou si elle rentre dans l'une des espèces de Kenlia décrites et nommées par MM. Brongniart et Gris. Mais au point de vue de la décoration des serres et des appartements, nous pouvons assurer qu'elle surpasse les autres formes déjà introduites. Son succès n'est plus à faire : le K. Lindeni a déjà reçu les plus hautes récompenses aux exposi- tions d'horticulture, et sa vogue s'est considérablement accrue depuis l'année dernière. Ed. André. LE JARDIN POTAGER Eï FRUITIER. NOUVEAUX LÉGUMES DE 187 6. Nous poursuivons la revue des nouveautés légumières, signalées par M. Henri Vilmorin pour l'année qui vient de s'écouler. Haricot flageolet nain hatif d'Etampes. — Obtenu par M. Bonne- main, d'Etampes. Nouveauté excellente, très vigoureuse, plus précoce de huit jours que le Flageolet ordinaire. Donne tout son produit dans un temps très court et par conséquent est excellente pour la culture de primeur. Laitue Roquette. — Très distincte, rustique, d'hiver, très petite. Pom- mes grosses comme la Laitue Gotte à graine blanche, vert foncé teinté rouge, compactes; facile conservation. — 62 — Oignon Catawissa. — Originaire d'Amérique. Sorte de grande Ciboule prolifère, produisant des têtes de bulbilles ;i plusieurs étages. Emploi des pousses comme pour la Ciboule commune; bulbilles comestibles si l'on en- lève la première tunique, fort dure. OiG.NON New-Queen. — Cette variété nous vient d'Angleterre, mais elle a certainement une origine méridionale. Très liûtive, bulbes petits, aplatis, blanc d'argent; feuillage peu développé. Planté en aoiU-septembre, cet Oignon peut être récolté en avril. Pois NAIN VERT UNIQUE. — Très nain, extrêmement précoce, 4 A 6 gousses par pied, très vertes, longues, minces, recourbées et contenant G à 8 beaux grains ronds vert foncé. Très bon Pois pour culture sous châssis. Pois D"' Hogg. — Variété à. rames, très hâtive. Tiges de 80 centimètres ;\ 1 mètre, ressemblant à la variété Alpha, gousses plus fortes, recour- bées, grains plus gros, vidés. Pois SUPPLANTER. — Demi-iiain, vigoureux, trapu, feuillage ample et gris, hàtif comme le Pois Michaux de Hollande, cosses par deux, droites, longues et larges, grain rond, vert foncé jusqu'à la maturité. Pois merveille de Batii. — Nain, atteignant 50 centimètres, vigou- reux, fertile, rameux, demi-précoce, vert très foncé sur toutes ses parties. Pois Emeraude ridé géant. — Très beau, aspect du Pois ridé de Knigth, mais teinte plus crue du feuillage et très forte végétation. Pomme de terre S'^-IIélène. — Usage de la Marjolin, un peu moins hâtive, plus productive, tubercules plus aplatis, plus allongés, très lisses, bien faits, beau jaune. Culture sous châssis. Chair farineuse et ferme; à consommer, comme primeur, avant la maturité. Il ne faut pas confondre cette variété avec une autre, très distincte et tardive, recommandée par M. Vavin. Radis hlanc hatif géant de Stuttgart. — Très gros et de crois- sance rapide, forme arrondie un peu déprimée, à consommer après cinq à huit semaines de semis. Petite Tomate du Mexique. — C'est le Pliysalis fœteus, que l'on a réintroduit du Mexique depuis quelques années. La plante est annuelle, vi- goureuse, à feuilles pubescentes, à fleurs jaunes tachées de brun au centre, à fruits sphériques, vert pâle lavé de violet. Employé au Mexique comme condiment et dans la fabrication d'un sirop pectoral. Detector. IKIHTICULTIIUÎ D'ORNEMENT. LES PLANTES NOUVELLES DE 1876. A chaque fin d'année, il est bon de jeter un coup-d'œil en arrière et de dresser le bilan des acquisitions horticoles. Cette revue est régulièrement faite en Angleterre dans le Gardeners' Chronicle, et nous devons encore à — 63 — M. T. Moore un résumé impartial de ce que 1876 a montré de saillant. Nous ne voulons pas dire que son énumération soit complète, et il a évi- demment omis, en France surtout, un certain nombre de plantes nouvelles. Mais on ne peut tout voir et très certainement le travail de l'auteur anglais, dont nous donnons ci-après la nomenclature, représente bien les princi- pales conquêtes que nos jardins ont faites dans l'année qui vient de s'écouler. SERRE CHAUDE. Aphelandra Sinitzini. — AcaïUhacéc du Pérou. Feuilles zébrées île blanc; fleurs rouge éclalaïU. Kluslmliou horticole. — Introduite par M. Linden. Episcia Luciani. — Gesnériacée colombienne. Feuilles ruyueuscs ; fleurs rouges. Ulus- Inilion Itorticole. — M. Linden. Eranthemum roseum. — Acantliaeée de IWniazone. Port dressé, feuilles violettes; j;ra|i|ies rnnj;L',s. Illuslr. Iiorl. — M. Linden. Griffinia ornata. — Aniaryllidée brésilienne. Feuilles elliptiques, ombelles lilas. Hibiscus Colleri. — Malvacée polynésienne. Frutescente, grandes fleurs doubles, jaunes et écartâtes. Ixora regina. — Variété borlicole. Grosses ombelles orange éearlate passant au jaune. Utricularia Endresii. — Indes occidentales. Grandes fleurs lilas, lèvre supérieure jaune. Poinsettia pulcherrima plenissima. — Fascicules de magniliques bractées écarlales. — MM. \cilcl). SERRE CHAUDE. — FEUILLAGE ORNEMENTAL. Aralia gracillima. — De premier mérite. Figuré dans Yllluslr. hort. — Nouvelle- Calédonie. — M. Linden. Aralia elegantissima. — Voisin du précédent, mais folioles plus larges, dentées, vert foncé nuancé brun, cole blanc d'i\oire. Illiistr. hort. — Nouvelle-Calédonie. — M. Linden. Aralia splendidissima. — Même patrie — Touffu, feuilles pennées, ondulées, entières ou lobées. — M. Linden. Aralia filicifolia. — Mer du Sud. Feuilles vert brillant, bi-pinnalifidcs, segments falci- fornies. M. Linden. Alocasia Johnsoni. — Feuilles dressées, sagittées, vert veiné de rouge, pétioles à aiguillons par groupes eu spirale. Clidemia vittata. — Mélastomacée péruvienne. Beau feuillage vert à nervure blanc d'argent. Illitstr. Imrt. — M. Linden. Curmeria 'Wallisi. — Aroïdée colombienne. Feuilles obliques, elliptiques, marbrées de jaune. — .MM. Veili h. Croton Andreanus, Morti. Macafeanus , Mooreanus, les meilleures variétés de l'année. DiefTenbachia Shuttle'wrorthii. — Colombie. Petites feuilles lancéolées oblongues, bande centrale large, pennée, blanche. M. Bull. Dracsena. — Nombreuses variétés de semis, presque toutes très en faveur, mais si nom- breuses ([u'il devient désormais diflicile de faire un choix. M. Bull. Maranta Massangeana. — Du Brésil. Forme naine, feuilles oblongues, velouté marron, bande centrale argentée et veines dirigées vers la bordure verte. M. J. Makoy. Philodendron Holtonianum. Feuilles trilobées, défléchies, les jeunes couleur brun- rouge. Phyllanthus roseo-pictus. — Mer du Sud. Jeunes liges rouge-pourpre, feuilles ovales vertes, panachées de blanc et de rouge. Smilax Shuttleworthii. — Colombie. Feuilles cordées, vert foncé, mouchetées de gris, reflets pourpres en dessous. M. Bull. PALMIERS. Kentia gracilis. — Nouvelle-Calédonie. Superbe espèce, du plus grand avenir. lUiistr. hiirl. — M. Linden. — 64 — Kentia Lindeni. — Nouvelle-Calédonie. Jeunes feuilles colorées en rouge, dcvenaiil liruii verni. |iciil mliiisli'. — M. Liiulen. Geonoma Carderi. — Nouvelle-Grenade. Feuilles à larges segmciils. très éléganles. — M. Iiiill. Pritchardia fllifera. — Californie. Très belle plante i feuilles bordées de poils blancs. Illiisir. Iiorl. — M. Linden. ORCHIDÉES. Masdevallia macroura. — Colombie. Appendices de 15 ccnlimélres de long. Odontoglossum cirrhosum. — Belles fleurs blanches mouchclécs de pourpre. — Ecuador. O. Chestertoni. — Klciiis lilanclics, sépales marqués do rouge-brun, labelle jaune. O. Londesboroughianum. — Belle plante, à lalielle jaune. Bollea celestis. — C.uUinihie. Fleur.-; bleues marquées de blanc, labelle jaune. Pescatorea Roezlii. — Fleurs bliiiuhes iiiiuieliet('es de bleu, eliarniaiiles. Dendrobium Devonianum \;ir. Elliotianum. — Divisions florales marquées de pour- pre :'i I cMii'iiiile. D. 'Wardianuin var. Lo'wi. — Caraclérisé par des liges plus fortes. D. Guiberti. — Superl)e espèce ii l'iionnes j^rappcs jaunes. lUiisIr. liort. — M. Linden. Phalsenopsis intermedia Brymeriana. Cypripedium ei Cattleya hybrides de M. Doniiny, formes très intéressantes. FOUGÈRES. Cibotium pruinatum. — lies Sandwich. Distinct du C. Menzhzi par les frondes glau- ques en dessous. Sadieria cyathioides. — Frondes épaisses, bipennécs, voisines des Blechnum par leurs Inielincations. Lomaria gigantea. — Nouvelle-Calédonie. — Neo-Caledonica. D". Ces deux espèces arborescentes, à grandes pinnulcs, ont été introduites par M. Linden. Dicksonia Deplanchei. ^ Cyathea nigra. f Trois autres magnifiques espèces dues encore à M. Linden. Marattia attenuata. 1 Adiantum Neo-Guineense. — N'ouvcllc-Guiuéc. Contours triangulaires, piuuules arron- dies. — M. Willi^iins. Davallia Youngi. — Variété de l'aïuien I)al;sniii(i DarolUoidcs. — Australie. Gymnogramme Alstonii. — Variété à frondes dorées, pinnulcs uniformément recour- bées. Pteris serrulata Leyi. — Variété à scgmeuls réduits à un pédicclle à l'extrémité. SERRE FROIDE. Boronia elatior. — Australie. Feuilles pennées, fleurs rose-pourpre foncé. — MM. Veilcli. Grevillea Preissii. — Australie. Buisson de feuilles bipennées et nombreuses grappes de lleurs rose écariate. — MM. liollison et lil.s. Epacris onosmaeflora flore pleno. — Variété à llcurs doubles blanches. — M. \V. Bull. Araucaria Goldieana. — Hameaux pendants; intermédiaire entre A.'clegans et A. liiilci. — M. Williams. Bomarea Carderi. — Colombie. Belle liane à bouquets pendants de lleurs canipanulécs. roses. — M. W. Bull. Bégonia Davisii. — Pérou. Feuilles obliques, à courts pétioles, fleurs écarlates. Crinum ornatum rubro-vittatum. — Brésil. Fleurs blanches îi segments rehaussés d'une bande rouge. l'LANTES VIVACES RUSTIQUES. Lilium auratum cruentum. — Variété splendide, où l'or des segments est recouvert d'une bande écariate dans toute la longueur, et rouge sang au milieu. L. Neilgherrense. — Section du L. longiflorinii, plante à floraison tardive, excellente. Fritillaria recurva. — Naine, fleurs campamd('es, rouges, segments réfléchis. — 65 — F. aurea. — Du ïaurus. Naiu, fleurs jaunes, quadrillées de noir. Meconopsis 'Wallichii. — De l'Himalaya. Magnifique Papavéracée à grandes fleurs bleu de cii'l. — M. W. Bull. Monardella macrantha. — Labiée californienne. Tiges courtes, feuilles petites, ovales, capiuili's icrminaux de lli'urs rouges. — MM. Veitch. Mirabilis multiflora. — Californie. Belle espèce à fleurs 1res nombreuses, rouge pourpré.' Androsace sarmentosa. — Himalaya. Plante de printemps; petite rosace de feuilles obovales, tiges rouges, fleurs rose clair avec anneau jaune et rose foncé. Eulalia japonica. — Grande Graminée japonaise, longues feuilles rubanées de blanc. PLANTES ANNUELLES. Moricandia sonchifolia. — De Chine. Crucifère à fleurs hâtives, pourpre foncé. Helianthus cucumerifolius. — Texas. Plante ii grand eflet pour les parcs; capitules jaunes à dis(iue noir. Godetia Lady Albemarle. — Variété hors ligne, à floraison très abondante, couleur magenta. Zinnia Dar'\vini. — Hybride entre Z. etegans et X. Haageanu , plante de grande déco- ration des jardins l'été. ARBRES. Xanthoceras sorbifolia. — Déjà décrit et recommandé depuis longtemps dans l'Illustra- tion lioi-ticdlc. — Introduit par le Muséum de Paris. Populus canadensis aurea. — Voir la figure de Ylllustration horticole. 1876. ■Weigelia amabilis. — M. Looymans. — Feuillage également doré, même l'été. Hydrangea hortensia alba (var. Th. Hogg). — Variété blanche de l'Hortensia des jardins. Abies Menziezi Parryana. — Décrit sous ce nom par M. André, qui l'a admiré en forts spécimens, avec sou beau feuillage argenté, dans le jardin de M. Sargent, à Brookline, près Boston (Etats-Unis). A. Ducos. DE LA CULTURE DES ANEMONES. Depuis deux ou trois ans il a été assez souvent parlé de la belle espèce d'Anémone (Anémone fulgens, Gay), que MM. Vilmorin-Andrieux ont mis au commerce et qu'ils ont chaudement recommandée au public. Mais tout éloge de cette plante est au-dessous de la réalité. Il faut voir en ce moment (mars) le champ d'^. fulgens où ces calyces fulgurants de cette admirable espèce jettent un éclat sans pareil et qui se trouve à "Verrières (Seine et Oise) chez M. Henri Vilmorin. C'est un coup-d'œil incomparable ! On en revient avec l'idée fixe de planter immédiatement des A. fulgens dans une bonne partie de son jardin. Les Anémones ordinaires sont d'ailleurs dignes d'une culture plus géné- rale que celle qu'on leur accorde d'ordinaire, faute de savoir les amener à bien. Je recommande donc aux amateurs de lire l'extrait suivant d'une note adressée à la Société centrale d'Horticulture, par le D'' Boisduval, sur la culture de l'Anémone des jardins comme l'entend M. Pelpel, de Caen, à coup-sùr le plus habile cultivateur aujourd'hui des plantes de ce beau genre. L'époque choisie pour les semis est le mois de juillet. Les graines mises en terre et recouvertes d'une légère couche de paillis, lèvent au bout de quinze jours et les jeunes pieds qui en résultent fleurissent pour la plupart au printemps suivant. Il en fait aussi quelquefois en février; dans ce der- — 66 — nier cas, les graines sont un mois à lever et le jeune plant fleurit en octo- bre; il continue de donner des fleurs pendant l'hiver, jusqu'au mois de mai; dans tous les cas, on préfère les semis faits en juillet. M. Pelpel, dans un immense semis, n'obtient en général qutin pour cent de Heurs bien pleines, soit 10 pour mille de plantes extra. Les fleurs dou- bles, dont les organes sexuels se sont transformés en petits pétales (bdquil- lons), sont toujours stériles et l'on ne peut les multiplier que par la division des pattes. Il arrive quelquefois que l'on obtient des plantes à fieurs semi- doubles. Comme elles donnent des graines fertiles, certains amateurs, lors- qu'elles ont une bonne tenue et de belles couleurs, les préfèrent comme porte-graines. Les Anémones peuvent passer plusieurs années en terre; mais les pattes se flétrissent et s'appauvrissent à ce point que la floraison diminue successivement. Il est donc bien préférable de les arracher chaque année, lorsque les feuilles commencent à se flétrir. Par ce moyen, M. Pelpel obtient des pattes plus saines et mieux développées, ce qui lui donne en outre le temps de préparer le terrain pour une nouvelle plantation. Cette opération doit être faite en septembre ou dans les premiers jours d'octobre. On plante en rayons, en recouvrant chaque division [cuisse) de 4 centimètres de terre. Lorsqu'elles sont en place, le feuillage commence à se montrer à la fin d'octobre ou au commencement de novembre. Quoique indigène d'une contrée chaude, la culture a tellement modifié le tempérament des Ané- mones, qu'elles supportent très bien 8 à 10 degrés au-dessous de zéro ; elles ne craignent que le verglas. Dans ce cas, il faudrait les garantir avec un peu de paille ou des toiles. MM. Pelpel et Boisduval ne les ont jamais fait abriter pendant les froids de ces dernières années et elles n'en ont jamais souffert. Depuis douze années que cet habile horticulteur fait des semis, il a obtenu environ 1200 variétés à fleurs bien doubles, dont il peut aujourd'hui présenter 1000 exceptionnelles, toutes extra belles par leur forme parfaite, leur coloris et leur baguette (hampe) forte et solide. M. Pel- pel croit que ces jolies plantes, lorsqu'elles sont jeunes, peuvent réussir partout, pourvu qu'elles rencontrent une terre de bonne nature, ayant du corps, ce qui n'est pas le cas pour les terrains de Paris, où la terre est beaucoup trop légère et trop perméable. Outre les Anémones à fleurs pleines, il y en a une immense quantité à fleurs simples qui offrent les plus brillantes couleurs et qui sont souvent d'excellents porte-graines. J. Lebert. GLAÏEULS NOUVEAUX. Les successeurs de M. Souchet mettent chaque année au commerce un petit nombre de variétés hors ligne, choisies dans des semis innombrables. Cette année encore, MM. Vilmorin et Verdier mettront en vente une douzaine seulement de plantes de premier rang venant de cette source. Nous ne pouvons trouver place ici pour leur description in extenso et nous nous contenterons forcément de signaler leurs noms et leurs nuances dominantes. — 67 — Blandina. Blanc, très légèrement carné, très pur. Carnation. Blanc carné bordé carmin, maculé pourpre. Chloris. Blanc carné boi'dé rose, flammé et maculé carmin. Cicéron. Rose foncé teinté cramoisi, flammé carmin, gorge blanche. Daubenton. Lilas clair il bords rose vif flammés, carmin, lignes blan- ches et macules violettes. Démosthône. Rose vif flammé carmin foncé, lignes blanches, macules violettes. Diamant. Blanc carné nuancé d'incarnat, maculé et ligné carmin, gorge blanche. Joconde. Rose cerise bordé plus vif, gorge blanche. Mignon. Rose clair au centre, plus vif au bord, et légèrement maculé carmin. Panovanea. Rose lilacé, lavé de blanc au centre des pétales et à la gorge. Plutarque. Cerise, flammé plus vif, stries carmin sur fond blanc. Zampa. Rose frais, plus vif aux bords, flammé et maculé carmin et violet. > mtm < MELANGES NUTRITION DES PLANTES AERIENNES. Un article publié dans ce journal pendant mon voyage en Amérique (page 105, juin 1S76) appelait l'attention sur la nutrition artificielle des plantes aériennes dans les serres. On y citait le fait que M. Ed. Morren a rapporté au Congrès botanique de Bruxelles, à savoir qu'il nourrissait les Broméliacées de sa serre au moyen d'un morceau de carbonate d'ammonia- que dont l'évaporation saturait l'atmosphère et donnait à ses plantes la meilleure santé. Je suis allé récemment à Liège étudier avec M. Morren mes Bromélia- cées récoltées en Colombie, dans l'Equateur et au Pérou. J'ai vu sa serre. La vigueur de ses plantes m'a frappé. Il y a là une véritable trouvaille. Suspendues à des fils de fer et traitées comme de véritables plantes aériennes, de nombreuses Broméliacées végètent ù merveille et fleurissent à profusion dans ce charmant petit réduit. Un délicieux Anoploplujtum épanouissait pour la première fois, au moment de ma visite, ses fleurs bleu tendre serties dans un écrin de bractées roses. Le Tillandsia aryentea, le vrai, le grand, prospérait suspendu à son fil ; l'autre forme plus grêle, ainsi que les T. bulbosa, pruinosa, setacea, reairvata, et bien d'autres, floris- saient chacun sur sa bûchette, sans autre nourriture que la vapeur d'eau et les émanations répandues par un petit morceau de carbonate d'ammoniaque placé sur une tablette dans un coin de la serre. D'autres Broméliacées, très nombreuses, toutes vigoureuses, des Aroï- dées, des Orchidées, sont mélangées dans un désordre savamment combiné, et ce petit coin de forêt vierge artificielle donne les plus vives satisfactions à son heureux possesseur. Tout est planté sur des matériaux poreux, pier- — 68 — res meulières où s'accrochent des Mousses et des Hépatiques, plaques de liège, morceaux de bois en écorce, etc., de manière à ce que la surface absorbant l'eau des seringages soit considérable et que ces corps, mauvais conducteurs, gardent toujours une forte proportion d'humidité qu'elles per- dent peu à peu par le refroidissement nocturne. Cela .se passe ainsi au grand profit de la végétation des plantes que cultive M. Morren. Il repro- duit pour ses chères Broméliacées leur climat naturel. En effet, on se trompe le plus souvent sur la station favorite des Broméliacées sous l'Equa- teur et les Tropiques. On les croit habitantes de la région chaude, presque exclusivement. Il n'en est rien. La grande majorité des espèces appartien- nent à la zone tempérée froide, entre 2500-3500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce sont même les plus brillants feuillages qui se rencontrent à ces altitudes. A la région chaude des terres basses appartiennent les Billbergia, les yEcImea, les Pilcairnia (quelques espèces), les Bromelia, les Guzmannia. Mais la grande tribu des Tillandsiées appartient à la zone tempérée froide. Les Tillandsia, Vriesea, Catopsis, Anoplopliytum, Caraguata y dominent toute la végétation épiphyte. Je les ai vus et admirés dans les Andes, depuis le Nord-Est de la Colombie, jusqu'à la Cordillère centrale et à la région de l'Equateur, principalement dans les montagnes au Sud de Bogota, dans le Quindio, sur les hauts plateaux de Pasto et Tuquerrès, et tout autour de Quito sur les flancs des grandes montagnes volcaniques. Ils ne sont pas moins abondants sur les sommets des Antilles, à Cuba, à la Jamaï- que, à la Trinité, au Venezuela, partout où l'altitude est considérable. A ces hauteurs, des brumes perpétuelles baignent la cime des arbres rabougris que les Broméliacées revêtent de leurs magnifiques rosettes de feuilles vert tendre et brillant, ou teintées et rayées de rouge. De superbes inflorescences, à bractées rouges ou orangées, s'élancent du centre de ces coupes élégantes toujours pleines d'eau et qui servent bien souvent à étan- cher la soif du voyageur (i). Les formes diverses sont si abondantes dans certaines régions, que j'ai trouvé plus de 25 espèces de la seule tribu des Tillandsiées dans un rayon de 20 lieues autour de Bogota, c'est-à-dire de cette ville à Villavicensio, vers l'Est, et à Fusagasugâ-Pandi, vers le Sud. Les fréquents orages qui répandent des torrents d'eau sur ces hauteurs saturent l'atmosphère de nitrate d'ammoniaque, très favorable au développement rapide de cette végétation aérienne. Il faut donc connaître les conditions natales dans lesquelles vivent les plantes pour les cultiver avec plaisir et profit. Je crois que rien ne serait meilleur, pour atteindre ce but, que des descriptions exactes faites par les voyageurs mêmes qui les ont recueillies. Mais c'est malheureusement l'ex- ception jusqu'ici, et la culture, faute d'indications précises, doit rester forcément dans le tâtonnement et l'empirisme. Ed. André. (1) Quand l'eau vient à manquer le soir, au canipcmenl, pour faire le locro ou le sancocho, soupe grossière de pommes de terre, on renverse l'eau des Broméliacées dans la niarniitc, en la passant sur un linge grossier, et la viande sèche et les bananes cuisent ainsi dans ce jus des araignées, scorpions et nioustii]ues qui oui trouvé la mort dans ce réservoir v('gétal. — 09 — CHRONIQUE HORTICOLE. Mai 1877. Monument de Siebold. — Peu dliorames ont mieux servi l'horti- culture (le la première moitié de ce siècle que le colonel de Siebold, par ses vo^'ages au Japon et les nombreuses plantes d'utilité et d'ornement qu'il en a rapportées en Europe. Aussi apprenons-nous avec satisfaction qu'un comité, qui s'est formé sous la présidence de M. le professeur Fenzl, de Vienne, a déjà réuni une somme assez considérable pour ériger un monu- ment à la mémoire du savant voyageur. De l'Allemagne, de l'Angleterre, du Japon même les souscriptions abondent. Nous croyons utile, dans l'in- térêt de cette œuvre de reconnaissance de l'horticulture, de la recommander à nos lecteurs, qui pourront adresser leurs communications à ^I. Fenzl, professeur de botanique à l'Université de Vienne (Autriche). Le monument de Siebold sera élevé a M^urzbourg, sa ville natale. Congrès international de botanique et d'iiorticulture en 1878. — Le Congrès aura définitivement lieu à Paris l'année prochaine, dans l'hôtel de la rue de Grenelle, S'-Germain, 84, sous les auspices des Sociétés de botanique et centrale d'Horticulture de France. L'ouverture en est fixée au 18 août. Sa durée sera de huit jours. On n'a pas encore publié le pro- gramme des questions qui y seront traitées. Nul doute qu'elles embrassent tous les sujets qui intéressent la science et la culture des plantes, y com- pris la rédaction de VHortus Europœus proposé par M. E. Morren. Un nouveau Cotonnier. — Dans une des séances du Congrès inter- national qui vient d'avoir lieu à Amsterdam, M. Delchevalerie, du Caire, a mis sous les yeux de la compagnie des spécimens d'un nouveau Coton trouvé dans un champ de la Basse-Egypte par le Cheik-el-Celed, dans les environs de Chibni-el-Kern. Cette variété est de taille plus élevée, moins rameuse que le Coton ordinaire et ses tiges atteignent 3 mètres de hauteur. La plante s'étant trouvée spontanée dans un champ de Coton oti croissaient des plantes de Gombaud {Hibiscus esculentus), nommé " Bahmieh " en Egypte, les indi- gènes la baptisèrent du nom de Coton Bahmieh. M. Delchevalerie pense qu'elle serait le produit d'une hybridation entre le Coton (Gossypium herba- ceum) et le Bahmieh {Hibiscus esculentus). Quoi qu'il advienne des expé- riences qui sont tentées par lui cette année pour vérifier le fait, ce qu'on ne saurait mettre en doute c'est la fertilité de cette plante nouvelle dont le rendement dépasse de beaucoup celui des autres variétés de Coton et dont la qualité est supérieure. On parlera beaucoup du Coton Bahmieh d'ici à quelque temps dans les pays chauds. Les planches coloriées du Gardeners' Chronicle. — Après le Ganlen, voici que le Gardeners' Chronicle inaugure les planches coloriées de grand format. Son numéro du 5 mai contient une belle Rose obtenue par M. Noble et nommée Queen nfbedders. Nous espérons que cette innovation TOME XXIV. 1877. .1""^ LIVR, — 70 — sera continuée et qu'à tous ses autres mérites le célèbre journal anglais ajoutera celui de devenir une précieuse iconographie végétale en couleur. Orchidées fleuries en Avril. — Nous continuerons à donner de temps eu teuips les listes dos plantes de cette famille qui sont (et non qui ponvraieiU être) en fleurs dans des collections de modeste importance. C'est, à notre avis, le meilleur moyen de former des amateurs que de signaler les jouissances que procurent, à peu de frais relativement, ces admirables et étranges plantes, à. quiconque sait les aimer et les soigner. Voici les noms des espèces en fleurs dans la collection de M. W. Cox, à Moat Mount, Hendon (Angleterre), le 3 avril, d'après une lettre adressée par cet ama- teur distingué au Gardeners Chrouicle. Nous avons déjà cité deux fois les plantes fleuries chez M. W. Cox dans les mois précédents. Angra'ciiin sesquipcdale. Calllpya Triaiue var. — eaiidida. — mulabilis. — cilriiia. Odonloglossum Roeziii. — gloiiosiini. — radialuin niajiis. — Alexandra;. — maculatuni. — cordatuni. — Iriuniplians. — cinliosum. Vanda cœrulescens. — suavis Veilchi. — crislata. Dundrobiiim limbrialuin ocu- latuiii. — crepidaUim. — thyrsinoruni. — deiisifloiuin. — liliiifloiuni. — priniuliiiuiii. — agtîiTgalum. — haihaliilum. — Wardiaimm. — chrysotoxiim. — Paxtoni. — Fanncri. — — auroum. Dendrobium Devoiiianiim. — .Icnkinsii. — Kingiaiiiim. — pulchcllum. — inaciopliylliini. — l'icrai'di. — — lalifoliuiii. — infuiidibuhini. — liclcrocarpiim. — japonicum. — capillipes. — crassinode. — iiobile. — Boxallii. Oncidiuni ampliaUini majus. — pliynialocliiluin. — cucullatuni. — sculplum. — barbatuni. — Papilio. — Weltoni. — Pbih'psianuni. — Sarcodes. — pumilum. Lœlia Liiidlcyana. — acuminata. Epidendnini crassifolium. — aroinaticurn. — fragraiis. — rccurvatuin. Epidcndrum dichromum. loiiopsis paiiiculala. Lycaste Harrisoniic. — spec? — Skinneri. Plial:onopsis granditlora. — Schilleriaiia. — amabilis. — rosea. Colax jugosiis. Cyrlopodium Andersoni. Phajus grandiflorus. — Wallichii. Rodiigiiczia sccunda. Brassia inaculata. Maxillaria Icplosepala. — picta. Masdevallia Veilcbii. — Lindcni. — ignea. Millonia cuneata. Cyrtnchiltiin maculaluiii. Cypripedium Argus. — iiiveuni. — birsulissimum. — Schlimi. — llariissonianuni. — vciuisluni. Saccolabium rplnsiiin. La Capucine insectifuge. — M. Belloc a signalé, dans le Bulletin de la Société d'Horticulture de l'Orne, parmi diverses observations sur les plantes insectifuges, ce fait que la Capucine {Tropœolum niajus) plantée au pied du Pommier en éloigne le puceron lanigère. Il ajoute que le chanvre semé parmi les choux écarte les chenilles, que les tomates empêchent les guêpes d'approcher, et que pour protéger les plants de choux et de navets des altises, il suffit d'y intercaler des fèves. Toutes ces expériences sont aussi simples que bonnes à essayer. M. Jolibois au Jardin du Luxembourg. — Nous apprenons la — 71 - nomination de M. Juiibois, ancien premier sous-chef du Jardin du Luxem- bourg, à la place de jardinier en chef de cet établissement, en remplace- ment de M. A. Rivière, décédé le 14 avril dernier. Le congrès du Phylloxéra. — Une proposition faite par le congrès fédéral suisse invite les pays vinicoles à organiser un congrès international où l'on discuterait les meilleurs moyens de préserver du Phylloxéra les régions encore indemnes et de détruire le mal dans celles qui sont atta- quées. Quand on songe qu'en France seulement 200,000 hectares sont ravagés par cet insecte sur une surface totale de 2,300,000 hectares, que la production du vin fait encaisser annuellement 1,508,000,000 francs, on se rendra compte des pertes immenses que ce fléau impose à la production de ce pays. En 1865, la production totale avait été de 71 millions d'hecto- litres; elle est tombée en 1873 à 35 millions, plutôt sans doute à cause des gelées que du Phylloxéra, mais néanmoins en partie par cette dernière cause. On voit que les viticulteurs ont bien raison de tout épuiser pour arriver à dompter ce terrible ennemi. IJne roche d'origine végétale. — MM. Bureau et Poisson, dans un des derniers numéros des comptes-rendus de l'Académie des Sciences, ont signalé aux botanistes un fait assez curieux. M. de l'Isle, qui accompa- gnait à l'île S'-Paul l'expédition française chargée d'étudier le passage de Vénus sur le soleil, trouva, à l'ile de la Réunion, une caverne dont le sol, sur plus d'un mètre d'épaisseur, était formé d'une substance jaune, pulvé- rulente et inodore. L'examen microscopique a montré à ces messieurs que les petits corps qui composaient cette masse appartenaient à des spores ou des grains de pollen et probablement aux spores d'une Polypodiacée. Importation d'oiseaux en Nouvelle-Zélande. — Un navire anglais vient d'emporter dans la Nouvelle-Zélande une collection d'oiseaux vivants composés de 100 merles, lOOi'ouges-gorges, 100 grives, 150 moineaux, 100 étourneaux, 140 linottes, 260 chardonnerets, 170 bruants et 110 perdrix. Ces oiseaux seront mis en liberté sur plusieurs points du territoire néo- zélandais et les colons espèrent ainsi s'adjoindre des agents insectivores et par conséquent protecteurs de leurs récoltes, de plus en plus compromises. Rose Beauté de Glazenwood. — Cette variété figurée parle Floral Maijaz-iiie et vantée comme une chose hors ligne, à raison de son coloris jaune d'or zébré de rouge, est l'objet de vives critiques de la presse horticole. On prétend que le vendeur, M. "Woodthorpe, le rosiériste de Glazenwood, s'est rendu coupable d'avoir livré une plante sur laquelle on ne retrouve pas les panachures rouges indiquées, et qui ne seront que l'ancienne rose javne de Fortune. Elle est mise au commerce cette année ; nous attendons une nouvelle épreuve pour nous prononcer, après l'avoir vue eu fleur, ce qui ne tardera pas. NÉCROLOGIE. M. A. Rivière, jardinier en chef du Jardin du Luxembourg, à Paris, est mort le 14 avril dernier, à l'âge peu avancé de 56 ans. Cette perte sera vivement ressentie par l'horticulture française, où M. Rivière avait su con- — 72 - quérir une position importante par son savoir et les services qu'il rendait chaque jour. Il avait succédé au Luxembourg au vénérable M. Hardy, dont il continuait les traditions comme professeur d'arboriculture, en même temps qu'il se livrait à ses études favorites sur la culture des Orchidées. M. Rivière était l'Ame de la Société centrale d'Horticulture de France par les intéressantes communications qu'il faisait à presque toutes les séances. Une foule sympathique se pressait ;ï ses obsèques. Il laisse la mémoire d'un travailleur infatigable, d'un jardinier de grande intelligence, et d'une vie tout entière consacrée à la science des jardins. M. BouRGEAU a été l'un des collecteurs de plantes sèches les plus remar- quables de ce temps-ci. Les voyages qu'il avait entrepris et dont les produits ont enrichi tous les herbiers de l'Europe, comprenaient la France, l'Espagne, l'Asie mineure, les Canaries, les Montagnes Rocheuses et enfin le Mexique, qu'il a exploré en compagnie de la commission scientifique française. M. BouRGEAU, qui avait été nommé chevalier de la Légion d'Honneur après cette dernière campagne, s'occupait du rangement de ses collections au Muséum d'Histoire naturelle lorsque la mort est venue le surprendre, en février dernier. On nous annonce aussi la mort de M. Schi'lz, de Wissembourg, bien connu par sa publication d'un Herbarium normale, qui avait répandu dans les collections de nombreuses espèces bien nommées des plantes allemandes et françaises, et celle de l'amiral Wilkes, qui avait dirigé avec talent les ex- plorations scientifiques organisées à plusieurs reprises par l'amirauté des Etats-Unis d'Amérique. M. FoREST, arboriculteur très apprécié à Paris, ofi il avait longtemps donné des leçons pi-atiques de taille des arbres indiquant un savoir étendu, est mort le 19 mars dernier, à 82 ans. Il était très dévoué à l'horticulture et avait rendu des services pendant de longues années, non-seulement au comité d'arboriculture de la Société centrale de France, mais encore par ses cours à une infinité de propriétaires, amateurs, qu'il a guidés de ses conseils et de son exemple. Cet honnête homme, dans sa rude franchise, était d'une activité qui n'était égalée que par son désintéressement, et sa mémoire restera longtemps chère aux horticulteurs. M. le docteur Rodigas, père de M. Emile Rodigas directeur actuel du Jar- din zoologique de Gand, vient de s'éteindre à S*-Trond (Belgique), à l'âge de 76 ans. Ancien professeur de botanique et d'agronomie à l'Ecole normale de l'Etat à Lierre, vice-président du Cercle d'arboriculture de Belgique, docteur en médecine, M. Rodigas a enrichi nos jardins d'une quantité de variétés et d'hybrides de plantes d'ornement de plein air, dont la liste, publiée récemment par son fils, dépasse le nombre de cent. Ch. Morren et Van Houtte faisaient jadis de lui le plus grand éloge. Sa vie s'est écoulée sans bruit, mais en répandant le bieii sur ses pas. Il était aimé de tous ceux qui le connaissaient et l'on peut ilire de lui : transiil benefaciendo. Nous nous associons de tout co'ui' aux regrets de son digne fils, de sa famille et de ses amis. Ed. André. (>)e 'panntmaeker, ad. ruu./ma ùif(orLo £cnd. DENDROBIUM WARDIANUM. Wakner. JCinden,! '^ — 73 — PI. CCLXXVII. DENDROBIIJM WARDÏANUM, mm. OENDROBE DE WARD. Orchidées. KTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir lllusiv. horlic, vol. I, pi. 15. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES: caules (v. pscudo-buibi) elongati , nodosi, ccrnui; folia ohlongo-laiiccolala acula; flores niagiii , conspicui, lohis albis apice roseis, scpalis ovalo- oblongis marginibus rellexis, quam pelalis aiigustioiibus, labollo subiiil'uiulibulari apice obliiso vix emarginato macula rosea nolato, marginibus albis, e ceiitro ad imam taucem auvoo maculis duobus roseis; coluiniut....1 — Ex Assam (liidia) in caldaiiis cl. T. Wardii Londineiisis iiitro- ductum. — Partim ex icon. prseseiU. desc. — E. A. Dendrobium Wardianum, Warner, in Jcinniit/'s Orrliids, t. 2. Cette belle espèce a été envoyée de 1" Assam (Inde orientale) au célèbre amateur anglais M. T. Ward, chez qui M. Warner la vit fleurir et la dé- crivit après l'avoir dédiée au riche collectionneur qui la possédait. Elle est remarquable par la grandeur de ses fleurs nombreuses et du plus beau coloris. Sur des tiges longues et noueuses, penchées à l'état adulte, les feuilles, oblongues lancéolées aiguës, se montrent en petit nombre. Les fleurs ont leurs divisions blanches, avec l'extrémité couleur magenta. Le labelle, très brillant, est maculé de cramoisi et d'orangé. Ces nuances vives placent le D. Wardianum parmi les espèces du genre qui seront le plus recherchées des amateurs. La serre chaude humide conviendra à cette plante, comme à presque tous les Dendrobes, si l'on prend le soin de la faire passer dans une serre tem- pérée ou froide après la floraison. Elle y perdra bon nombre de ses feuilles, mais les tiges se nourriront, s'aoùteront, se gorgeront de fécule et la réserve de nourriture ainsi accumulée lui permettra de donner une autre brillante floraison, quand en mars suivant on la replacera dans une serre pleine de chaleur et d'humidité. Dans ces derniers temps, on a beaucoup parlé en Angleterre du Dendro- bium Wardianum, à propos de récents envois de cette espèce, dont les spé- cimens montraient des tiges beaucoup plus épaisses que les premières plantes introduites. M. W. Swan trouva cette différence que les plantes à grosses tiges portaient des fleurs un peu plus petites avec les deux taches centrales également plus faibles, tandis que M. Ch. J. White fit une obser- vation absolument contraire. La vérité est que la première importation de la plante venait de l'Assam, et les dernières de Burmanie, et que les plan- tes varient, non-seulement de localité à autre, mais suivant les divers échantillons de la même provenance, comme le fait se présente dans les Odontoglossum crispum, les Cattleya, les Miltonia, les Phalcenopsis Scliilleriana, et bien d'autres Orchidées. La conclusion a tirer des discussions qui se sont élevées à ce propos Tannée dernière est que les amateurs auront avantage à choisir eux-mêmes leurs plantes en fleurs. Une variété à fleur blanche de cette espèce (D. Wardianum candidum) a été importée l'année dernière par M. S. Low, et a fleuri pour la première fois en Angleterre dans la collection de M. E. G. Wrighley, à Broadoaks, IJury. C'est une belle addition au type, qui est lui-même une splendide plante. Ed. André. MELANGES. LE GREFFAGE DES VIGNES AMERICAINES. Cette importante question continue à passionner les esprits. Elle a été l'objet d'une intéressante discussion à la séance du 22 février de la Société centrale d'Horticulture, entre M. Laliman et plusieurs membres de la Société. M. Laliman est partisan déclaré de la plantation des cépages américains dans les vignobles aujourd'hui détruits par le Phylloxéra et de leur greffage en variétés asiatiques. Pour lui cette opération se ferait tout simplement en enlaçant un sarment-greffon autour du sujet à greffer; la soudure s'effec- tuerait toute seule, sans incision. A quoi l'on répond qu'il n'y a pas de sou- dure possible sans mettre à nu et en contact la zone génératrice du greffon et du sujet. De plus, M. Duchartre dit que si les cépages européens allaient si bien sur les vignes américaines, depuis longtemps les viticulteurs améri- cains, qui apprécient tant nos raisins, auraient greffé leurs plants indigènes. M. Laliman, qu'on ne prend pas sans vert, réplique que nos cépages ne peuvent résister aux hivers rigoureux et aux étés brillants de l'Amérique du Nord, tandis que chez nous ce danger n'est pas à craindre. Quant à l'objection qui consiste à dire que le sujet communiquerait à la greffe ce goût si désagréable de cassis ou de renard des vignes américaines, il dit que cela n'est pas plus à craindre que de voir un Coignassier donner le goût de coing aux poires ou le Prunier changer la saveur des pèches. Un membre lui oppose cependant des faits qui tendent à prouver l'influence du sujet sur la greffe, comme la poire Beurré d'Hardenpont, qui mollit si on greffe cette variété sur le Beurré gris, lequel porte lui-même des fruits blettissant rapidement. Il ressort de ceci que de longues et nombreuses expériences doivent être conseillées, dans les conditions les plus variées et par des observateurs intelligents et consiencieux, afln de conclure dans ce débat qui intéresse si gravement l'existence des vignobles de l'Europe. J. Lebert. a nntmaekf, m r.: JfuuUn.: BÉGONIAS TUBÉREUX NOUVEAUX. lO PI. CCLXXVIII. BÉGONIAS TLBÉREUX NOUVEAUX, N° 1. Souvenir de Louis Van Houtte. — Variété bien digne de rappeler la mémoire du grand horticulteur. Tiges élancées, feuillage ample, d'un vert luisant faisant ressortir le vermillon vif de la fleur; ses pétales arrondis lui donnent une forme parfaite, campanulée. Les fleurs mâles mesurent jusqu'à 8 centimètres de diamètre. La plante rappelle, par son aspect général, l'ancien Bégonia Presloniensis. N° 2. Benj. "Williams. — Variété à port érigé, à feuilles très épais- ses, couleur rouge cinabre vif. C'est la perfection dans la forme des fleurs : elle se distingue dans la collection d'une manière toute spéciale. N" 3. Meirsschaert. — Le port de cette variété est très remarquable ; les nombreuses ramifications qui se déjettent un peu en tous sens, lui donnent un aspect particulier. Fleurs grandes, roses, à reflet abricot. Les bractées rouge-brun ressemblent à autant de fleurs. La plante est très florifère et présente, outre ces grandes qualités, un ensemble bizarre. N" 4. Fr. Desbois. — Port érigé et élancé, fleurs rose lilacé, irré- gulièrement striées de blanc. Le centre de la fleur est rose à reflet chamois. Cette variété indique un grand progrès accompli dans la duplicature, cer- taines fleurs ayant jusqu'à 12 pétales. N° 5. Comtesse de Gomer. — Forme du Bégonia hyb. carminata. Gi'ande fleur toute blanche, fond nacré, liseré vert encadrant les pétales. C'est une variété qui est appelée à jouer un grand rôle dans l'hybridation des Bégonias en ouvrant la voie aux variétés à nuance claire. — 76 — PI. CCLXXIX. SONERILA ALP. VAN DE SANDE. MÉLASTOMACÉES. KTYMOLOGIE el CARACTKliES GÉNÉRIQUES et SPÉCIFIQUES : Voir Itliislr. hurlic, vol. II, pi. 40. Caractères de la variété. Remarquable par sa vigueur et l'ampleur de ses feuilles ovales acuminées aiguos, qui atteignent jusqu'à 0'", 15 de longueur sur 0"',10 de largeur. Les leuiiies sont vert-noir bronzé, marginées et mouchetées d'un ton blanc de crème. Les fleurs sont roses et ne diffèrent pas sensiblement des autres variétés que nous avons déjà figurées. Cette jolie nouveauté est encore sortie des hybridations faites par M. Lucien Lhiden. Ed. André. -^-•■f»— <- LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. FRUITS ADOPTÉS EN 1876 PAR LE CONGRES POMOLOGIQUE. Dans son rapport sur les travaux du congrès, présenté ù la Société centrale de France, M. Miclielin a continué la revue des fruits adoptés ou rejetés par cette association, ou renvoyés à la commission des études. POIRES. Auguste Mignard (Grégoire). Bon fruit, d'octobre-novembre. Sujet à blétir. Rejeté. Docteur Jules Gtujol (Baltet). Août. Gros fruit à goût de William's; arbre fertile. A étudier. Beurre Fromenlel (Darras de Naghin). Petit fruit, d'octobre-novembre, chair line et fondante. A étudier. Beurré Baltet père (Baltet). Gros fruit turbiné, d'octobre-décembre. A étudier. Beurré Gambier (Belgique). Fruit moyen, d'hiver,- chair fine, fondante, sucrée et parfumée. A étudier. 4iç>f — 77 — Beurré Lebrun d'Albanne (Guéniot). Gros fruit allongé, de septembre, chair fondante. A étudier. Beurré rouge (Grégoire). Fruit moyen, pyriforme, rouge, juteux (sep- tembre). A étudier. Beurré S^-Amand (Belgique). Fruit moyen, de septembre-octobre, chair fine, très bonne. Beurré S pae [Belg^iwe). Rejeté. ' Beurré d'août. Rejeté. Comte Lelieur (Baltet). Assez gros fruit, allongé, de septembre, juteux, sucré, de bon goût. Adopté. Comtesse de G railhj (des Nouhes). Rejeté. Docteur Gromier (Morel). Fruit moyen, forme Bergamotte, d'octobre. Chair fine et relevée. A étudier. Enfant Nantais. Fruit gros, de fin septembre, bon. A étudier encore. Favorite Morel (Morel). Gros ou moyen fruit, allongé, de septembre- octobre. Peau dure, chair fine et relevée. A étudier. Fondante Thiriot (Thiriot). Gros et bon fruit de novembre-décembre. A étudier. Presque adopté. Henri de Bourbon (de Boussineau). Gros fruit, de décembre-janvier, chair fine serrée, juteuse. A étudier. Président Mas (Boisbunel). Très gros, d'hiver, fondant, pas assez connu. A étudier. Prince Napoléon (Boisbunel). Rejeté. Professeur Willermoz (Joanori). Gros fruit d'août, peau fine, chair très fine et très bonne. A étudier. Royale Vendée (des Nouhes). Fruit moyen, plein hiver, chair juteuse et fondante, fine. A étudier et recommander. Sarah (Clapp). Fruit moyen, d'octobre, chair fine, fondante, sucrée et parfumée. A étudier. Souvenir de Lydie (Barras de Naghin). Encore peu connu. A étudier. Suprême Coloma. Fruit moyen, de longue conservation, ovoïde tronqué, chair très fine, musquée, juteuse. Poires mises à l'étude pour la première fois. Bonneserre de S^-Denis (A. Leroy). La Ouintinije (Boisbunel). Grégoire Bordillon. Triomphe de Vienne (C. Blanchet). Belle d'EcuUy (Cuissard et Barret). POMMES. Les Pommes qui ont été maintenues par le Congrès sont les suivantes : Belle de Fumes, Belle de Lippe, Calville d'Angleterre, Double rose, Fay's Russet, Hawthornden, Nonpareille blanche, Pearmain rouge d'hiver, Platt sivett, Pear- main States American (?), Reinette Ananas, Reinette de Middelbourg, Reinette musquée. — 78 — PRUNES. Ont été maintenues les variétés suivantes : FiUlon, Jaune tardive, Mas, Reine-Claude d'Althan. RAISINS. Ont été maintenus les Barbaroux de Provence, Pécou tendre, S'^-Trond (Bas- son). Le Nvir hdtif de Marseille (Besson) a été formellement adopté. D'autres fruits ont encore été signalés au Congrès, qui a décidé que des' études seraient enlreprises sur leur compte. Ceux qui ont été maintenus ont des chances pour être prochainement adoptés. Dans cette session, le Congrès a décerné une médaille d'or à M. Michelin pour les services qu'il a rendus à la Pomologie par son concours assidu aux sessions et les rapports qu'il a rédigés avec soin et persévérance de- puis plusieurs années, P. Erceau. IIOKTICULTURE D'ORNEMENT. SUR LES BROMELIACEES. Les plantes de cette famille, qui autrefois se rencontraient çà et là dans les serres, représentées par quelques échantillons épars d'anciennes espè- ces du Brésil ou des Antilles, passionnent aujourd'hui toute une classe d'amateurs. Ce résultat tient à. diverses causes : la beauté de leur feuillage, leur port régulier, leur floraison le plus souvent brillante, la solidité de leur tissu, la facilité de leur culture. Il faut ajouter que depuis peu d'années des introductions nouvelles de premier ordre ont eu pour résultat d'aug- menter le nombre des amis des Broméliacées. Toutefois, je les trouve trop rares encore. Je voudrais entreprendre une croisade, si j'avais une autorité suffisante en cette matière, en faveur d'une famille de plantes qui est devenue l'objet de ma prédilection depuis mon retour d'.\mérique. On trouvera l'explication — j'allais dire l'excuse de ce goût nouveau — dans les lignes qui vont suivre. Lorsqu'on part pour ces contrées lointaines oii la nature a déployé toutes ses largesses et ofi la végétation a établi son quartier-général — j'ai nommé les régions équinoxiales de l'Amérique du Sud, qui ont fourni à Humboldt des descriptions enthousiastes, — on se fait naturellement une idée préconçue de l'aspect que les plantes déjà connues de nous doi- vent prendre dans l'ensemble et dans le détail du paysage. Parmi ces tableaux, l'esprit se représente volontiers celui que produisent les Broméliacées, que tous les voyageurs nous ont décrit comme des épiphy- tes pour la plupart et que nous nous figurons, ornant les troncs des arbres de leurs rosettes luisantes et de leurs épis colorés. Eh bien ! la réalité est ici bien au-dessus de la fiction, et l'imagination ne saurait donner l'idée de l'aspect que les Broméliacées impriment au paysage dans ces régions enchantées. Autant j'ai été désillusionné sur — 79 — l'effet d'ensemble produit par les Orchidées, autant les Broméliacées m'ont ravi. Cependant j'allais plein d'ardeur à la chasse de ces curieuses et belles fleurs de la famille des Orchidées, que j'aimais avec passion et com- mençais à étudier depuis quelques années. J'étais parti très disposé à me rassasier de leur étrange beauté; je m'étais dit que peu de botanistes en Europe s'occupaient de cette difficile tribu, qu'il fallait surtout aller les apprendre sur place, recueillir un grand nombre d'analyses et sécher toutes les espèces possibles, afin de mettre en œuvre au retour de précieux matériaux. J'avais d'ailleurs à introduire vivantes des espèces connues et demandées et à en chercher de nouvelles. Mais je m'attendais à voir le plus grand nombre des Orchidées croissant de compagnie, formant d'énormes touffes, de véritables prairies de bulbes et de fîeurs éclatantes. En me rappelant l'aspect que pi-ésentait une serre de M. Linden, alors que j'y décrivis et nommai avec lui le Caltleya Chocoensis, représenté par 500 exemplaires tout couverts de fleurs, je me figurais trou- ver communément des spectacles de ce genre dans la Nouvelle-Grenade, l'Equateur et le Pérou. Ce fût tout autre chose que je rencontrais Çà et là, sans doute, de bril- lantes fleurs et de superbes spécimens de Caltleya, d'Odontoglossum, à'Oiici- diuin, de Maxillaria, de Sclwmbunjlda, A'Epidendrum arrêtaient mes regards par leurs brillantes couleurs et formaient parfois des masses imposantes. Mais c'était l'exception. La plupart des échantillons étaient isolés, comme sporadiques, perdus dans la végétation dominante. Le plus souvent leurs couleurs étaient ternes, effacées, agréables à voir de près, mais sans intérêt pour l'ensemble. Même les plus grandes formes, les fleurs des Cattleya Trianœ, labiata, Chocoensis, Bogotensis, que je revoyais dans leurs sites natals, ne me produisirent nullement l'eff'et que j'avais rêvé. J'eus d'abord quelque difficulté à m'expliquer ce phénomène, assez naturel cependant. Dans nos serres d'Europe, nous sommes habitués à contempler les Orchi- dées à quelques décimètres de nos yeux, à hauteur d'homme, à scruter leurs détails, à en savourer les étranges combinaisons florales. Leurs fleurs sont souvent hors d'échelle avec le développement de leurs pseudobulbes et de leurs feuilles. Nous les plaçons dans des serres spéciales, où rien ne rappelle les vastes dimensions de la végétation qui les accompagne dans la forêt vierge. Au contraire, lù-bas, elles sont noyées dans un monde de feuillages géants ou bizarres d'Aro'idées surtout; elles s'accrochent à l'embranche- ment de branches grosses comme des tonneaux, couvertes déjà d'une forêt d'autres parasites; elles sont souvent haut perchées, sur un rocher ou sur un tronc élevé. Chacune n'est qu'un point dans l'effet généi^al. Un exemple : j'étais un jour à la Paila, dans le Cauca, où croît le Catlleija Chocoensis. Ses belles fleurs apparaissaient à la fourche d'un grand Ficus, mais elles reposaient sur un fond de feuillage d'un Philodendrum géant. Elles me parurent minuscules, et j'aurais cru à de simples fleurs d'Oncidium si je ne les avais fait tomber avec une perche et examinées à loisir à mon niveau. Il n'en est pas de même avec les Broméliacées. Souvent elles envahissent tout un paysage; elles l'occupent tout entier, se rendent maîtresses de — 80 — l'attention du voyageur et s'imposent aux regards dans une uniformité qui ne fatigue jamais. Les arbres en sont remplis, qu'ils soient vivants ou morts. Leurs toufTes se pressent, s'appliquent étroitement autour des troncs et des branches, les envahissent de leur progéniture sans fin, les escaladent et vont se poser triomphantes sur les derniers rameaux, que leurs rosettes pleines d'eau font courber sous leur poids ! Le vert lustré de leurs longues feuilles creusées en canal est le plus souvent pûle, éclairé, chatoyant au soleil, quand il ne se pare pas de zébrures élégantes ou de pourpre vineux. Dans les grandes espèces, comme le Tillandsia paniculata ou le T. ynccoi- des, du centre des feuilles en étoile qui rayonnent et se recourbent avec grâce, s'élance une hampe qui atteint trois mètres et plus de hauteur, étagée comme un candélabre et dominant la cime de l'arbre qu'elle a pris d'assaut et vaincu. Sur les roches arénacées des régions sèches, le T. incarnala forme des tapis d'un gris rougeâtre d'où s'échappent des milliers de petites fleurs roses. Le Guzmaiinia tricolor, à Cartago, règne en maître sur la forêt desséchée et fleurit à profusion dans cette atmosphère ardente. On ne peut s'empêcher d'en faire, au passage, des bouquets qui restent inutiles et que leurs hampes rouges, vertes et blanches rendent charmants. En terre chaude, les Calebassiers {Crescentia Cujete) sont littéralement enguirlandés de ces épiphjtes : Vriesea, Catopsis, Tillandsia surtout, à feuilles d'un blanc argenté dans les T. pruinosa et argenlea, à feuilles gra- minées et à fleurs violettes dans les T. recurvata et les espèces affines. En terre froide, la dernière végétation frutescente est entièrement en- vahie par une surabondance de Broméliacées, des plus brillantes espèces au moins par leur feuillage, et de la tribu des Tillandsiées surtout. Les Pitcaivnia pendent le long des rochers, au-dessus des torrents, avec leurs longues frondaisons vertes sur lesquelles se détachent des épis cocci- nés, blancs ou roses; quelques espèces perdent leurs feuilles l'hiver, au moment de la fleuraison, et sous le nom de •• Cardo « tapissent les roclies schisteuses de leurs curieuses toufi'es hérissées. Sous l'ombrage épais des forêts, au bord des chemins où ils sont employés comme haies, ou dans les vastes plaines {llanos), les Dromelia et les Karatas dressent leurs feuilles redoutablement armées, teintées de rouge au centre quand l'inflorescence va paraître avec ses corolles azurées, noyées dans le centre de la plante et auxquelles succède un fruit parfois comestible. Partout l'Ananas et ses variétés sont à la fois le charme des yeux et le régal du voyageur altéré. Dans la région des brumes perpétuelles, qu'on nomme les Paramos, se trouvent les curieuses espèces du genre Pinja, considérées à tort par les botanistes comme de vrais Pourretia. Leurs troncs deviennent souvent plus gros que la cuisse, leurs feuilles sont armées d'épines féroces, et leur hampe laineuse porte des fleurs bleu d'acier, violàtres ou blanches, suivant l'espèce. Que dire des Billbergia aux grandes bractées si brillantes, aux fleurs gra- cieusement penchées, des HopUipItijtum suspendus comme des pelottes de soie ou de petites touffes de Cypéracées; du Tillandsia Lindeni et de sa variété aux grandes fleurs bleu de cobalt, aux bractées apprimées, rose tendre, si — 81 — abondant sur quelques points de l'Equateur; du T. umeoides qui s'appelle là-bas " barbe des arbres » ou " barbe de vieillard " (barba de palo — barba de viejo) et qui souvent tapisse toute une scène des Andes de ses immenses voiles blanchâtres et tremblants qu'il laisse pendre du haut des arbres ! Partout, une prodigieuse abondance de cette forme végétale, qu'on voit sans cesse, qui n'est de trop nulle part, et qui charme toujours les yeux. Combien d'espèces à fleurs brillantes et à superbes feuillages manquent encore à nos serres ! Dans l'enthousiasme que m'inspiraient ces belles plan- tes, découvrant de nombreuses espèces nouvelles qui avaient passé inaper- çues des autres voyageurs (i), j'essayai d'introduire un grand nombre de types qui manquent encore à nos collections vivantes. J'y ai réussi pour quelques-unes; mais hélas! les facultés germinatives de ces graines soyeu- ses ne se conservent pas longtemps, les plantes expédiées vivantes pour- rissent en route, avant d'arriver à la côte le plus souvent, et j'ai le regret amer de penser que beaucoup de ces belles plantes seront encore cachées aux yeux des amateurs pour de bien longues années. C'est donc mon projet de parler des Broméliacées et de leurs qualités ornementales toutes les fois que j'en trouverai l'occasion, et d'inciter les amis des plantes à les cultiver et à les étudier. Ils trouveront là un délas- sement peu commun et seront aisément récompensés de leurs peines, car peu de plantes demandent moins et donnent plus. Comme exemple des satisfactions que fournissent les Broméliacées à qui s'en occupe avec assiduité, je citerai la collection du D'' Le Bêle, que j'ai visitée dernièrement dans la ville du Mans. Dans un ancien hangar qu'il a vitré, transformé en serre et chauffe par un thermosiphon, cet amateur distingué a réuni une nombreuse famille de ces plantes, et il les a disposées de la façon la plus ingénieuse et la plus artistique. On ne voit pas de pots dans cette serre, qui est divisée en deux compartiments de chaleur inégale, afin de donner aux diverses espèces le degré de température qui leur convient. Toutes les plantes sont appliquées sur des morceaux d'écorce d'arbre, des troncs à demi-décomposés, ou plantées dans du Splwgnuni vi- vant, du plus beau vert. Leur végétation est luxuriante et sans cesse les floraisons se succèdent. Les murs, les bâches, jusqu'aux fermes de la serre, tout est constellé de Broméliacées. C'est l'aspect d'une forêt compacte con- sacrée à une famille de plantes. Pour éviter la monotonie, des Fougères à fines frondes, des Adiantum principalement, des Bégonias variés, quelques touffes d'Orchidées varient l'apparence un peu raide et métallique de ces feuillages, et personne ne songerait à s'étonner de la spécialité qui absorbe toute l'attention du docteur. Qui visiterait cette serre, reviendrait certainement amateur de Bromé- liacées s'il ne l'était déjà. Dans un prochain article, je passerai rapidement en revue quelques gen- res et espèces des Broméliacées les plus saillantes et les plus propres à for- mer le noyau des collections que je voudrais voir répandues dans les serres. Ed. André. (1,1 Les études déjà eutreprises sur celle lamille ont déjà révélé beaucoup de iiouveaulés dans mes récolles sèches. — 82 — EXPOSITION INTERNATIONALE D'HORTICULTURE A AMSTERDAM. Le 12 avril dernier, la grande Exposition internationale que nous avons annoncée à plusieurs reprises s'est ouverte dans le Palais de l'Industrie à Amsterdam et sur les terrains circonvoisins, disposés en deux vastes jar- dins en forme de fer à cheval. Un grand jardin d'hiver, placé au milieu de l'un de ces jardin.s, et flanqué de deux serres basses à double versant, contenait les Palmiers et plantes nouvelles de serre chaude, les Broméliacées, les Echévérias, etc. Des tentes latérales abritaient les Azalées, Rhododendrons et plantes diverses de serre froide. L'intérieur du Palais, décoré seulement de quelques grands spécimens de plantes, et destiné surtout aux fêtes qui ont eu lieu pendant la durée de l'Exposition, était bien loin de présenter le beau coup-d'tinl qu'il nous ofl'rait en 1865. Dans le pourtour de ce bâtiment, on avait placé les produits colo- niaux industriels, tels que coton, tabac, matières textiles, huiles, quin- quinas, envoyés des régions les plus lointaines. Le second jardin était consacré aux plantes bulbeuses, qui étaient ran- gées sous trois tentes et formées de ces vastes collections qui sont l'or- gueil de la Néerlande. Le jury, très nombreux et composé des botanistes et horticulteurs les plus éminents de l'Europe, était réparti en 32 sections. Les présidents de ces 32 sections se réunirent ensuite pour décei'iier les médailles d'honneur aux exposants indigènes et étrangers. A cet effet, ils se divisèrent en deux sections, après avoir choisi pour président général le vénérable professeur Karl Koch, de Berlin. La première section, chargée de décerner les grands prix aux exposants nationaux, choisit pour président M. J. Linden de Bruxelles, et la seconde M. le professeur Karl Koch, déjà nommé. Les l''^" médailles d'honneur pour exposants néerlandais ont été décer- nées : pour amateur, à M. Kluppel, d'Amsterdam, et pour horticulteur, k M. De Groot, à Utreclit. M. B. Williams, de Londres, reçut la première médaille d'honneur comme exposant étranger. Ses apports étaient considérables, d'une remar- quable fraîcheur malgré le voyage, et surtout compris dans les Orchidées, Népenthès, Crotons, Cyclamens et plantes de récente introduction. Dans ces apports, le Diejjenbachia marmorata, de Colombie, aux feuilles marbrées de blanc de crème, " représentant une variété de caricatures, -• selon l'expression de M. Williams lui-même; l'Eranthemitin el Dorado, des lies de la mer du Sud, veiné de vert sur fond jaune ; l'Acalijpha musaica, de la même région, à larges feuilles vert bronzé orabi'é d'orange et de rouge; divers Crolon, Adiantuiii, attiraient surtout les regards. Le groupe de 40 plantes nouvelles et rares, exposé hors concours par M. Linden, constituait une des principales attractions de l'exposition et était fort admiré. Nous citerons \Anthurium Dechardi, à grandes fleurs d'un blanc — 83 — pur, et le Philodendron gloviosum, découverts tous deux par M. Ed. André en 187G et figurés dans l'Illustration horticole; une nouvelle Broméliacée à feuilles en mosaïque d'une beauté sans pareille, le Tillandsia fenestralis et d'autres espèces nouvelles, les gracieux Aralia introduits par lui de la Nouvelle-Calédonie, les nouveaux et splendides Kentia des mêmes ré- gions, etc., etc. M. Lemonnier, de Bruxelles, avait exposé des grands Palmiers et des Broméliacées. MM. Kluppel et Willinck 'W'z'i, d'Amsterdam, avaient de nombreux con- tingents, parmi lesquels les Fougères herbacées et arborescentes ainsi que les Lycopodiacées jouaient le premier rùle. Les collections de S. A. R. le Prince Henri des Pays-Bas étaient fort admirées, surtout les Agaves, Yucca et Dasylirion. Une médaille d'honneur a été reconnue à l'ensemble de ses apports. Le Roi des Pays-Bas avait pris une part très active à l'Exposition et avait tenu à honneur de figurer lui-même comme exposant. Parmi ses con- tingents, nous citerons particulièrement un groupe de magnifiques Oran- gers d'une grande fraîcheur, une collection remarquable à' Amaryllis, deux collections de plantes fleuries de serre en grands exemplaires, deux collec- tions d'Azalées, etc., etc. Les Maranta de M. Tjenk, d'Amsterdam, de dimensions gigantesques, étaient fort remarqués. M. de Ghellinck de Walle, dont le jardinier, M. Van Herzeele, cultive avec tant de succès les Cycadées, avait envoyé de Wondelghem, près Gand, une belle collection de ces plantes, parmi lesquelles se trouvaient toutes les nouvelles introductions. Les Broméliacées étaient bien représentées par M. Van den Wouwer, d'Anvers, et les Azalées et les Rhododendrons par M. Vuyisteke, de Loochristy, près Gand. Non moins remarquables les lots de Dracœna et de Maranta de M. D'Haene, sans cependant atteindre à la perfection de culture que nous avons vu ailleurs pour ces spécialités. M. De Smet collectionne les Echeveria et avait exposé une série de variétés obtenues par lui. Parmi les Azalées dites de l'Inde, de beaux lots avaient pris place sous les tentes, mais elles n'égalaient pas ce que nous sommes accoutumés à voir en Belgique. Dans les variétés nouvelles, le Souvenir de VanHoutte, semis de M. Jean Vervaene, le Prince Bariatinski, le Freihern von Stein étaient les plus saillantes. M. Ottolander, de Boskoop, le célèbre pépiniériste, exposait de superbes lots de Conifères formant une des collections les plus complètes qu'il soit possible de voir, sans parler de ses 250 espèces ou variétés de Houx. Quelques plantes du Japon, dont plusieurs rares sinon nouvelles, prove- naient de l'ancien établissement de feu Siebold à Leyde. Les Camellias et Rhododendrons formaient de beaux groupes, sans rien présenter d'extraordinaire, ni comme nouveauté, ni comme force de spé- cimens. — 84 — Les Cinéraires bleu foncé naines de MM. Vilmorin, de Paris, ont été l'objet d'une distinction particulière, bien due aux obtenteurs de cette magnifique variété. Mais c'est aux plantes bulbeuses que nous attendions les Hollandais. Les Jacinthes ont été à la hauteur de leur vieille réputation. Culture en pots, culture sur carafes, tout a été également parfait. M. Krelage, de Haar- lem, a tenu fièrement sa place. Le triomphe de ces concours a été celui de douze potées contenant chacune 10 Jacinthes de la même variété. Le coup-d'œil en était éblouissant et a laissé le plus agréable souvenir au public. On pouvait noter, parmi les variétés les plus méritantes exposées dans les divers concours : Crinoline, rose; Dandy, cerise; Clteruh, orangé; Mac-Mahon, bleu foncé; Marquis o[ Hallington, violet; Rake, bleu; Oplima, violet; M. Ilobken, rose; Thorwaldsen , bleu clair; Duc de iMalaUojJ, jaune pâle rayé rose ; Joséphine, cerise; Incomparable, cerise; la Franchise, blanc rosé; Mar\j ofScolland, bleu; la Grandesse, blanc. Les quarante variétés ^'Amaryllis de M. Schertzer, de Haarlem, méri- taient toute louange, notamment la variété Volupté, rose vineux; Mahomet, rouge minium; Jeune amie, rosé; Hœndel, carmin panaché blanc. Les Tulipes étaient admirables, mais ne nous ont rien présenté de nou- veau. Les frais faits pour cette immense exhibition, où plus de 400 exposants ont dispersé leurs efforts dans 500 concours, ont été considérables. Le gou- vernement hollandais seul avait donné une subvention de 60,000 fr., et la ville d'Amsterdam, la province, le Roi avaient suivi cet exemple. On a prétendu que l'ordre ne brillait guère au début de l'Exposition. Mais quand on songe aux difficultés d'une pareille organisation dans une saison encore si peu avancée, on est plein d'indulgence pour les commissaires. Nous prions ceux qui n'ont jamais organisé d'exposition horticole de leur jeter la première pierre. Peut-être seulement trouvera-t-on que ces solennités se répètent trop souvent et que le public, comme les horticulteurs et les simples jurés, se fatiguera de ces tournées annuelles dans toutes les régions de l'Europe qu'ils ont déjà visités dans de semblables circonstances. A. Ducos. BIBLIOGRAPHIE. Fragmenta phytographiae Australise, par le baron F. von Mueller [}). — Quatre parties du 10" volume de cet important travail vien- nent de paraître. L'infatigable botaniste de Melbourne y ajoute des Contri- butions à la flore de Tasmanie, un troisième fascicule de ses Descriptive notes on Papuan plants, etc. (1) Broch. in-8«. Mclbouriio, 1877. — 85 — CHRONIQUE HORTICOLE. Juin 1877. Sir Joseph Hooker. — Jamais distinction ne fut mieux méritée que celle (jui vient d'èlfe conférée à l'illustre directeur des jardins de Kew. Le docteur Joseph Dalton Hooker vient d'être anobli par la reine d'Angle- terre. Il est créé chevalier-commandeur de l'ordre de l'Etoile de l'Inde et signera désormais sir Joseph Hooker. Connu et honoré du monde entier par ses immenses travaux de botanique descriptive, le D'' Hooker était célèbre, tout jeune encore, par ses voyages lointains, d'abord au pùle antarctique, et plus tard à l'Himalaya, d'où il rapporta tant de merveilleuses plantes, enfin par son exploration au Maroc avec MM. Bail et Maw. Il est direc- teur du plus vaste jardin botanique du monde. C'est un de ces infatigables pour lesquels vivre c'est produire. Aussi tous ses amis seront heureux de le voir enfin porter un titre semblable à celui de feu son père, sir "^^il- liam Hooker, dont il a continué et étendu la gloire scientifique. Floraison de TAcer palmatum atropurpureum. — On sait combien est difficile la propagation de ces charmants Erables du Japon, à feuilles laciniées ou colorées. La variété ci-dessus vient de fructifier chez MM. Croux, à Aulnay, près Sceaux (Seine). Espérons que les graines seront fertiles et produiront de nombreuses jeunes plantes et même des formes nouvelles. Eulalia japonica zebrina. — Au lieu d'avoir les panachures longi- tudinales comme dans la première variété introduite dernièrement du Japon, celle-ci, que vient de décrire le Gardeners' Chronicle, présente des stries transversales, alternativement blanches ou jaunes et vertes. L''Aria Hostii. — Cette espèce peu connue, dont la Revue horticole vient de donner une planche coloriée et une description, est une belle espèce d'Alisier à fleurs roses fort peu répandue, bien qu'on lui connaisse les synonymes de Pinis Sudetica Tsch., Sorbus arioides Mich., Sorbus aria /3 Sudetica L., Crntœgus pseudaria Spach, Cralœgus Hostii enfin de MM. Simon Louis, de Metz, qui ont propagé l'espèce. C'est une bonne acquisition pour la dendrologie ornementale. Hodgsonia heteroclita. — M. J. Linden vient de mettre au com- merce cette Cucurbitacée extraordinaire, originaire de l'Himalaya, et qui a été déjà décrite et figurée dans son Catalogue illustré du printemps de cette année. Les Anthurium Dechardi et Philodendron gloriosum. — Ces deux Aroïdées de mes introductions colombiennes ont eu le malheur de ne pas gagner le suffrage du correspondant d'un journal anglais, qui déclare qu'elles ne deviendront pas populaires. Laissons les plantes parler pour elles-mêmes et tâchons de ne pas les juger sur déjeunes échantillons d'un développement très incomplet. Rappelons-nous ce qu'était VAnlliurium Scherzerianum quand le Botanical Magazine le représenta, en 1863, avec TOME XXIV. 1877. 6"!' LIVR. — Su — une spathe gi-osse comme le bout du doigt! J'ai décrit mes plantes sur des spécimens adultes, dans leur station natale, en toute sincérité. On ne peut les juger que dans des conditions de développement identiques, ce qui sera le résultat de la culture. Je dois cependant prévenir les horticulteurs que dans le Plnl. ijhnwi,um se trouvent deu.x variétés, l'une à bande centrale d'un blanc d'ivoire, l'autre à nervure vert pâle ou moucheté de blanc. Cette dernière est inférieure k l'autre; il s'en est trouvé un certain nombre dans les rhizomes impoi'tés. On fera bien de les remplacer par la plus belle variété, ce qui sera facile, en raison de la multi])Iication rapide de cette espèce. Encore l'Abies Parryana. — Nous recevons de M. B. P.oezl la lettre sui\'ante : « Pr.igiio, 8 juin 1877. " Monsieur Ed. André. " Je viens de recevoir la 4"'« livraison de \ Ilhislration horticole, dans laquelle je trouve reproduite, à la page 53, la question de ÏAbies Menzie-Ji Parryana ou A. commulata du prof. Parlatore, que M. Ortgies déclare la même plante. " Je prends la liberté de vous adresser ces lignes pour éclaircir la chose. En 187:^, j'ai trouvé un superbe Abies Menzieùi, planté dans quelques jar- dins à Denver City (Colorado), au pied des Montagnes Rocheuses. Je n'ai pu en trouver des graines dans ces montagnes qu'en septembre 1874, et je les expédiai à M. Ed. Ortgies, de Zurich, sous le nom de Picea Menxiezii argentea. Les feuilles étaient fortes, larges, à pointe si aiguë qu'on pouvait à peine toucher les rameaux avec la main, de même que celles que vous avez vus comme moi chez le prof. Sargent à Brookline, près Boston. J'ai trouvé cet arbre à 5000-6000 pieds d'altitude sur les Montagnes Rocheuses au Colorado. Celui que vous nommez A. Engelmanni se trouve plus au nord(i) dans le territoire de Wyoming, à 6000-9000 pieds; il sera plus délicat en Europe, parce qu'il pousse de trop bonne heure. Au Colorado, il n'y a pas d'autres Abics que concolor, bifolia et Douylnsii. Je ne veux pas décider lequel des deux noms, A. commulata ou Menziezii Parryana, est préférable, mais ils s'appliquent à la même plante. " Nous avons répondu à M. Roezl que 1'^. commulata (Engelmanni) des cultures, correspondant très bien à la description de Parlatore ^j avec ses feuilles recourbées et apprimées et son court mucron inofl'ensif, n'était pas du tout la plante dont il parle et qu'il a vue comme moi à Brookline. Le docteur Maxwell Masters a examiné dernièrement les trois formes côte il côte chez M. "SA^aterer : A. Menziezii, A. commulata {Engelmanni) et A. M. Parryana; il les a trouvées parfaitement distinctes. Il n'y a plus qu'un moyen de clore le débat, c'est que M. Ortgies m'envoie (!) Celte assertion n'est pas exacte. Le docteur Engelmann, en décrivant très en détail VMies Lnr/ftmnm,,, décl.nc f|uo celte espèce croit abondamment dans toute la chaîne des Roclieuses depuis le Nouveau-Mexique jusqu'aux .sources des rivières Columhia et Missouri (Voir Gant Chron. 1865, p. 103ii.) RtovcT. (2) Prodromus, XVl, secl. 2, p. (17. -87 - un rameau de l'arbre issu des graines qu'il a vendues sous le nom d".-l. cuin- mulnla. Si c'est la plante dont j'ai parlé, il lui faudra déclarer qu'il s'était trompé en croyant y voir 1'^. commutata [Engelmanni). Si, au contraire, c'est bien le commutata qu'il a vendu, ce n'est pas ma plante, qui serait alors représentée en Europe par l'unique pied donné par M. Sargent à M. Wate- rer. Tout est là. Nous attendons. Les planches coloriées du <( Garden ». — M. ^^'illiam Robinson, éditeur du journal anglais Tlie Garden, s'est fait une spécialité de figurer eu couleur, — et de la manière la plus élégante et la plus artistique, — les plus jolies plantes vivaces, bulbeuses, alpines, qui sont peu ou mal connues et qui méritent d'être plus généralement cultivées. C'est ainsi que nous lui avons vu successivement illustrer plusieurs espèces de Galantlius, ÏAiiemoite fulgens dont nous parlions dernièrement, le Cypripedium spectabile, magnifi- que Orchidée terrestre, le Rliexia vmjinicu, X Edraianthus pumilio, le Talipa GreUjii, le Géranium armenum, le Phlox suhulala, et tant d'autres. Nous serons heureux de voir M. Robinson persévéï'er dans cette voie qui rendra de grands services à toute une classe d'amateurs devenus trop rares aujour- d'hui. Exposition d'Horticulture à Angers. — A l'occasion du concours régional, la ville d'Angers a ouvert, le 19 mai dernier, une exposition d'horticulture à laquelle il m'a été donné d'assister et qui mérite de grands éloges. Angers est depuis longtemps renommé pour ses grandes pépinières, qui ont porté si loin le renom des Leroy et autres horticulteurs. Mais sa position comme culture de plantes de serre était restée effacée, si l'on en excepte le bel établissement de M. Cachet et quelques spécialités. Cette fois de magnifiques collections se sont révélées et l'horticulture de serre chaude a fait brillamment sont entrée en Anjou. Dans le groupe du jury qui jugeait les plantes de serre et dont j'avais l'honneur d'être président, des lots de Dracœna, comprenant toutes les nouveautés anglaises et belges en magnifiques exemplaires, ont été l'objet d'une vive dispute entre les con- currents, MM. Constant-Lemoine et Charozé. Des collections de plantes à feuillage coloré, de Broméliacées, Marantacées, Aroidées, Palmiers, Orchi- dées, Fougères, appartenant à ces deux concurrents, ont montré que ces cultures auront désormais un centre dans l'Ouest comme elles l'ont déjà dans le Nord et l'Est de la France. Nous applaudissons de grand cœur à ces efforts. Angers a soutenu sa réputation dans les collections d'arbustes de terre de bruyère. Les Rhododendrons de M. Faucillon, — énormes spécimens, — ceux de M. Cachet, de M. L. Leroy, de M. C. Lemoine, étaient surtout remarquables. "Voici les variétés que j'ai notées au passage, anciennes ou nouvelles, ne considérant que la masse et l'éclat des fleurs : Fannij Desnier, Bicotor, Mad. Titiens, Brilliant, Magniftcum, Gloire de Beltevue, Sir John Broughlon, Adolphe Cachet, Everestianum, Michel ^]'aterer, Crjnthia, Tancrède, Braijanum, Catawbieiise album, Princesse Amélie, Annica Brifoijne, Sherwoo- dianum. Prince Eugène, il/"® Masson, Charles Bagley, Reine Amélie, Isaac Newton, Maculatum grandiftorum, Dominique Vervaene, Bijlsianum, Verschaf- felti. Poussin. - 88 — Un semis de M. L. Leroy, nommé Madame Rosenthal, a enlevé tous les suffrages. Ses bouquets du plus beau rose tendre, à très larges fleurs, sont d'un magnifique effet. Au total, très bonne Exposition qui fait le plus grand honneur à l'hor- ticulture angevine et ;\ ses organisateurs. Exposition à Moulins. Les Orchidées hybrides et Ma- dame Marie. — A Moulins (Allier), l'Exposition dernière a été aussi brillante. Les habitudes de ce recueil et surtout le défaut de place ne nous permettent pas de détailler par le menu les concours qui ont été remplis. Mais j'ai à signaler un fait intéressant qui m'est rapporté par un des membres du jury, M. Eug. Delaire, et que j'ai pu constater autrefois de visu. 11 s'agit de la culture des Orchidées, pratiquée par la femme du plus habile horticulteur de la localité, Mad. Marie. Les résultats qu'elle a obtenus par la fécondation artificielle des Phalœnnpsis sont dignes d'être notés. Le Pli. tjrandijfora, fécondé par le Ph. amabilis, a produit six capsules longues de 12 centimètres, qui présentaient une couleur violacée comme à la page inférieure des feuilles, tandis que sur le Ph. Luddemanniana les capsules, plus grosses, longues de 10 centimètres, étaient d'un vert clair. Nous con- seillons à Madame Marie de persévérer dans ces travaux. Elle réussira sans aucun doute à produire des hybrides remarquables, comme l'a fait depuis longues années M. Dominy chez MM. Veitch à Londres. L'Anthurium Andreanum. — Toute la presse horticole a été una- nime à célébrer la beauté de cette nouvelle espèce. On me demande de toutes parts quand elle sera mise au commerce. 11 n'est pas encore possible de fixer la date, le nombre des pieds introduits étant peu considérable. Nous ne pouvons qu'exhorter les amateurs à la patience, en leur faisant espérer que le moment n'est pas éloigné où ils posséderont cet émule de \'A. Scher- zerianum. Les gaz et la végétation. — Dans la séance du 30 avril de l'Aca- démie des Sciences, MM. Vesque et P. Dehérain ont fait reconnaître les résultats suivants de leurs recherches sur l'absorption et l'émission des gaz par les racines des plantes : 1° La plante ne peut exister que si l'oxygène se trouve dans le sol oft plongent ses racines; 2° La quantité d'acide carbonique émise par le racine en communication avec la tige est inférieure à la quantité d'oxygène absorbé par elle; 3° L'acide carbonique du sol n'arrive pas jusqu'aux feuilles pour y être décomposé et fournir le carbone nécessaire à la nutrition de la plante. Ces conclusions sont celles de Gay-Lussac, dont elles confirment la théorie basée sur d'anciennes expériences. Guérison des rosiers chancreux. — Nous lisons dans le Journal of liortiailture que le moyen de guérir les tiges de rosiers quand elles ont des chancres à peu de distance du sol est d'entourer le pied de l'arbuste d'une boîte sans fond que l'on remplit de terre et qu'on tient humide par des arro- sements fréquents. La plaie se ferme, les racines adventives paraissent et le rosier reprend vigueur. Rose beauté de GlazenAvood. — Nos craintes étaient fondées. Cette — 89 — prétendue nouveauté n'est autre chose que l'ancienne rose jaune de Fortune, ainsi qu'il appert d'un jugement rendu par le Tribunal des Roses, siégeant chez M. Cochet, à Suisnes, dûment assisté d'un jury de rosiéristes qui a déclaré M. Woodthorpe coupable, sans circonstances atténuantes, d'avoir remis au commerce, sous un faux nom et avec des descriptions menson- gères, une variété connue depuis longtemps. NÉCROLOGIE. M. V. Eugène Ramey, l'un des employés les plus distingués de la maison Vilmorin-Andrieux & C'*^, vient de mourir, le 17 mai dernier, à l'âge de 43 ans. M. Ramey était un horticulteur et un botaniste instruit; il était moins connu qu'il n'eût mérité de l'être si ses travaux n'avaient été absorbés dans l'immense train des affaires de l'établissement célèbre auquel il appar- tenait et oCi l'on rendait pleine justice à ses talents. M. Ramey avait colla- boré très activement au beau livre intitulé : Les Fleurs de pleine terre. Dans ces derniers temps, il avait publié d'intéressantes notices sur la culture des Sarracénias, qu'il affectionnait particulièrement, et sur d'autres spécialités horticoles. M. Ramey était aimé de tous ses confrères; sa mort préma- turée (il a été enlevé en trois jours par une angine couenneuse) laisse des regrets profonds dans l'horticulture parisienne. M. Pancher est connu de nos lecteurs par ses explorations botaniques dans la Nouvelle-Calédonie. C'est lui dont nous parlions au commencement de l'année 1875 {Illusl. Iwrlic. 1875, p. 5) lorsque nous annoncions l'expédi- tion faite aux frais de M. Linden et dont le résultat a été l'introduction en Europe de tant de belles plantes nouvelles, dont un certain nombre ont déjà été figurées dans ce recueil. Déjà le gouvernement français l'avait envoyé dans cette île, d'où il a rappoi'té au Muséum des herbiers considé- rables. Le nom de M. Pancher est désormais inséparable de la Flore néo- calédonienne. MM. Brongniart et Gris, — tous deux morts aujourd'hui et dont l'œuvre est heureusement continuée par M. Bureau, — faisaient grand cas du soin apporté par ce voyageur aux étiquettes de ses plantes d'her- bier. M. Pancher est mort à Nouméa, à l'âge de 63 ans. Ed. André. Nous lisons dans le dernier numéro de la Revue de l'Horticulture belge et étrangère : « M. Edouard André, le savant rédacteur de Y Illustration horticole, vient d'être l'objet d'une distinction bien flatteuse et bien méritée. A la séance solennelle tenue à la Sorbonne le 7 avril dernier, à l'occasion de la réunion annuelle des savants étrangers à Paris, M. le Ministre remit à notre confrère et ami la décoration d'Officier d'Académie et le félicita publi- quement des résultats, si intéressants pour la science, de la récente explo- ration entreprise par M. André dans l'Amérique du Sud. Nous sommes heureux de nous joindre à tous les journaux horticoles pour lui adresser nos plus vives félicitations. « J. Linden. — 90 — PI. CCLXXX. 1IE)IITELLV GUIANENSIS v.va. PAllAllE, hi. am,iih. hemitélia de parada. Fougères. KTYMOl.OGIE : de iifii, ii moiliis riXtia, développé; probahlcnu'iil d'apiès la forme (lenii-cii'ciilairc, iiiconiplèle, des sores. CAKACTÈKES GKNIÎRIQUES : spnrain/ia rcceptaculo e laler;c vciKC simpliciuscuhi' orto imposlla, .soros suhroniiulos sparsos lorniaïuia. liidusia receplaculo suhtiis iiiserta, cxlrorsum libéra, tandem reclinata. — Filices in America tropica et in Capite Bonie Spei obvisc, caudice sïepissinic arborescente, l'rondibus pinnatis, bipinnatis, tripinnatisvc. Hemitelia, U. lirown, Prodr. l.-iS. — Ci/alheœ spec, Smith, llnndi. lton|il. — lltnilslef/la, l'ri'sl. i>ro jxirlr. CARACTf.nES SPÉCIFIQUES : folin coriacea, mcmbranacea, bi-tripinnata, glabra v. subtiis subliispido-liirsiila; r/tclils basi subulato-paleaceiis, supcrne alatus; pimnilœ scssilos v. petio- lal:e, 7-l"2cenl. lon{;;o, 1-2 cent. lal:e, (il)lunj;o-lanceolat:i' plus minus acuminalic, lobis ovalis obtiisis inle^ris, venis furcatis; sori pauii iiilra vcnaïuni furcas; iiniiliicniin laxiim, varians, basi 2-3 lobum v. ciliatum soros circumdans. Hemitelia guianensis, Hook. Sp. I, p. 31. — le. pi. 6i8. — //. lloaliiKtiuii, Iludk. Sp. p. 31. — //. Scrinloisis, Karst. Flor. Cul. 1. 95. — H. Pnrkeri, Hook. Sp. 1, p. 32. — var. Paradse, Ed. And. — major; frondes S" longae, bipinnalse, glabrse; rachis exa- laliis, albo-lentieollalus ; sort marginales, copiosi. In Cordillcra orientali Nov;e-Granata'. — E. A. Parmi les Fougères en arbre à tronc court, aucune ne dépasse en beauté, parmi celles que j'ai observées dans mon voyage en Amérique, Yllemilelia dont il est ici question. Je l'ai trouvée dans le bassin de l'Orénoque, sur les dernières pentes de la Cordillère orientale des Andes, non loin du Rio Meta. Elle croissait sur les bords d'une petite quebrada nommée " Parada ", il une altitude d'environ 500 mètres au-dessus du niveau de la mer et par 4" 5' de latitude nord. Le tronc, gros et court, atteignant souvent 1 mètre de circonférence, était couvert de racines adventives noires, grêles et rameuses, et, dans les intervalles, d'empreintes cicatricielles larges, subel- liptiques, obtuses par le bas. Les jeunes frondes étaient poudrées d'une furfurescence cendrée, puis devenaient glabres. A l'état adulte, les pétioles étaient robustes, subcylindriques, à sillon médian peu profond, non ailés, nus sur le tiers ou la moitié de leur longueur qui souvent atteignait 3 mètres. Sur cliaque côté supérieur du pétiole on voyait un sillon peu profond dans lequel se trouvaient de longues et étroites lenticelles blan- ches. Dans la moitié inférieure et surtout vers le renflement de la base, ils étaient armés d'aiguillons courts, épars, noirs et parsemés d'écaillés membranacées blanchâtres. X W r Q V ce 1 , ^ < ,;■ > )4 m ''; . co H LJ CD LU - 91 - Les limbes des frondes étaient bipennes, les divisions primordiales pétio- lées et formant de vastes ramifications, de manière à ce que l'ensemble de la feuille donnât une forme triangulaire. Les pinnules, subopposées, sessi- les, longues de 4 à 6 centimètres et plus, large de 1-2, souvent réunies à la base, étaient inégalement dentées en scie dans leur moitié supérieure, un peu falciformes, et plus ou moins allongées aiguës au sommet. Les veines, pennées, saillantes, rameuses fourchues ou divisées dès la base, rejoignaient le bord de la pinnule sans s'anastomoser. L'aspect de cette belle plante dans le paysage est tout-à-fait caractéris- tique. Ses grandes frondes dressées, robustes, hautes de 3 mètres, à texture parcheminée, à larges divisions du plus beau vert, ont une élégance rare. J'en ai coupé plusieurs, de mon macitete, et j'avais peine à en porter une seule sur mon épaule, en sautant de roche en roche dans le lit de la " Québrada Parada -.Autour de moi de grands Brownea (palo de crut.) laissaient voir cà et là leurs fleurs éclatantes, le Deckeria Cornelo élevait à 40 mètres son stipe droit et lisse comme un jonc, couronné de; feuilles et de fruits en grappes tombantes, et soutenu à la base par des arcs-boutans comme un Iriartea, de charmants Geonoina formaient le sous-bois et le sol était tapissé du délicieux Selaginella anceps, dont les couleurs bleuâtres et métalliques étaient du plus agréable eifet. J'ai pu expédier vivants à M. Linden un certain nombre de forts troncs de l'Hemitelia Paradœ, qui sera prochainement livré au commerce. Ed. André. HORTICULTURE D'ORNEMENT. LES PLUS BEAUX LILAS. En dehors des anciens Lilas de Marly, Charles X, de Perse, Varin Sauget et Blanc, l'amateur est embarrassé quand il veut faire un choix des meil- leures variétés, parmi toutes celles qu'on a préconisées dans ces dernières années. Mon ami Ch. Baltet a donné dans le Nord-Est, l'année dernière, une liste de choix que j'aurais certainement reproduite si je n'avais été en Amérique. Je demande la permission de la recommander à nos lecteurs. 1° Variétés à nuances pâles. Alice Mocqueris, lilas carmin |)nipuriii. Charles X, carmin clair. Blanc virginal de Marly, blanc pur. De Croncels, carminé. Carné à grande fleur, couleur de chair. ' Gloire de Moulins, gris de perle. Lilas de Laval, couleur de chair. I 2° Variétés plus foncées. De Trianon, lilas, rouge pondue. 1 Philémon, violet vineux. Madame Kreuter, carmin vif. | Ville de Troyes, violei-pourprc. Ed. André. — 92 — PI. CCLXXXI. AZALEA IMBRICATA. azalée imbriquée. Éricacées. ÉÏVMOLOGIE cl CAU.VCTÉRES GÉNÉRIQUES el SPÉCIFIQUES : Voir lllitslr. hortic, 1870, p. 76. Caractères de la variété. C'est un véritable Camellia pour la duplicature et la forme des fleurs, que cette nouvelle variété d'Azalée dont le nom est des mieux justifiés par la disposition de ses pétales. En eflet, au lieu d'être chiffonnés et péoniformes comme dans les autres Azalées à fleurs doubles, ces organes montrent, dans cette variété, une imbrication bien accusée qui fait d'autant plus ressortir la beauté de la fleur et la netteté de ses stries rose vif sur le fond blanc pur. L'Azalée imbriquée prendra rang parmi les plus jolies plantes de cette tribu. Lucien Linden. HORTICULTURE D'ORNEMENT. HYDRANGEA THOMAS HOGG. J'ai noté pour la première fois cette admirable nouveauté l'année der- nière aux Etats-Unis, où M. Tli. Hogg venait de l'importer du Japon. Mais on ne connaissait pas encore tout son mérite. C'est un Hortensia à fleurs blanc pur dont la floraison est d'une richesse et d'une abondance à défier toute comparaison. Les boules de fleurs sont compactes et de très longue durée. VH. Thomas Hogg est destiné à un grand avenir horticole. Sa multiplica- tion est aussi simple que celle de l'Hortensia et sa culture identique. On peut donc s'attendre à le voir très prochainement dans tous les jardins, où il se montrera le digne rival de 1'//. panimlata grandiflova. Ed. André. e fiannrmaelier, -î -^upati uifiorlo ùad. J.ùniai.fiM. — 93 — PI. CCLXXXII. TUICHOCENTRUM TIGRINLM, um & REiciimcii f. trichocentre a fleurs tigrées. Orchidées. ÉTYMOLOGIE : de ^fii|, rfixôt, poil, et Ktvrfiiv, centre, d'après la colonne à bords ciliés au sommet. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Periunthii resupinati sepala patenlia, sequalia, lihera. Lahcl- linii obovatuni, sessile, cuni column;e inargine eonnatum, basi iu calear longum atlenuatum. Columna brevis, ob nexum cum labello cyatliiformis, margine superiore ulrinque longe ciliata. ÀHlhera postica, ad médium pilosa, bilocularis. Pullhus ccreacci niassœ du;e, caudicula com- muni bifida, opercule glanduke stigmalis rostralo. (Pœpp. End. A'oii. Gen. et Sp. PI. 2, p. Il, lab. 115.) CARACTÈRES SPÉCIFIQUES: sc/ja/n /jcto/oque ligulato-lanceolata acuta ; labMum cunca- tum flabellatum, antice emarginalum, carinis acutangulis gemiuis in basi, carinis elongalis in discuni exeunlibus ternis tomentosis anteposilis, calcari extincloriiformi; columna crassiuscula arrecta, alis parvis laceris erectis. — Crescit in Ecuador. Trichocentrum tigrinum, Lind. et Reiclib. fil. in Gard. Citron. 1869, p. 892. J'ai vu cette plante en 1869 chez M. Linden, quand il venait de la rece- voir de l'Equateur. ' Elle rappelait plutôt un Miltonia qu'un Trichocentrum par ses fleurs étranges et jolies à la fois. Les trois sépales et les deux pétales latéraux étaient jaunes, fortement maculées de pourpre marron foncé. Le labelle, très grand, cunéiforme et échancré, blanc pur avec la base d'un riche violet, à centre jaune, était la partie la plus ornementale de la fleur. L'éperon varie beaucoup en longueur, et parfois même il manque totalement, dans les espèces du genre Trichocentrum. Dans une espèce que j'ai récoltée en Colombie et que je n'ai pas trouvée décrite jusqu'à présent, il est très long et recourbé, tandis qu'au contraire dans le T. tigrinum il a la forme d'un éteignoir et se montre peu développé. Les pédoncules du T. tiijrinum sont courts et uni- ou biflores, et la plante, très régulièrement épiphyte, est ramassée et se reconnaît à première vue, en l'absence des fleurs, au seul aspect de ses feuilles charnues parfois ponctuées de roux. J'ignore à quelle altitude a été trouvée la plante, mais à en juger par l'espèce voisine, que j'ai récoltée à 1800 mètres, ce serait une espèce de serre tempérée. Ed. André. — 94 — Lt JAUlilN lM)T\(ii:il KT Fin ITIKU. CULTURE DU HARICOT DE LIMA. L'automne dernier, comme je parcourais les villes de la ci'ite Est des Etats-Unis d'Amérique, Boston, New-York, Philadelphie, Baltimore, Was- hington, etc., je constatai l'usage général du Haricot dit de Lima (Plia- seolus lunalus), ses dimensions supérieures ù toutes les autres sortes et ses qualités alimentaires de premier ordre ('). De tous les légumes que vous sert la cuisine Yankee, celui-là est assurément le meilleur. Il paraît à chaque dîner, souvent à chaque repas, accommodé au beurre, à la sauce blanche, en salade et d'autres manières. C'est en vert qu'il faut le cueillir et le manger, ou mieux à demi-sec, quand les grains ont acquis tout leur développement et n'ont pas commencé à durcir. Dans cet état ils sont d'un blanc verdàtre et leurs gros cotylédons amylacés sont verts, tendres et très agréables au goût. En revenant en Europe, j'ai appris avec satisfaction que cet excellent Haricot était introduit et que l'on commençait à en préconiser la culture depuis l'année dernière. Mais cette culture est peu ou mal connue; on en est encore aux tâtonnements, et elle est d'autant plus difficile que la plante est originaire des pays chauds et demande un traitement particulier sous nos climats. Il serait inutile de raconter ici comment j'ai vu cultiver ce Haricot dans l'Equateur ou au Pérou. Mais il n'en est pas de même de l'Amérique du Nord, où se retrouvent les climats de l'Europe (ou peu s'en faut) et où les cultivateurs sauront à merveille obtenir un grand produit de cette espèce. Un de mes amis, le savant docteur Thurber, rédacteur en chef d'un excel- lent journal agricole de New-York, the American Agricullurist, m'envoie à ce propos la note dont voici la traduction et que je recommande tout spécia- lement à nos lecteurs : " Ne semez pas le Haricot de Lima avant que le terrain ne soit tout-ù-fait échauffé. Le sol doit être riche, bien fumé. Plantez des rames de 2'", 50 à 3 mètres à l'",50 les uns des autres. En semant, pressez le grain dans le sol, en plaçant l'œil [hile] en bas. Semez cinq grains à chaque rame : quand tous sont levés et bien venants, ne gardez que les trois plus forts. La raison qui doit faii'e placer l'œil en dessous est que les cotylédons sont si gros que si on les pose à plat, il arrive qu'ils ne peuvent pas soulever la terre au- dessus d'eux et pourrissent sans lever. Quand les tiges s'allongent, parfois elles ne rencontrent pas la rame et courent sur le sol; il faut alors les aider à trouver le support. Quand elles ont atteint le sommet, pincez les extré- mités pour les faire ramifier. (1) Celte espèce n'est pas originaire du Pérou, comme le nom de « Lima bean », sou.s lequel elle est comme aux Étals-Unis, pourrait le faire croire. Elle a été importée des Indes orientales d'abord dans l'Amérique du sud, avec une foule d'autres plantes alimentaires qui prospèrent dans le Nouveau-Monde quand elles retrouvent un climat analogue à celui de leur pairie. — 9.-) — •> Vous savez que les gousses de cette espèce ne se mangent pas comme celles d'autres Haricots, et que les grains seuls sont comestibles. Ils sont à leur point lorsqu'après leur entière croissance, les gousses sont pleines mais vertes encore, sans avoir commencé à jaunir. Nous mangeons aussi les grains en sec pendant l'hiver, mais ils demandent une cuisson prolongée, et ne valent jamais les Haricots jeunes et tendres. » Telle est la note de j\I. Thurber, dont nous le remercions. Ces quelques lignes suffiront pour recommander la culture du Haricot de Lima, que l'on pourra désormais se procurer chez les principaux marchands de graines de l'Europe. Ed. André. HORTICULTURE D'ORNEMENT. CEANOTHUS PSEUDO- P APILLOSUS. A l'occasion de ma visite à l'Exposition d'Horticulture d'Angers (qui entre-parenthèses était très brillante), j'eus l'occasion de visiter les pépi- nières de M. Louis Leroy et de M. Audusson-Hiron, et d'admirer chez tous les deux une variété de Ceanothus qui est bien ce qu'on peut voir de plus délicieux parmi les arbustes de ce genre. Il a été nommé C. pseudo-papillosus . On n'en connaît pas très exactement l'histoire, si ce n'est qu'il provient du jardin de MM. Duvau et Robin, horti- culteurs, à Angers. La plante nous paraît un hybride entre les C. divaricatus et C. papillosus, deux belles espèces californiennes. Elle a la vigueur du premier, ou peu s'en faut, la couleur bleue si vive du second avec des fleurs plus grandes et une profusion d'inflorescences dont on ne se fait pas d'idée. Le feuillage est vert-noir, oblong, denté, brillant, de la forme du C. papillosus, mais plus grand sans atteindre aux proportions du divaricntus. Le port de l'ar- buste, qui atteint deux à trois mètres de hauteur, est touffu, cylindrique ou fastigié, non divariqué, et la disposition de ses milliers de capitules du plus beau bleu d'outremer en fait un ravissant spectacle. Le C. pse7ido-papillosus, malheureusement, ne nous semble pas plus rus- tique que ses deux parents et sa culture en plein air ne dépassera guère Angers ou les côtes de l'Océan arrosées par le gulf stream. Ed. André. -^— •♦•— ç MÉLANGES. CONGRES BOTANIQUE ET HORTICOLE DAMSTÈRDAM. Le Congrès tenu à l'occasion de l'Exposition internationale d'Horticul- ture d'Amsterdam a été brillant et utile. Ouvert par le prince Henry des — m — Pays-Bas, en présence du Bourgmestre d'Amsterdam, du Ministre de France et autres personnages officiels, il a été inauguré par une adresse en français lue par le professeur Rauwenhoff, d'Utrecht. Les bureaux une fois constitués, on procéda aux travaux du Congrès, dont les principaux titres ont montré une grande variété de sujets. M. de Bary (ut élu président, et MM. Békétotî, Morren et Masters vice-prési- dents. M. Weddell lut une notice sur le Posidonia Cauliiii, dont le tissu fibreux forme des boules qui subsistent après que ce tissu a pourri. M. Ascherson montra un rachis de Dattier (Phœnix dactylifera) venant de l'oasis de Jupiter Ammon. Les Aroïdées ont été l'objet d'un mémoire de M. Engler, et les Sapindacées continuent à occuper M. Radikofler. Dans la section d'horticulture, M. Delchevalerie exhiba des échantillons du Coton Bacliinieh dont nous avons déjà parlé, et que l'on croit un hybride entre le Gossypium herbaceum et V Abelmoschus esculenlus. Les sections unies de botanique et d'horticulture ont ensuite envisagé la question de YHorttis Eiiropœus ou Catalogue raisonné et descriptif des plantes cultivées en Europe, selon la proposition qui en a été faite par M. Ed. Morren l'année dernière à Bruxelles, sous les auspices de la Fédération des Sociétés d'Horticulture de Belgique. Rien n'ayant été fait depuis sur cet intéressant sujet, M. Ed. Morren a été chargé de préparer un projet qui sera discuté au prochain Congrès, c'est-à-dire à Paris en 1878. Wanderer. LE DOMAINE DE LA CHASSAGNE. Dans la région la plus pittoresque de la Bourgogne, près de Dijon, se trouve le coteau de la Chassagne, propriété de M. Victor Masson, l'éditeur bien connu qui a enrichi la librairie française de tant de beaux livres de science. C'est là qu'il a planté sa tente et que .s'écoule sa verte vieillesse. Non pas qu'il s'endorme dans un far niente qu'il aurait bien mérité. Mais le post laborem fruor otio n'est pas sa devise, et pour lui le repos est une acti- vité que bien des jeunes lui enviraient. La vue de la Chassagne est fort belle. Elle domine le cours de la char- mante petite rivière de l'Ouche et le canal de Bourgogne, se repose sur de vertes prairies, et s'encadre dans des montagnes boisées du plus vigoureux effet. Mais le sol, sur ce mamelon de 354 môti'es d'altitude, est calcaire et d'une maigreur extrême. Quand M. Masson acheta la propriété, il n'y trouva qu'une habitation modeste qu'il arrangea avec beaucoup de goût, et un terrain dénudé, à peine meublé de quelques groupes de Pins et d'Epicéas, sur le plateau qui entoure la maison. Il n'hésita pas à entreprendre le boisement de cette solitude et se mit à l'œuvre, il y a dix ans, avec la collaboration de son gendre, M. Vignon. Tous deux attaquèrent résolument les terrains même les plus infertiles, firent monter de la vallée des milliers de mètres cubes de terre et se mirent à planter des bois de Conifères. Déjà le succès a récompensé leurs efibrts et la - 97 — plantation de la Chassagiie présente aux horticulteurs et aux paysagistes la solution d'un difficile problème : le boisement des sols dénudés calcaires sous un climat où le thermomètre descend souvent à — 20° centigrades. La superficie du domaine est aujourd'hui de ICI hectares, ainsi décom- posés : Parc, habitation et dépendances 21 hect. Bois à feuilles caduques 14 " Plantation en Conifères 86 » Terres en cultures et prés 40 " TgI hect. C'est surtout des 86 hectares boisés en Conifères rares que nous voulons nous occuper, pour montrer un exemple de grandes plantations d'arbres exotiques encore rares dans ces conditions. Il est, en effet, peu commun de trouver aujourd'hui des Abies pinsapo et des Séquoia giganlca plantés en bois, par milliers, et surtout de savoir comment ils se comportent. A la fin de 1875, les plantations de la Chassagne s'établissaient ainsi : CONIFÈRES. Pins, Epicéas, Mélèzes 777,000 Abies pinsapo 2,800 Abies divers 2,000 Séquoia gigaiitea (non compris les semis) 540 Cèdres 4,270 Conifères divers 26,600 ~ 8r4yoïo Arbres fruitiers 1,380 — forestiers à feuilles caduques 57,600 Arbustes 34,000 — de bouture ou de semis 30,000 Total : 936,990 Voilà donc bel et bien un million d'arbres implanté en dix ans sur un affreux rocher privé de terre végétale et où tout a été apporté de main d'homme. Et nous ne comptons pas, bien entendu, tout ce qui a été planté et a péri par la sécheresse, ni les essences qui ont gelé et auxquelles il a fallu renoncer. Il résulte de l'expérience de M. Masson que les Conifères qui forment le mieux ses grandes plantations sont les : Abies grandis. — pinsapo. — Douglasii. — Nordmanniana. Parmi les Pins, les : Pinits nigra. — luricio. — excelsa (dans un bon sol). l'inus sylveslris (dépérit jeune). Et fiuehiues autres espèces, P. Rcnlliamiana, powlcrom, Coullrri, Jcf- fteijana, Subiniana, intercalées dans les luassil's. Cvpressus Lawsoniaiia. Thuiopsis borealis. Séquoia (Wellhujlotiia) (jirren résume en quelques mots, dans la Belgique horticole (1877, p. 00), les carac- tères distinctifs de quelques genres de Tillandsiées. Nous croj'ons être utile, en donnant un extrait de ce travail, à quelques amateurs de Bromélia- cées peu au courant de ces différences et ne pouvant jusqu'ici démêler les véritables noms parmi la nomenclature confuse des plantes du commerce. Les Tillundsia ont le caljce à trois folioles, parfois soudées deux en- semble, toujours herbacées; la corolle polypétale, à pétales nus; les éta- mines libres et exsertes. Les Vriesea ont le caljce triphylle herbacé ; les pétales libres, écailleux à la base et disposés en corolle ringente ; les étamines exsertes. Les Çuraguata ont le calyce gamophylle à la base, herbacé; la corolle gamopétale tubuleuse, de la longueur du calyce ou le dépassant. - 99 — Les Guzmannia ont les anthères syngénèses. Le genre Massaiigca est caractérisé principalement par la nature et la structure du caljce qui est d'un -tissu corné, épais, coloré, de forme tubu- leuse, longuement collèrent et notablement plus long que la corolle clavi- fonne. L'inflorescence et le feuillage ont une apparence toute particulière. Il vient se placer entre les Caraijuala et les Guzïnaniiia. Ed. André. LE FORÇAGE DES SPIRÉES. Les serres d'amateurs, qui manquent toujours de fleurs pendant l'hiver, pourraient recevoir un ornement trop peu connu, avec un bien faible tra- vail, et concourir à la décoration des appartements. On ne force guère, en fait de Spirées, que Vlloteia ou Spirœa japonica. Il serait facile pourtant de lui adjoindre d'autres espèces. Les 5. palmala, aruncus et filipendnla flore pleno, nous dit un correspon- dant du Journal of Horticulture, forment un excellent contraste avec les espèces arborescentes à fleurs blanches et produisent de charmants bou- quets roses, rouges ou blancs. Le moyen recommandé pour forcer ces plantes est le suivant : prendre des toufl'es en pépinière, les empoter au commencement de l'hiver dans un sol légei' et pressé fortement autour des racines. On les laisse ainsi dehors pendant une quinzaine, en ayant soin de couvrir le pot avec des cendres de houille. On les transporte ensuite dans une serre où la température soit d'environ 15 degrés centigrades et où les feuilles ne tarderont pas à se développer si on arrose suflSsamment les plantes. En mettant ainsi en culture une douzaine de Spirées de temps à autre, on peut obtenir une succession de fleurs depuis décembre jusqu'à mai,' presque sans soin; rien n'est plus agréable que de trouver, dans le milieu de l'hiver, des fleurs abondantes pour bouquets, garnitures de tables, orne- ments divers. Quand les plantes sont défleuries, on les maintient sous châssis froid jusqu'au moment oti, le printemps revenu, elles peuvent re- prendre leur place dans le jardin. En conservant les pots enterrés dans une planche du jardin l'été et les relevant en octobre pour les rempoter avant de les transporter dans la serre, on aura un meilleur succès qu'en les mettant en pleine terre à la belle saison (i). ^ Nous profitons de cette circonstance pour recommander une plante bien vieille et bien connue que l'on emploie très rarement à la décollation des appartements. C'est l'Hellébore rose de Noël (Helleborm niger) si connue par sa floraison hivernale. En relevant quelques touffes de cette plante à l'automne, les mettant en pots et les gardant, soit dans une serre, soit dans une simple chambre, on ne se doute pas de la beauté que peuvent acquérir ses nombreuses fleurs qui restent toutes d'un beau blanc. P. Erceau. ces trois espèces on peut encore ajouter les S. ulmariu flore plcno, lolmta, digilata, Kumtschatica. Dans les espèces arbustives, on choisira de préférence les .S. prunifolin, Tlmn- lecvesianu flore nkno. (Rédaction.) (1) A ber^ii, Recvesiaitd flon- pimo. (Rédaction.) — 100 — BIBLIOGRAPHIE. Étude sur les produits commerciaux de l'Afrique centrale, par M. Bernardin (i). — Nous venons de recevoir de M. Bernardin, conser- vateur du musée commercial industriel de Melle-lez-Gand (Belgique), une très intéressante brochure sur les richesses commerciales de l'Afrique cen- trale. L'actualité de cette publication ne saurait être plus grande. Tous les regards sont tournés vers ces régions dont Cameron vient de nous apporter les dernières nouvelles. S. M. le Roi des Belges prend l'initiative d'une pro- chaine exploration scientifique et civilisatrice dans ces contrées aussi riches par leurs productions que désolées par les maladies, l'anthropophagie et la traite des nègres. M. Bernardin a réuni des notes sur les fibres textiles, huiles, graisses, matières tinctoriales, épices et denrées dites coloniales, drogues, graines alimentaires et fécules, caoutchoucs, bois, fleurs, pour le règne végétal. Les plumes d'autruche, l'ivoire, la cire des abeilles, pour le règne animal, les métaux les plus variés, pour le règne minéral, ont été l'objet de ses inves- tigations. Il a utilisé soit les riches matériaux du musée de Melle, confié à ses soins, soit le? diverses publications éditées sur ces contrées. Le savant conservateur prépare ainsi les voies aux explorateurs de l'avenir en guidant leurs recherches sur les produits les plus désirés. Ce n'est pas le seul service de ce genre que ^L Bernardin a rendu. Nous devons citer ses classifications des huiles végétales, des fibres textiles, des matières tannantes, des caoutchoucs, des fécules et des savons, qui ont fait l'objet de précieuses brochures sur le compte desquelles nous reviendrons quelque jour. Éléments de botanique, par M. Duchartre i^^j. — C'est une seconde édition due au savant professeur de la Sorbonne que nous signalons aujour- d'hui, mais si complètement modifiée et augmentée qu'elle constitue presque un livre nouveau que nous conseillons ù tous nos lecteurs d'acquérir. Le chapitre des Cryptogames seul a doublé d'étendue, à raison des progrès considérables que cette partie de la botanique depuis une dizaine d'aimées. L'anatomie des plantes a été entièrement remaniée par M. Duchartre dans son livre, surtout en ce qui concerne les cellules, les vaisseaux, les laticifô- res, le nMe de l'amidon, de l'inuline, de l'aleurone, de la chlorophylle, etc. La division des organes de la végétation en axes et appendices, les plantes carnivores, sont encore l'objet d'un examen qui n'avait pu trouver place dans la première édition, mais qui ne conduit pas encore M. Duchartre à se prononcer d'une manière définitive sur ces questions si controversées. La deuxième partie du livre, consacrée à la physiologie, a été également l'objet de tous les soins de l'auteur, sans avoir nécessité des changements aussi importants. Nous regrettons seulement que la systématique et surtout la géographie botanique n'aient pas reçu de M. Duchartre de plus grands développements. ^^ j^^^^^ (1) Broch. in-8«. Gaud, C. Aniioot-Braeckmaii, im|irimeur, 1877; en wnle chez Hoste, lihrairo, à Oand. (^2) Un vol. in-8% 1200 pa^es. C.lioz lîaillioie .H lils, Paris, 1877. l'illustration horticole DORYPHORA DECEMLINEATA. ûO), -d.,,.. J ('laj'ai.fu^' 101 CHRONIQUE HORTICOLE. Juillet 1877. Le Doryphora. — C'est une triste réalité : le nouvel insecte des États-Unis, le fléau américain des pommes de terre, le Doryphora (ou mieux Leptinotarsa) decemlineata, est implanté en Europe. Le 25 juin, un télé- gramme envoyé au Daily News par l'Agence Reuter a signalé sa présence, dans les divers états de son développement, dans un champ des environs de Cologne, à Mtilheim sur le Rhin. Le terrain appartenait à un marchand de lard qui recevait en tonneaux ses marchandises d'Amérique. Le Landrath a fait d'abord établir une surveillance active autour du champ, puis s'est décidé à ordonner la combustion de la récolte au moyen d'un feu de pétrole. Ce moyen n'a pas suffi; on a retrouvé, après l'incendie, des larves et nym- phes vivantes de Doryphora à 12 ou 15 centimètres dans le sol. II faudra retourner la terre et l'imprégner d'insecticides ou d'acides en quantité suffisante pour la pénétrer efficacement. On a signalé également la présence du Doryphora en Ecosse et en Irlande. Nous craignons fort que tous les procédés employés ne soient insuffisants, et que la diffusion de cette peste sur les champs de Pommes de terre de l'Europe ne soit qu'une question de temps. Ajoutons cependant qu'on a un moyen de combattre jusqu'à un certain point ses ravages et que le vert de Paris la détruit assez bien, mais c'est un remède coûteux et dangereux qu'on ne peut employer pai^tout. Fremontia californica. — De très beaux exemplaires de cet arbuste ont été récemment en fleurs à Kew et chez M. Parker, de Tooting (Angle- terre. Nous ne cesserons de le recommander aux amateurs de belles plantes ligneuses de pleine terre. L''Arboretum d'Edimbourg. — Le professeur Balfour a dernièrement appris à la Société botanique d'Edimbourg qu'une addition de 10 hectares de terrain venait d'être faite au Jardin botanique, qui comprend maintenant 22 hectares en tout, et qu'un Arboretum y était désormais établi pour le plus grand bien des élèves de l'Université et de la santé publique. L'Abies Douglasii de Dropmore. — En 1866, nous avons admiré à Dropmore, près Londres, le plus bel exemplaire du Sapin de Douglas qui existe en Europe. Il avait 90 pieds anglais de hauteur (27'",40). Nous apprenons par le Gardeners' Chronide qu'aujourd'hui cette admirable plante a attient 111 pieds six pouces anglais du sol à l'extrémité de la flèche (34 mètres). C'est un des plus beaux végétaux exotiques qu'on puisse con- templer en Europe. L'Arracacha. — Cette Ombellifère à racine féculente, d'un usage si répandu dans l'Amérique tropicale, est l'objet de nouveaux essais de quel- ques personnes qui, comme M. Vavin, espèrent encore dans sa culture, soit dans le midi de l'Europe, soit en Algérie. Nous pouvons affirmer, pour nous en être nourri longtemps dans la Nouvelle-Grenade, que c'est un légume délicieux et que rien n'est plus désirable que de le voir introduit dans nos jardins et dans la consommation européenne. TOME XXIV. 1877. 7">e LIVR. — 102 — Les voleurs de pollen. — M. Oswald de Kerchove vient de flétrir très justement, dans la Revue de l'IlorlkuUuve belge, un genre d'escroquerie peu connu et qui s'est produit à la dernière exposition de Ledeberg-lez- Gand. Un adroit voleur, fort au courant des choses de l'horticulture, a soustrait des antlièies sur plusieurs pieds de magnifiques Amaryllis. Il espérait avec ce pollen féconder d'autres plantes de ce genre qu'il avait probablement en fleurs à cette époque. Mais il est à croire que les produits qui pourront résulter de cet acte odieux décèleront le coupable; malheu- reusement il sera bien tard pour l'atteindre et nous ne pouvons aujourd'hui que dénoncer le larcin en vouant de pareils hommes au mépris public. Prix décernés par TAcadémie des Sciences. — Dans la séance du 23 avril, l'illustre Société a décerné le prix liarbier à M. Gustave Plan- chon, pour son Traité pratique de la détermination des drogues simples de nature végétale, Ceux de nos lecteurs qui connaissent M. G. Planchon, frère du savant botaniste de Montpellier, et qui l'ont vu en Belgique à l'occation de la visite de la Société botanique de France en 1874, applaudiront, comme tous ses confrères, à cette distinction. M. Bornet a reçu le prix Desmazières, pour ses Notes algologiques, et 500 francs ont été accordés à M. Mïintz pour ses recherches étendues sur les Champignons. L'Exposition universelle de 1878. — Les travaux avancent de la manière la plus satisfaisante. Le palais du Trocadéro (salle de concerts) s'élève rapidement, ainsi que les galeries circulaires et les terrains de la pente où seront installés les produits africains et asiatiques. Dans le Champ de Mars, on avait d'abord attribué aux jardins un vaste espace, qui diminue de jour en jour en présence des nombreuses demandes d'admission pour les autres industries. Les jardins commencent à être tracés; la fourniture des grands arbres a été adjugée dernièrement, mais les tra- vaux de jardinage proprement dits ne commenceront pas avant la fin de l'hiver prochain, ainsi que nous en avons eu l'assurance toute récente. Toujours est-il que l'horticulture, dont la place sera, malgré tout, impor- tante, n'obtiendra pas l'espace qu'elle aurait désiré et qu'elle mérite. Le blanc des Rosiers. — Cette maladie, causée par un champignon microscopique, est assez facile à guérir. Voici le moyen qu'emploie M. Eug. Verdier, et qu'il a décrit dans la Revue horticole : Faire bouillir dix minutes, dans une marmite de fonte ou de terre vernissée, 3 litres d'eau dans laquelle on jette 250 gr. de fleur de soufre et un volume égal de chaux fraîchement éteinte; laisser éclaircir le liquide et le mettre en bou- teilles. Il se conserve plusieurs années. Verser un litre de cette compo- sition dans cent litres d'eau et en seringuer, surtout le soir, les Rosiers et végétaux divers attaqués du blanc. Comme traitement préventif, ce moyen évite l'apparition du blanc; comme curatif, deux ou trois seringages suflisent à faire disparaître ce champignon. Faculté de Médecine de Lyon. — Dans cette nouvelle Faculté, M. le docteur Lortet a été nommé professeur d'histoire naturelle. La Manne de Californie. — Notre ami M. le docteur G. Thurber, de New- York, vient de publier une note sur cette substance, produite par — 103 — le Libocedrus decurrens, ou Cèdre blanc de Californie, qui est plus connu en Europe sous le nom de Thuia gUjantea. Cette manne possède des qualités purgatives particulières, et paraît destinée à rendre de véritables services à la médecine. Collection de plantes sèches d'Australie. — Nous ne saurions trop applaudir à l'heureuse idée du docteur Mueller, de Melbourne (Aus- tralie), qui a publié deux volumes A'exsiccala, de 50 espèces chacun, sous le nom de Educational collections of Australian plants. Le but est de répandre, par la vue d'échantillons authentiques et bien nommés, la connaissance exacte des principaux types de la Flore australienne et de populariser ainsi la botanique dans cette partie du monde. M. de la Savinierre à Célèbes. — On a reçu dernièrement des nouvelles de ce voyageur (dont nous avons parlé en 1875, page 101), qui est parvenu à se fixer à Sûkùr (île Célèbes), oti il a fait d'abondantes récoltes en animaux et en plantes. Il vient d'expédier d'importants envois au Muséum de Paris. Jacquinia smaragdina. — Dans les Annales des Sciences naturelles {& sér., t. III, p. 138-145), M. Decaisne annonce qu'il a créé, en faveur du Jacquinia smaragdina que M. Linden a introduit du Mexique, le genre Deherainia, dédié à M. P. P. Dehérain. C'est un joli arbuste à feuilles verticillées, à fleurs d'un beau vert, que nous avons déjà signalé dans y Illustration horticole (1873, p. 176), non comme un Theophrasta, car il n'ap- partient pas à ce genre, mais sous le nom de Jacquinia smaragdina. M. Lin- den l'avait, en effet, rapporté d'abord au genre Theophrasta, mais dès 1872 nous l'avions examiné avec lui en fleurs à Bruxelles dans les serres de son établissement, et avions cru devoir le faire entrer dans les Jacquinia, avec lequel cadrent la plupart de ses caractères. Floraisons hivernales. — M. B. Verlot, chef de l'école de botanique du Muséum, a observé un nombre inusité de plantes fleuries en plein air l'hiver dernier, et en a communiqué la liste à la Société botanique de France. 11 résulte de ses observations que 106 espèces, réparties dans 37 familles, étaient en fleurs le 12 janvier 1877. De son côté, M. H. Vil- morin a observé 83 espèces appartenant à 31 familles. Nous n'avons pas encore trouvé de preuve plus convaincante de la douceur exceptionnelle de l'hiver dernier dans sa première période. Les plantes pièges. — M. J. Poisson, aide-naturaliste au Muséum, dont nos lecteurs se rappellent les articles dans ce recueil, a présenté à la même Société le résultat de ses observations sur les appareils de capture de quelques plantes. Le Menlx,elia ornata, A. Gray, lui a montré des poils glochidiés, c'est-à-dire en hameçon, qui, placés autour du réceptacle, rete- naient captifs un grand nombre d'insectes qui avaient inséré leur trompe dans les intervalles. Dans les Loasa, les poils sont urticants, d'autres glanduleux, d'autres enfin glochidiés, et ils retiennent de même les insectes imprudents qui les abordent. Le Gronovia scundens possède des poils flexibles, longs de 5 millimètres et dont l'extrémité est pourvue de deux petits crochets déflé- chis et très aigus. Ces poils sont très multipliés et suffisent à retenir, jusqu'à ce que la mort s'ensuive, les petits lézards qui s'aventurent sur les - 104 - plantes. M. Poisson en a vu un lutter pendant huit heures sans pouvoir se dégager. On voit, par ces exemples, combien de plantes armées d'organes de capture — organes de défense, selon M Parlatore, — on pourrait ajouter à la liste déjà longue des prétendus végétaux insectivores. Les semis d'arbres fruitiers de M. Tourasse. — Nous conseil- lons d'une manière toute particuliùre la lecture de la notice qui traite ce sujet dans notre N° d'aujourd'hui (p. 110). Si les faits dont il est question sont réels, leur intérêt pour l'horticulture serait de premier ordre. Les Kakis. — Une lettre adressée à M. Carrière par M. ]\larchand, horticulteur à San Francisco (Californie), et publiée dans la Revue horticole, l'informe que les Diospyros japonais commencent à être représentés sur la côte ouest des États-Unis par de beaux arbres en plein rapport. M. Mar- chand dit que les fruits en sont très bons; il en distingue plusieurs variétés, l'une ronde, semblable à la pomme Rhode-Island-Greeniiuj, à chair juteuse, vineuse et ferme, à peau d'un jaune orangé ; l'autre oblongue, de couleur plus foncée, de qualité supérieure; une troisième, en forme de Tomate, à peau rouge-orange, à chair tendre et pulpeuse, à goût de miel. Ces trois variétés sont très sucrées à la maturité complète. On les trouve au Japon à Jjo, Shokoku et Tokio, où les meilleures se nomment Ono Kaki, Kineri Kaki, hibu Kaki. Les indications de M. Marchand méritent attention. Dans un temps peu éloigné, nous espérons voir vendre ces arbres comme fruitiers. Nous les avons trouvés à Philadelphie, l'automne dernier, dans le petit jardin japo- nais, cultivés en pots et portant des fruits très beaux, et en avons conclu que des formes exceptionnellement fertiles, ramifiées et ainsi doublement, précieuses existaient dans ce pays où l'horticulture est si avancée. Le journal des Roses. — Lire dans cette très intéressante publica- tion (n° de juin 1877) un charmant article de M. Charles Desprez, le propre fils de l'heureux obtenteur de la Noisette Desprez, ancienne variété char- mante et restée nouvelle pour tous les vrais amateurs. 11 ne manque ni le talent, ni l'esprit, ni la pointe de scandale à cette jolie anecdote, qui doit prendre place désormais dans l'histoire de la Rose. Les Roses en Angleterre. — A la dernière exposition de Bath, deux prix, consistant en coupes d'argent d'une valeur de dix guinées chacun (265 fr.) pour douze variétés de Roses, ont été gagnés l'un par M. Turner, de Slougli, avec : Maréchal Niel, Cdline Forestier, Madame Willermoz, Niphetos, Gloire de Dijon, Safrano, Souvenir d'un ami, Marie Van Houtte, Madame de S^-Joseph, Président, Madame Falcot; l'autre par M. Chard, amateur à Salis- bury, pour : Catherine Mermet, Devoniensis, Céline Forestier, Maréchal Niel, Amabilis, Adam, etc. Les serres à vignes de Garston. — Près de Liverpool est situé cet établissement important, fondé par M. J. Meredith, et d'où sont sortis pendant longtemps les plus beaux raisins de l'Angleteri'e. Je l'ai visité bien des fois pendant le séjour que j'ai fait à Liverpool pour diriger les travaux de Sefton Park. M. Meredith ayant fait de mauvaises aflaires, les serres de Garston échurent à une compagnie qui vient de les vendre définitivement à M. Cowan, ex-directeur de l'exploitation, lequel a l'intention de soutenir dignement l'ancienne réputation du célèbre vignoble couvert. Ed. André. — 105 — PlUTCIURDIA FILIFERA, y imB. PRITCHARDIA FILIFÈRE. Palmiers. liTYMOLOGIE c( CARACTÈRES GÉNÉRIQUES et SPÉCIFIQUES : Voir Illustr. hortic, 1871, p. 27. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : en l'absence de spécimens .ndultes et l'impossibilité de déci- der si cette espèce rentre cfTectivcniciU dans le genre Pritchardia, dans les Sahnl ou dans les Brahcu, nous devons en ajourner la détermination et la description et nous contenter de publier les renseignements qui sont h notre disposition. Le 15 juillet de l'année dernière, M. H. Williams, écrivant au Gardeners' Chronicle, racontait qu'à une visite faite par lui dans les jardins de M. La- thans, à Meulo Parle, San-Francisco, il avait eu le plaisir de rencontrer deux splendides spécimens d'un Palmier nouveau, qui croissaient sur une pelouse près de la maison, et dont l'effet était à la fois majestueux et char- mant. Leur tronc mesurait 25 pieds, leurs couronnes atteignaient 15 pieds de diamètre, et les pétioles étaient longs de 5 à 6 pieds. Sur les bords des segments des feuilles, des masses de filaments blancs, dont plusieurs mesu- raient 2 à 3 pieds, pendaient bien au-dessous du limbe. Ces deux beaux échantillons, situés près de l'Océan, exposés à tous les vents, d'une beauté et d'une vigueur si grandes, frappèrent M. "W^illiams d'admiration. " Je suis surpris, » ajoutait-t-il, " que cette espèce n'ait pas été introduite plus tôt en Europe, car de nombreux spécimens de fortes dimensions peuvent se trouver en Californie, et dans toute circonstance elle s'est montrée très supérieure à tout autre Palmier pour la culture subtropicale. » Or, ce beau végétal, M. Linden le possédait depuis octobre 1869. Il avait été admiré à plusieurs expositions internationales et il était déjà livré au public européen au moment oti M. Williams le signalait dans le journal anglais. Laissons parler son introducteur. " Le Pritchardia filifera, » dit M. J. Linden dans son catalogue de 1876, en mettant cette superbe plante au commerce, « est l'espèce que nous avons exposée sous ce même nom aux expositions internationales de Gand, de Vienne, de Florence, etc. Tout le monde se souvient de l'enthousiasme qu'il produisit à ces diverses expositions, où il fut considéré comme l'importation la plus remarquable de ces derniers temps. » Le P. filifera, le plus septentrional de tous les Palmiers du nouveau monde, provient des bords du Colorado, dans l'Arizona, où la température tombe tous les hivers à plusieurs degrés au-dessous de zéro. Son port est des plus gracieux et de ses belles feuilles palmées, de la grandeur de celles du Latania Borbonica, retombent de longs filaments blancs qui ont l'aspect — 106 — ,rnno chevelure. Le P. fiUfera a de plus Timmense avantage de conserver très lon<^teraps ses feuilles intactes. Sa croissance est d'une extrême rapi- d té- il forme en deux ans des exemplaires de deux pieds d élévation. Pritchardîa fllifera, J. Lindcil. (Nota. Dans limpossibilé de traduire par la chromolilliograpliie I élégant aspect des filamenU blancs de ce Palmier, nous reproduisons ici la Ogure noire que nous avons déjà donnée dans ce Uecueil). — 107 — » Les collections d'amateurs ne profiteront pas seules de cette admirable introduction; l'horticulture décorative en recueillera surtout les plus grands avantages. Le P. filifera est certainement destiné à remplacer dans nos appartements les Latania, les Chamœrops, les Phœnix et autres Palmiers de serre froide dont on est déjà fatigué. » Nous garantissons le P. filifera comme franchement de pleine terre dans le midi de l'Europe. Par sa croissance rapide et son port majestueux, il est appelé ;\ contribuer, plus que tout autre Palmier, à donner un cachet tropi- cal ù. ces régions, où il formera dans un temps très rapproché des avenues grandioses et incomparables. » Au moment oîi M. Linden introduisait ce nouveau Palmier dans le monde horticole, MM. Veitch exposaient, sous le nom de Brahea filamentosa, une espèce de la basse Californie qui, comme celle-ci, présentait des feuilles palmées, à limbe dressé en éventail, multilobé, à segments couverts sur leurs bords de longs filaments blancs un peu tordus, et à pétioles longs et épineux à la base. Plusieurs personnes retrouvèrent, dans cette plante, le P. filifera de M. Linden, soit au moment de la présentation faite par MM. Veitch en octobre 1875 à la Société d'Horticulture de Londres, soit à la dernière Exposition internationale de Bruxelles. Quoi qu'il en soit, le P. filifera (ou Sabal filifera'? car nous ne pouvons encore préciser le genre où cette espèce prendra place) est destiné à un grand avenir horticole et il y a tout lieu d'espérer que les promesses de M. Linden deviendront des réalités prochaines. Ed. André. MELANGES. LES COMPOTES ET MARMELADES DE M. LEGRIS. C'est vraiment une découverte que celle de M. Legris, d'Abbeville (Somme). L'année dernière, il a employé plus de 400,000 kilogrammes de fruits dont il fabrique des compotes qui peuvent être livrées à bon marché et sont d'une qualité supérieure. Ce sont des tablettes dont les unes sont préparées au sucre dans le genre des pâtes d'abricot d'Auvergne et peuvent être servies comme dessert. Avec les autres (c'est là que réside l'innovation de M. Legris) on fait d'excellentes marmelades. Il suffit pour cela de les jeter dans cinq fois leur volume d'eau et de sucrer le tout pour avoir des confi- tures de choix. On ne saurait trop appeler l'attention sur les procédés de fabrication de M. Legris, qui est appelé à rendre de grands services à la classe ouvrière, en fournissant à très bon compte des aliments sains et agréables qui constituaient jusqu'à présent une dépense relativement élevée. J. Lebert. — 108 — PI. CCLXXXIII. AINTIIURIUM TRILOBUM, iiort. lindex. ANTHURIUM TRILOBÉ. Aroïdées. ÉTVMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir Illuslr. hoHic, vol. IX, pi. 314. CARACTERES SPÉCIFIQUES : .icaule; fnlia crecta, loiigc potiol.ila, cori.icc.i, iiilida; ;)<'/ r/1^ mjf'r fjt.'4^ nrto 2JJi^L f fij7Jtm Û).(; fianneiiiiU'kei: 'ir.az.pt/iX. infiorto îui^ L'ILLUSTRATION HORTICOL ^ERIALIS, LiNDEN. JCinden, jii — 109 — PL CCLXXXIV. SPII^ROGYNE (?) IMPEUIALIS, linden. SPHÉROGYNE IMPÉRIAL. MÉLASTOMACÉES. Le iS. imperialis a été découvert, il j a une dizaine d'années, à Moyoba- ruba (Pérou) et introduit par nous dans les cultures européennes en 1871 (i). Cette belle Mélastomée, dont le premier aspect rappelle celui du S. latifolia, mais qui s'en distingue par plus d'un caractère, sans parler de sa supério- rité horticole comme plante à beau feuillage, est une habitante des vastes forêts qui s'étendent sur la rive gauche du rio Huallaga. C'est par un hasard heureux que les échantillons arrivés vivants ont pu survivre aux déplorables conditions auxquelles sont soumis les envois de ces contrées si peu accessibles aux voyageurs. Dans la même région furent trouvés les Dichorisandra musaica, undata, de nombreux Maranta, des Broméliacées magnifiques et quantité de plantes nouvelles de premier ordre que nous avons successivement présentées dans les Expositions internationales d'hor- ticulture et qui ont affirmé la richesse incomparable de cette terre privi- légiée. Le mais certainement non chrétien, a eu l'étrange idée de semer du cresson alénois dans son jardin, de manière à former des lettres et des mots qui constituaient une diffamation envers un de ses collègues. Il — 1:^0 — avait écrit quelque chose comme le Crédeville, voleur! qu'on a lu si long- temps sur les murs de Paris. C'est proprement avoir le diable au corps. Le mur Guilloutet, dit de la vie privée, a été franchi cette fois, le doux pasteur qui avait semé, arrosé, sarclé et vu s'épanouir sa vengeance avec chaque feuille de ce cresson dont il avait changé le piquant en amertume, a été arraché à sa chère salade et condamné sans pitié comme un simple libel- liste, malgré une ingéniosité digne d'un meilleur sort. Deux mots de statistique fruitière. — Voici quelques chiffres éloquents, publiés récemment sur la production fruitière en France : Fruits à noyau, production moyenne annuelle . -•♦•-< LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. BOUTURES DE TOMATES. ■ Les rameaux latéraux de Tomates, surtout ceux qui se développent en grand nombre à la base des plantes, peuvent parfaitement se bouturer. A cet efl'et, il suffit de les couper immédiatement sous un œil et d'élaguer un peu des feuilles; les boutures ainsi préparées sont plantées en pots, en terre sableuse, sous châssis froid, où elles font racine au bout de 10 à 12 jours. On peut se demander en présence du grand nombre de graines que produisent ces plantes et de la facilité d'obtenir du plant par voie de semis, si ce bouturage présente un intérêt pi'atique. Je crois que je puis répondre affirmativement, car au moyen du bouturage, on peut, comme je l'ai fait cette année, se procurer le plant pour la plantation de pleine terre en bouturant des rameaux provenant de la culture de primeurs. En outre, et ce n'est pas h\ le moindre avantage, on obtient des plantes de Tomates bien plus fertiles, par cela même qu'elles sont moins vigou- reuses que les plants provenant de graines. On sait que la vigueur est, dans la cultur'c de plein air, un grand obstacle à la mise à fruits et surtout à la maturation de ceux-ci. Je pense donc que le mode de propagation que j'ai d'abord mis à l'épreuve par simple curiosité, peut compter parmi les opérations utiles en culture maraîchère. Fr. Gevaert. ■3k 6*****î "'V^- .m^ CSH': '.V. .• fi ce LU ce UJ to z o <: Q >■ '■■"*^--:- — 125 - HOimCULTLRE D'ORNEMENT. REVUE DES ROSES NOUVELLES DE 1876. Hybrides remontants. Artémise (Moreau-Robert). Très grande fleur rose carné saumoné. Berlhe Dumesnil (H. Jamain). Très grande fleur pleine, bien dressée, beau rose argenté. Comtesse Hélène Mier (Soupert et Notting). Grande fleur pleine violet rosé satiné tendre, centre carmin. Docteur Hooker (Paul & son). Très grande fleur pleine carmin nuancé violet. Domingo AIdnifen (Pernet). Grande fleur pleine et bien faite, beau rose clair liseré blanc. Duchesse d'Ossuna (H. Jamain). Grande fleur bien faite, rose vermillon vif. Duke of Connaught (Paul & son). Grande fleur pleine, rouge brillant velouté nuancé carmin. Empress ofindia (Laxton). Fleur bien faite, très pleine, brun carmin foncé. Gabriel Tournier. (Levet). Très grande fleur pleine, rose foncé. Général Chevert (Moreau-Robert). Très grande fleur pleine, cerise, centre plus vif, en bouquets. Louis Spath (Soupert et Notting). Grande fleur plate, rose Chine liseré et nuancé blanc. Madame Devert (Pernet). Très grande fleur presque pleine, globuleuse, blanc carné au bord, rose tendre au centre. Mad. Maurice Rivoire (Gonod). Grande fleur pleine, carné foncé, pétales extérieurs argentés. Mad. Sophie Fropot (Levet). Peu d'aiguillons, grande fleur pleine, forme cent-feuilles, rose vif. Emma AU (Liabaud). Grande fleur globuleuse, rose laque brillant, revers blanc mat. Marie-Louise Margeraud (Liabaud). Grande fleur pleine, globuleuse, rose très tendre, reflet intérieur lilas. Marie-Louise Pernet (Pernet). Très grande fleur en coupe, rose très vif, plus clair au centre. Adèle de Murinais (Schwartz). Grande fleur pleine, solitaire, rose pâle argenté passant au foncé. Michel Dupré (Gonod). Grande fleur pleine, rouge brillant, centre rouge feu. Monsieur Druct (Rambaux). Grande fleur globuleuse, couleur rose cent- feuilles. Monsieur Fillion (Gonod). Très grande fleur pleine, grands pétales, roses, plus éclatants au centre. Princesse Charles d'Aremberg (Soupert et Notting). Grande fleur pleine, globuleuse, larges pétales lilacé très tendre au bord, carmin vif au centre. Sultan of Zanzibar (Paul & son). Grande fleur pleine, globuleuse, marron foncé liseré écarlat. — 120 — Hybride non remontant. Souvenir de Pierre Bupuij (Levet). Fleur de 15 à IG centimètres do diamètre, pleine, rouge foncé velouté, superbe. Bengale. Madame Pauvert (Rambaux). Grande fleur très pleine, blanc rosé saumoné. Thés. Comtesse Riza du Parc (Schwartz). Fleur moyenne, globuleuse, rose Chine, fond cuivré. Lazarine Poiteau (Levet). Fleur moyenne, bien faite, jaune orange. Letlij Cales (3. Keynes). Grande fleur pleine, rose vif. Souvenir de Georges Sand (Vve Ducher). Grande fleur tulipiforme, rose saumoné à revers rubanné lilas. Japonais. Beauly of Glazenwood (Woodthorpe). Très vigoureux, grande fleur jaune d'or striée carmin. Ces nouveautés sont toutes mises en vente chez les principaux culti- vateurs et semeurs de Paris et de Lyon, notamment MM. H. Jamain, Verdier, Margottin, Schwartz, Levet, Ducher, etc. Detector. LES CACTEES RUSTIQUES. Nous avons plusieurs fois parlé de ces plantes pour l'ornement des rocailles au soleil. Elles donnent à ces parties généralement dénudées de nos jardins un aspect tropical qui n'est pas à dédaigner, si elles sont judi- cieusement employées. Malheureusement la liste des espèces n'est pas longue. Aux formes du genre Opuntia, nommées vulgaris et Ra/inesquei, on a plus récemment ajouté \'0. Missouriensis, et c'est tout. Ce nombre promet aujourd'hui de s'augmenter. J'ai vu l'année dernière à S'-Louis du Missouri (sur le Mississipi), dans le jardin de M. Shaw, quelques-unes des Cactées récemment introduites du Colorado, où elles croissent dans une région couverte de neige pendant l'hiver. D'autre part M. R. G. Kingsley écrit au Garden qu'il y a trois ans, étant en visite chez le D'' Bell, à Manitou, dans l'État de Colorado, il vit une collection de huit ou dix espèces de Cactées rustiques, agréablement groupées sur des rocail- les. Ces plantes présentaient le plus agréable aspect par leur nuances jaunes, cramoisies et écarlates. Selon M. Kingsley, ces Cactées doivent être rustiques dans nos climats, car il a vu à Manitou et à Denver le ther- momètre descendre au-dessous de 6° de froid, et la neige y couvre le sol souvent pendant deux ou trois mois. D'ailleurs toute la contrée est couverte de \'0. Rafinesquei, plante parfaitement rustique chez nous. Voici la liste des Cactées mentionnées par MM. Porter et Coulter, dans leur " Synopsis " de la flore du Colorado : Echinocactus Simpsoni. — 127 — Mamillaria Nuttnlli var. cœspilosa. — vivipara, cultivé en Angleterre. Cereus viridiflonis, jaune. — Fcndlevi, fleur rouge foncé, fruit comestible. — goiiacanthus, fleur rouge ouverte jour et nuit. — phœniceus. — conoideus. — paucispinus. Opuntia Camanchica. — arborescens. — Missouriemis, espèce charmante, à fleurs brillantes, répandue jus- qu'au Wisconsin, au Kentucky, dans le Kansas, le Colorado et jusqu'aux Montagnes Rocheuses. A cette liste je puis ajouter que d'autres espèces ont été découvertes de- puis trois ans, et que dans plusieurs des plantes que j'ai observées chez M. Shaw, à S'-Louis, se trouveront de nouvelles formes, quand M. Engel- mann, qui s'en occupe actuellement, les aura suffisamment étudiées. De plus, M. Croucher, de Londres, a déclaré avoir vu les Echinocereus phœniceus et viridiflonis supporter les hivers de Gand (ce que nous n'avons pu contrôler), et M. Max Leichtlin, à Bade, cultive ces deux espèces en plein air sans difficulté, de même que les Opuntia humilis et hrachyantha. Le temps n'est pas éloigné où nos jardins septentrionaux pourront se don- ner le luxe d'un coin de nature tropicale sans crainte des hivers et sans cultures exceptionnelles. gp_ André. LES CALADIUM DE M. BLEU. Voici un des bienfaiteurs de la culture d'ornement, dont le nom n'est pas encore coiniu comme il le mérite. Depuis vingt ans que M. Bleu se consacre à l'élevage et surtout à l'obtention de ces admirables variétés de Caladium colores qui enlèvent le suft'rage du public tout entier à chaque Exposition, il a conquis un rang honorable, sans doute, mais à mes yeux, inférieur à celui qui lui est dû. N'était son extrême modestie, il serait depuis longtemps populaire. Quand on pense à ce qu'il a fait de l'ancien Caladium bicolor et des trois ou quatre variétés qu'un heureux hasard a mis sur le passage de M. Raraquin dans ses excursions à travers les forêts de l'Amazone, on reste confondu de tant d'habileté. D'autres ont dit, — de bon- heur; — c'est une pure et gratuite calomnie. Si les premières déviations obtenues par M. Bleu ont été accidentelles, je soutiens, — et bien d'autres que moi le savent, — que ses gains depuis de longues années sont cherchés, voulus dans un ordre d'idées arrêté à l'avance. C'est par une sélection très habile entre ses porte-pollen qu'il est graduellement arrivé jusqu'à la com- binaison des macules élégantes et variées qui ornent le limbe de ces feuil- lages sans rivaux, à l'élimination complète de la chlorophylle dans le paren- chyme des feuilles en exagérant le blanc qu'il avait trouvé dans le C. Belleymei et en augmentant le pigment pourpre du C. bicolor jusqu'à le répandre jusqu'au bord et à chasser entièrement le vert. J'ai vu tout récem- — 128 — ment les derniers semis de M. Bleu; ils contiennent des variétés à. tissus solides, à feuilles grandes et bien supportées sur leurs pétioles, et où je n'ai plus constaté la moindre trace de coloration verte. Mais que dire des admirables variétés qu'il a mises au commerce depuis dix ans. et qui auraient dû l'enrichir dix fois s'il avait su faire valoir ses découvertes! Elles ont fait le tour de l'Europe, et l'Exposition universelle de 1878 nous promet encore de nouvelles surprises. Je trouve au moins qu'il est juste, après avoir visité dernièrement, — pour la première fois je l'avoue, — les serres de M. A. Bleu, d'appeler sur sa personnalité horticole une atten- tion toute particulière et de le signaler à nos lecteurs avant qu'ils ne le voient à l'œuvre l'année prochaine avec ses produits au Champ de Mars. M. Bleu écrit fort peu. Il laisse aux autres le soin de le louer, lui et ses plantes, mais il faut convenir que les autres n'en ont pas abusé. C'est donc pour moi une bonne fortune d'avoir pu le déterminer à rédiger pour Vlllus- tration horlicole une note succincte sur ses meilleurs Caladium, en dehors de toute considération de nouveauté ou d'ancienneté. On peut dire que l'ama- teur qui posséderait les vingt-et-iuie plantes ici décrites par le maître aurait une petite collection de merveilleux feuillages, et le dessus du panier de tant de belles choses. Le travail de M. Bleu me dispense d'autres commen- taires et ces deux mots de préface cesseront ici pour laisser la parole à l'habile et heureux semeur. Ed. André. VARIÉTÉS DE CALADIUM BULBOSUM, TOUT PARTICULIÈREMENT RECOMMAND.\BLES ET BIEN DISTINCTES SOIT PAR LEUR COLORIS, SOIT PAR LEUR DESSIN. 1. Boïeldieu. Variété du C. bicolor, ajant sur celui-ci le grand avantage d'avoir son centre rouge écarlate transparent et la circonférence du vert doré le plus riche. — Obtenu en 18G4. Vendu en 1868. 2. Philippe Hébert. Cette variété se distingue par ses nervures rouge carmin pointillé de rouge plus foncé, son fond vert gai parsemé de très nombreuses macules de même couleur que les nervures. — 0. 18G5. V. 1869. 3. Flore. Variété très recommandable par ses nervures et son centre rose violacé tendre encadré de vert clair. — 0. 1866. V. 1871. 4. Barillet. Ce Caladium se distingue par trois couleurs nettement tran- chées; ses nervures sont rouge carminé vif; cette couleur, légèrement affaiblie, s'étend sur les % environ de la feuille; là elle est brusquement tranchée par une zone vert-gris, entourée elle-même de vert foncé. — 0. 1865. V. 1870. 5. Prince Albert- Edouard. Cette variété se fait remarquer par sa feuille ample et gracieuse, dont les nervures rouge-brun ressortent fortement dans un fond blanc lavé de rose et parcouru dans toute son étendue de délicates nervures vert foncé. On remarque (comme à peu près dans toutes les variétés ayant pour origine première le C. Belleymei) sur le pourtour de - 129 - la feuille une double nervure vert-noir du plus bel effet. — Obtenu en 18C5. Vendu en 1868 à M. E. G. Henderson. 6. Princess of Teck. Cette étonnante variété se distingue entre toutes par son limbe allongé, aj'ant le centre laque écarlate encadré de jaune vert doré de Teflët le plus saisissant. — 0. en 1866. Vendu en 1868 à M. Veitch. 7. Burel. Cette variété très trapue se fait remarquer par sa feuille gra- cieusement allongée, dont les nervures rose vif sont largement entourées de rose violacé chatoyant qui se perd dans le vert- bleu de la circonférence; elle est en outre parsemée dans toute son étendue de larges et assez nom- breuses macules ocre rouge. — 0. 1867. V. 1872. 8. Alfred Marne. Plante ferme, d'un très grand effet, à reflets chatoyants produits par le rouge ardent gai des nervures qui s'étend jusque vers l'extré- mité de la feuille en se mariant au vert doré du fond, et lui donne un aspect métallique très prononcé. Ses très nombreuses et élégantes macules roses achèvent de faire de cette variété un hôte indispensable dans la serre d'un amateur. — 0. 1867. V. 1873. 9. Céiès. Ravissante variété, dont la feuille bien posée sur un pétiole court a le centre rose saumoné très vif; cette couleur, en s'unissant au vert doré de la circonférence, forme une zone bronzée qui est un brillant con- traste avec ces deux charmantes couleurs. — 0. 1867. V. 1873. 10. Félicien David. Cette splendide plante, dont la feuille est concave et arrondie, a les nervures rouge carminé foncé, très fortement accusées jus- que vers l'extrémité du limbe; les nervures secondaires de même couleur et reliées entre elles forment avec le fond blanc qui les entoure de jolis dessins qui lui donnent l'aspect d'une véritable étoffe. — 0. 1868. V. 1873. 11. Louise Duplesds. Beauté de forme, maintien irréprochable, fraîcheur de coloris, tout ce qui fait le charme d'une belle plante, se trouve réuni dans cette brillante variété, dont la feuille, très élégamment allongée, a les nervures laque rose dans un fond blanc légèrement lavé de rose tendre, principalement vers le centre. — 0. 1870. V. 1875. 12. Vicomtesse de la Roque-Ordan. Variété du plus grand mérite, qui se distingue par sa feuille concave longue et très gracieuse, dont le fond blanc neigeux est vivement relevé par un pointillé vert gai qui parte des ner- vures principales et s'étend dans tout le limbe ; ses nervures, bien accen- tuées, sont rose tendre bordé de blanc. — 0. 1870. V. 1875. 13. Pyrrhus. Ce Caladium frappe vivement les regards par le rouge rutilant du centre de la feuille et le splendide vert doré clair qui l'encadre; son beau maintien, ses pétioles courts et fermes achèvent de lui assigner une place parmi les plus belles. — 0. 1869. V. 1876. 14. Philippe Schuldt. Ce Caladium, de la plus grande beauté et d'une extrême richesse de coloris et de dessin, s'impose aux regards par ses ner- vures rouge carmin pur, son fond blanc pointillé de rouge, principalement vers le centre et son réseau de délicates nervures vertes dessinées dans tout le limbe. — 0. 1870. V. 1875. 15. Madame Alfred Bleu. Ce ravissant gain très constant, de petite taille, recommandable sous tous les rapports, attire et captive les regards par la forme extrêmement gracieuse de sa feuille, dont le limbe simule d'élé- - 130 — gantfts coquilles allongées et son fond blanc mat parfois orné de belles mouches vertes, au milieu duquel ressortant les nervures du rose le plus frais. — 0. 18G9. V. 1876. 16. Paul Véronc'se. Très ornementale variété, dont la feuille bien étalée se reconnaît entre toutes par ses nervures corail l'ouge, très largement entourées de rose pâle vaporeux qui va se réchauffant vers le vert dans lequel il se fond et forme une large zone bronzée, qui s'étend vers la circonférence qu'elle abandonne à peu près complètement pour ne laisser voir que le riche vert Paul Véronèse qui se montre sur toute la partie excentrique de la feuille. — 0. 1869. V. 1876. 17. Rameau. Variété des plus brillantes, qui tient dignement sa place entre les plus belles, tant pour la richesse de son coloris et de son dessin que pour son bon maintien. Le centre de sa feuille est rouge carmin et son limbe bien parsemé de macules blanches, teintées de rose, est encadré de vert doré. — 0. 1870. V. 1876. 18. La Perle du Brésil. Véritable type de l'extrême délicatesse, gaze végé- tale, légèrement teintée de rose qui permet de lire à travers la feuille. Quoique très frêle en apparence , cette charmante variété , qui se groupe parfaitement, n'en est pas moins aussi vigouseuse que les moins délicates de ses congénères. — 0. 1871. V. 1877. 19. Spontini. Variété d'un coloris complètement nouveau. La feuille, bien hastée, a les nervures rose violacé, bordé de rose tendre; le centre violet très clair, la zone excentrique vert foncé, le tout constellé de très nombreu- ses macules d'un blanc très pur. — 0. 1872. V. 1877. 20. Auguste Lemoinier. Plante extrêmement recommandable sous tous les rapports : forme, maintien, coloris, dessin, se réunissent à l'envi pour la mettre au premier rang. Sa feuille ample et bien proportionnée a le limbe largement étalé, dans lequel se remarquent très nettement et fortement accentués des nervures rouge carmin foncé; son fond, qui représente un réseau blanc et vert très constant, gagne de plus en plus jusqu'à l'époque du repos. — 0. 1869. V. 1877. 21. Mistress Laing. Très beau gain, dont la feuille ample bien allongée a le fond blanc étoffé; les nervures très puissantes sont rouge carmin. (Cette variété, qui a paru pour la première fois à l'Exposition de la Société d'Hor- ticulture, a eu un très grand succès). — 0. 1870. V. 1877. Alfred Bleu. >-•+•—< MÉLANGES. TAILLE DES ARBUSTES D'ORNEMENT. Plusieurs fois déjà notre recueil a donné des listes étendues concernant la taille des arbustes d'ornement, qui se divisent en deux séries : ceux qu'on taille avant et ceux qu'on taille après la floraison. Nous revenons sur ce sujet, d'après les instances de quelques-uns de nos lecteurs qui n'ont pas les volumes anciens de l'Illustration horticole ou qui ne prennent pas la pa- - 131 — tience de les consulter. Nous ne saurions mieux faire, dans ce cas, que de reproduire une note très pratique de M. Robinet, publiée par la Société hor- ticole de la Haute-Garonne. La taille des arbustes d'ornement, que la moindre observation des faits conduirait à exécuter d'une manière rationnelle, est généralement faite à contre-sens. Les arbustes d'ornement sont généralement taillés par un grand nombre de jardiniers à une époque fixe et la même pour toutes les espèces. Nous divisons les arbustes à feuilles caduques en deux séries : dans l'une seront compris ceux qui fleurissent sur le bois de l'année précédente; dans l'autre série, ceux dont les fleurs naissent sur les bourgons de l'année. Font partie de la première série : les Lilas, Aubépines, Épines-Vinettes, Cotises, Pêchers, Deutzies, Pruniers, Forsjthies, Pivoines arborescentes, Seringats, Sumacs, Groseillers, Sureaux, Spirées de Rivers, de Thunberg, à feuilles de Prunier, etc. Ces arbustes ne doivent être taillés qnaprès leur floraison et à une lon- gueur relative à la force que l'on veut faire acquérir à chaque individu, tout en maintenant son port normal. Dans la deuxième série se trouvent : les Indigotiers, Ketmies des jardins, Céanothes, Chèvrefeuilles, Callicarpes, Câpriers, Jasmins, Casses, Chamé- cerisiers. Cornouillers, Millepertuis, Poincillade, Lagerstrémie, Grenadiers, Ronces, la plupart des Spirées, Staphyliers, Viornes, Gatiliers, Amorphes, Rosiers, etc. Tous ces arbustes seront taillés l'hiver, pendant le repos de la sève. On peut diviser de la même manière les arbustes à feuilles persistantes. Ainsi les Escallonies, Céanothes, Baccharis, Buddlées, Buplèvres, Genêts, Coronilles, Alisiers, Lejcestéries, Troènes, Romarins, etc., doivent être taillés au printemps, parce que les fleurs naissent sur le bois de l'année. Dans la série opposée se rencontrent les arbustes qui doivent être taillés après leur floraison : les Rhododendrons, Kalmies, Lauriers tins, Mahonies, Jasmins à fleurs nues, Garryas, Fabiennes, Néflier du Japon, Buisson ar- dent, quelques Berberis, Cotoneaster, etc. La forme à laquelle les arbustes sont soumis le plus souvent est la forme globuleuse, ovoïde, enfin plus ou moins régulière. Nous préférons, par des suppressions raisounées, conserver autant que possible, à chaque arbuste, son port naturel. Nous sommes tout-à-fait de l'avis de M. Robinet en tout ceci et surtout sur le dernier point. Combien de jardiniers tondent leurs arbustes comme des Ifs ou du Buis, en boule, au lieu de se contenter d'enlever les branches trop grosses et de laisser toutes les autres dans leur port naturel ? A. Ducos. REVISION DU GENRE LIGUSTRUM. Dans un des derniers numéros de la Flore des Serres, M. Decaisne vient de publier une liste revue des espèces de Troènes cultivées en Europe. Son - 132 — énumération contient une S3non_ymie à laquelle il est bon de prêter atten- tion. Elle a dû être élaborée avec soin et bouleversera quelques habitudes de nomenclature horticole. 1. L. vulgare, Linn. Europe. Var. a, foliosa. /3, buxifolia. 2. L. ovalifolium, Hassk. Japon. (Synon. L reliculalum et L. catifoniicum.) 3. L. Ibota, Sieb. Japon. (Sjn. L. ciliatum, Sieb.; L. Amureiise, Carrière, non Maximowicz; L. Roxbimjhii, Hort., et L. sinense, Hort.) 4. L. Quihoui, Carrière. Japon. 5. L. Massalonghiamim, Visiani. Khasia et monts Niigherries. (Sjn. L. myrtifulium, Ilort.; L. spicatum, Hort., non Don; L. loiigifulium, Hort.) 6. L. lucidum, Alton. Chine. (Syn. L. Roxbur cette Broméliacée minuscule si commune dans l'Amérique sud et si difficile à conserver dans nos serres. Le T. streptophylla, du Mexique, a fleui'i chez M. Massange, à Liège. Une espèce voisine de notre Runnberqia Morreniana, mais à fleurs blanches, a été envoyée du Brésil à M. De Beueker et a fleuri à Anvers. Au Jardin botanique de Liège, on a vu fleurir un nouvel Ananas, X'Ananassa monodora, et le Bromelia Pinguin, L., dont les fruits jaunes, ressemblant à des Prunes, ont une saveur qui rappelle celle de l'Ananas. NÉCROLOGIE. Hélas! la mort frappe à coups redoublés dans les rangs de la botanique et de l'horticulture. Trois noms considérables viennent occuper aujourd'hu — 137 — la page que nous consacrons à ceux qui ont honoré la science des plantes et qui nous ont été ravis. M. Weddei.l (Hiigh Aigernon) vient de mourir à Poitiers, en août dernier. Botaniste accompli, correspondant de l'Institut, auteur d'une ad- mirable Histoire naturelle des Quinquinas, de la Monographie des Urticees et de celle des Podoslemuce'es dans le Prodromus, de la Flore des Hautes Andes [Chloris Andina), ce savant illustre avait fait à deux reprises diffé- entes (en 1845 et en 1855) des voyages d'exploration dans le Brésil et les Andes de la Bolivie et du Pérou, dont il a puissamment contribué à faire connaître la flore. La perte de M. Weddell sera très vivement ressentie par tous les savants. C'était un homme aimable, simple et char- mant entre tous, dont le directeur de ce recueil aussi bien que moi nous garderons le plus touchant souvenir. Il m'avait guidé par ses conseils à mon départ pour l'Amérique du Sud, et je ne saurais oublier qu'il m'a été de la plus grande utilité par son expérience, dans les difficultés que j'ai souvent rencontrées pour l'accomplissement de ma mission. M. le Comte de Lambertye, mort le 30 août dernier, à l'âge de 07 ans, était un des noms les plus populaires de l'horticulture contemporaine. Chacun connaît ses excellents petits livres, publiés sous le titre de con- seils aux habitants des campagnes sur la Culture des Légumes, des Arbres fruitiers et des Fleurs, son beau Traité du Fraisier, ses brochures sur les Cultures de primeur par le thermosiphon, son livre sur les Plantes à feuilles ornementales. Mais ce qui est moins connu, c'est sa charité sans égale, sa manière active et ingénieuse de répandre le bien autour de lui. A Chal- trait, sa résidence, dans la Marne, où il avait fondé un magnifique jardin, il s'était fait volontairement le professeur des jeunes enfants et des insti- tuteurs, avait fondé la Société d'horticulture d'Epernay, donné l'exemple autant par son travail manuel que par ses leçons orales et écrites, en un mot imprimé un élan salutaire à l'horticulture champenoise. Me sera-t-il permis d'ajouter, que personnellement je perds en lui un ami de 18 ans qui ne s'est pas démenti un instant et que cette perte est pour moi une de celles que le temps sera impuissant à effacer? M. FiLipPO Parlatore, le savant botaniste italien, directeur de l'Institut royal de physique et d'histoire naturelle de Florence, l'auteur de la Flora Haliana et de la Monographie des Conifères dans le Prodromus, et de tant d'ouvrages de premier ordre, est mort à [Florence le 9 septembre, à l'âge de 61 ans. Il était le " facile princeps " des botanistes du Sud de l'Europe. C'est à lui que l'on doit l'organisation du Musée, de l'Herbier, du Jardin botanique de Florence, que les visiteurs de l'Exposition internationale de 1874 ont admiré à l'envi. Déjà, à cette époque, il était atteint d'une maladie grave qui inspirait des craintes à ses amis et qui l'a enlevé dans un âge 0(1 il pouvait encore rendre de grands services à la science. Nous avions raison de dire que la faulx de la Parque fait une large trouée dans les rangs des maîtres de la science des plantes. La place aux jeunes se fait bien large, et les successeurs de pareils hommes sont rares. ' Dieu veuille que le souvenir de ces savants et de leurs travaux leur in- spirent des œuvres dignes de tels devanciers! Ed. André, — 138 — PI. CCLXXXVIII. I5ARU0T1A PA^CllElU, ad. drongmart. barrotia de pancher. Pandanées. ÉTYMOLOGIE : Dédié par (Jaudicliauil à son ami Barrol. CAUAC.TfiliES OKNiaUQUES : /lims masc. : spudix terminalis cjlindilcus, simplex, cloii- galus, sllpililms tlavatis, disoo terminali cariioso subLexagoiio lecliis, pediccllis versus apiccm el discoriim superficie inferiori staminihus numcrosis sulisessilihus ohleclis. — Flurcs fœminci ifjnoli. Fruclus : cephaliuni ellipticuin, ovale v. eloiij^alum, sjiicarpiis coutiguis aiigulosis, traiisverse lalioribus, e série simplici Iransvcrsali carpeli(iruiii coinposilis (rarius e série duplici Iransversali vol c carpcllo unico) : stiginala dcmilormia erccla, disco stignialico rciiil'ornii lalerali sursum pleruinquc spectaiilc. Barrotia, Gaudicliaud, Allas, Voy. Bonite, pi. 13. CAUACl'EUES SPEC1FHJUE.S : caulis 6-8 melr. allu.s (ex Balansa); fulin angusla, 1"'-I'>>b0 longa, i-5 cent, lata, ima basi margino intégra, paulo .supra el dense denlata, versus apiceni tenuissinie denticulata, nervo medio infra carinato et aculeato nervis laleralibus duobus prinia- riis supra carinatis et aculo denticulatis, apicem versus conlluentibus; foliis sensim atleuuatis aculls nec acuminalis, apicc trigonis, ncrvulis lenuissimis (eiroilei' 50-30 in I ceiiL). Flurcs iiias- ciili cl l'a^minei désuni. — Fnicliis : cepbalium ellipsoideuni, 21-24 cent, longum, 12-13 laluni (in spec. lialansa n" 22.")5 et Panclier), axi breviori ovali, S cent, longo (in spec. Balansa n" 22j3 frnclibus dclapsis). Si/iic((rpia infra conligua sul)|irisnialica liexagona lania supra pjraniidala, apice Irnncala, stigmatibus tribus rarius duobus, dcntifurniibus, conliguis sursum inflexis, superficie stigmatica parva transversa versus apicem ceplialii speclante, nucula lignosa inl'ra médium syncarpii indurata triloculari, loculis 1-2 s;epe aborlivis, vacuis el minoribus. — Hab. in sylvis nionlis Kou-gui (Balansa n" 2235, Messioncoué propc Port Bousiiuet, B. n° 22.j3. In monlibus prope Morari, ad 700 metr. allit. (Paucher, sub Pandan. sphœroceph.). — In caldar. Linden. viv. inlroduct. 1S70. Barrotia Pancheri, Ad. Brongniart, Anii. Se. nul., G= sér., 1, pi. 11. Pandanus sphserocephalus, Paucher, mss. — Pancheri, l.inden, Catul. Cette Pandanée nouvelle vient d'être introduite vivante en Europe par M. Linden, qui l'a reçue l'année dernière de la Nouvelle-Calédonie. J'ai retrouvé, dans la plante, l'une des espèces du genre Barrotia, fondé par Gaudicliaud et que M. Ad. Brongniart a adopté dans le choix de plantes néo-calédoniennes qu'il avait publiées en collaboration avec M. A. Gris. Le genre Barrotia compte aujourd'hui sept espèces : B. macrocarpa, altis- sima, Balansœ, Aragoensis, dccumbeiis, sphœrocephala, et enfin Pancheri, la seule espèce qui soit vivante en Europe jusqu'à ce jour. Cette espèce, dont j'ai vu les échantillons secs et fructifies dans l'herbier du Muséum, à Paris, avait été confondue par Pancher, qui l'a trouvée le premier, avec le Pandanus sphœrocephalus, dont elle se rapproche par ses \ e fianntmiteken idnac.pu:! vi4iirto i'uij BARROTIA (I Jl'm^ DANUS) PANCHERI. — 139 — capitules, mais que la forme individuelle de ces fruits en éloigne sensible- ment. Le capitule (ou cephalium) est dressé, porté sur un pédoncule -vigoureux accompagné de feuilles assez serrées, dont les supérieures l'entourent comme une sorte d'involucre en le dépassant. Ces feuilles sont assez faciles à reconnaître par leur double côte longitudinale indépendante de la cùte médiane parfois rosée, leur ton vert uniforme et leurs fines dentelures en scie. Les échantillons que M. Linden possède dépassent en élégance le Pandanus ornatus, que nous avons autrefois décrit dans ce recueil, et ont sur lui l'avantage d'appartenir à un climat tempéré-froid et de convenir davantage pour la décoration des appartements. Ed. André. EXPOSITIONS. Exposition horticole d*" Anvers. — A l'occasion du centenaire de Rubens, la ville d'Anvers a tenu, sur la Place de la Commune, la 129" ex- position de la Société d'Agriculture et d'Horticulture de la région. La médaille d'honneur a été gagnée par Mad. Ed. Rigelé, pour ses magnifiques collections de plantes fleuries. Le nombre des exposants était considérable. Cette exposition a été un grand succès. Elle a fait le plus grand honneur aux organisateurs, auxquels on peut attribuer la plus grande part de cette réussite complète. Exposition de Gand. — Au mois de juillet a eu lieu l'Exposition de la Société rojale d'Agriculture et de Botanique de Gand, dans la salle du Casino. Elle a pleinement réussi. MM. de Kerchove de Denterghera et de Ghellinck de Walle avaient envoyé de superbes collections de Palmiers, parmi lesquels le Cocos pliimosa du premier de ces exposants a décidé la victoire, en même temps que sa collection de quarante Fougères en arbre entraînait tous les suffrages. M. Van Geert avait exposé des collections de Cjcadées, de Palmiers, de Conifères et des plantes nouvelles. Dans ce dernier concours prenaient également place MM. Jacob-Makoy et De Smet. Les Orchidées de M. Beaucarne, les Gloxinias de M. Van Houtte, les Roses de M. Duval, les Rhopala et Aralia de M. Vervaene formaient les points saillants de cette exhibition et donnaient le meilleur espoir pour la grande joute internationale de l'année prochaine, à laquelle les horticulteurs gan- tois ne manqueront pas de prendre part. P. Erceau. - HO — PI. CCLXXXIX. ZAMIA OUMOIA, Mai. Cycadées, Cette jolie Cycadée, introduite dans le courant de l'été 1876, a été découverte sur les parties élevées du Cap Corrientes, cote du Pacifique (Nouvelle-Grenade). Elle n'a pas encore fructifié et nous ne savons à quelle section du genre Znmia la rapporter, la largeur et la forme de ses folioles n'offrant pas de caractères suffisants pour fixer sa place en l'absence des organes de la reproduction. Ce que nous pouvons affirmer, c'est qu'elle ne rentre pas dans le genre Aulacophyllum, créé par M. Regel sur des Cycadées colombiennes et équatoriennes caractérisées par des feuilles sillonnées longitudinalement. Nous reparlerons de ce genre en revenant sur la plante que nous signalons aujourd'hui. En attendant, voici la description prise sur le plus fort échantillon que nous ayions observé dans les serres de M. Linden. Petit arbre dressé, à tronc grêle, haut de 2'" sur 0"',12 de diamètre à la base, lisse ou peu rugueux-tuberculeux, gris-blanc, couvert, surtout au sommet, par les cicatrices foliaires triangulaires transversalement allon- gées. Pérules (écailles ou feuilles abortives) largement triangulaires aiguës noirâtres, longues de 2-3 centimètres, ;\ côte saillante, à pointe ligneuse obtuse tronquée. Feuilles inermes, glabres ou couvertes d'une pubescence apprimée, feu- trée, noirâtre, caduque, surtout à la base du pétiole qui est très renflé et qui s'atténue brusquement pour devenir cylindrique, grêle, et pourvu de deux sillons latéraux. Leur longueur est de GO à 75 centimètres dans le spécimen observé, mais ces dimensions doivent augmenter beaucoup. Folioles alternes, sessiles, coriaces, longues de 20 centimètres, larges de 6, lancéolées falciformes, atténuées articulées à la base, acuminées obtuses au sommet, concaves en dessous, à bords pourvus de dents fines en scie, éparses, plus rapprochées au sommet; nervures au nombre de 30-45, sim- ples ou fourchues, non saillantes, se détachant en noir sous l'épiderme de la feuille d'un beau vert brillant. Fleurs et fruits....? Les collections de Cycadées s'augmentent de jour en jour, et c'est avec raison que les amateurs les recherchent, car peu de plantes ont un plus noble port et demandent moins de soins. On a vu des exposants qui, comme M. de Ghellinck de Walle, h Gand, remportent des prix à toutes les expositions, et ont montré, par la force et la beauté des exemplaires, le mérite éminemment ornemental de ces plantes. A. Ducos. To: L ILLUSTRATION M0RT1 INTERMEDIA. L'ILLUSTRATION H0RT1C0LI ■î4 •='^<; \--. ^>(l)e J),Tmi.'m,i.-k,'i: '; ZAMIA OBLIQUA, Regel. J Cinjen, ■ — 141 — PL CCXC. TODEA (LEPTOPTERIS) IMTERMEDIA, hort. angl TODÉA INTERMÉDIAIRE, Fougères. ÉTVMOLOGIE el CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir llluslr. /lurlic, 1875, p. 183. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Catidex crassus, subsph.Tiicus v. vix eloiigaUis, lb-30 CPiit. allus, radicihus aclv(>iililiis congestis nigris, junioribiis villosis fulvis; froiiiles 30-50 cent, long*, 13-20 ceiil. lalie, Iripiiinalinthc, petiolo tereti basi imtio, e iiieilio ad apicom alalo; pinnœ (lens;e, angusie lancodlaUf, bipiniialilkla', 8-10 «'ni. longa', 2 eoiil. Iala\ iiil'erioies bre- viores; pi«;!H/fp crebra', pclliicida>, 1 cent, loiiga;. 5 mill. laUc, ereclo-palciucs Icre rachidem alatum usque laciniatu; segineiitis linearibus oblusis. — lu Nova-Zelauijia. — Ad viv. desc. in hort. Linden. Gandav. — E. A. Todea (Leploptcris) intermedia, Hort. Angl. J'ai éprouvé quelque difficulté à déterminer cette plante. Les espèces de Leptopteris ]nsAULAT0UE1, umuv ami , var. MAMOUEA. dieffenbachia de parlatore a feuilles marbrees. Aroïdées. ËTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir Illtislr. hnrtk., 1S70, p. îiT. CARACTERES SPÉCIFIQUES : Catilis erecliis robiistus cylliidiaceus, carnosus, 0">,:iO-l mcl. alliis, vi[i(li-nij;resccns, aniuilatiis; l'olid sossilia vel vapiiiis us(|ue ad laiiiinani prodnclis cl sa'pe oam supcraiillhii.s, aurk'viiis 2 iiKi'qiialiliiis rdHiiulalis concavis ereclis; laiiiina (iO-80 cent, loiifsa, 20-50 opiil. lala, palula, cum caule rectaiif^ula, siiul Puthos ucuulis ovalo-eloiif;ala lraiisver.se iindiilala, lias! aiij;iislala simialo -crispa, apice breviter acumiiiata nhlicpie mucro- iiata, Costa supra vlx prominenlc; compressa subtiis iiiconspicua, pagina siipcriore alroviridi nilenlc, iiiforiorc pallida; flores et fructiis.... — E proviiicia Novo-Granateiise AiUicupiia auno 1872 a cl. Liiidcn. in Europam inlroducla. Ipse vivani legi in sylvis prinia?vis lluminis Mapdalcnie, loco dicto Angoslura de Naré, an. 1875. — E. A. Dieffenbachia Parlatorei, l.indcn et André, in IJnd. Ciilal. N» 93, 1875, p. 4. — Ed. André, Tuur ilii Momie, XXIV, p. 28. D. pothiformis, Lind. iii. litt. CARACTERES DE LA VARIÉTÉ: Costa snpra alho-lineala, lamina maciilis insqualibus nivcis viridi puuctalis ornata. — E. A. En 1872, M. Linden reçut le type de cette curieuse et belle espèce de la province d'Antioquia (Hltats-Unis de Colombie). La caisse contenait des rhizomes d'un vert-noir, charnus, gros comme le bras. J'assistai au débal- lage. Quelques mois après, les plantes s'étaient développées et nous off'raient l'aspect étrange d'un Pollios acaulis avec ses grandes feuilles allon- gées, sessiles, d'un port tout-ù-fait inusité dans le genre. Nous lui avions provisoirement donné le nom de B. pothifurmis, mais après avoir réHéchi que les Pothos du commerce n'étaient autre chose que de vrais Anlhurium (A. acnule), et que par conséquent l'épithète serait mal choisie, le baptême fut ajourné. 11 ne fut donné qu'en 1S74, à la grande Exposition internationale de Florence, où la plante reçut définitivement le nom du savant botaniste que nous venons de perdre, le proi'. Filitipo Parlatore. Depuis lors, cette espèce a fait son chemin et partout elle a frappé les connaisseurs par son étrange faciès et sa grande vigueur. J'ai eu, à mon tour, le plaisir de la retrouver dans une de ses stations natales et je demande à reproduire ici les lignes que je lui ai consacrées dans le Tuur du Momie, après l'avoir rencontrée dans la forêt vierge, sur les bords du rio Magdaléna, non loin de l'Angostura de Naré. " La futaie s'élève, l'ombrage devient impénétrable aux rayons du soleil, — 153 - et je me trouve soudain en présence d'un de « mes enfants ", une plante que nous avons décrite, M. Linden et moi, et dédiée au savant botaniste de Florence, Filippo Parlatore. On l'avait envoyée vivante à M. Linden, et nous l'avons nommée ensemble Dieffenbachia Paiiatnrei. C'est une admirable Aro'idée terrestre, à feuilles épaisses, d'un vert-noir, luisantes, comme vernissées. Elle contient un poison violent et subtil, et quand on brise le pétiole, il exhale une odeur d'acide prussique fort peu rassurante. Sous bois, dans cette demi-obscurité, son aspect est étrange et beau à la fois, et j'éprouve une véritable joie à contempler ma plante dans sa station natale. " Ce n'est pas la seule d'ailleurs que je retrouve parmi nos anciennes connaissances des serres de l'Europe. L'Aristoloche en bouclier (Aristolochia clypeata) est encore une de nos filleules. En liane flexible, elle enlace de festons le tronc des Cédrélas qu'elle revêt de ses gracieuses feuilles cordi- formes, d'un vert cendré. Sur le vieux bois couvert de côtes subéreuses sortent de grandes fleurs blanches toutes mouchetées de brun-rouge et dont la forme a motivé le nom que nous lui avons donné. Le charmant Echitès nervé de rubis [Echites rubrovenia), le Martinézia de Linden {Mar- tinezia Lindeni) se mêlent aux fleurs rouges des Abutilons, aux Bignonia- cées variées, ù plusieurs espèces de Palmiers. ■> Le D. Parlalorei est une espèce très distincte par son port, bien qu'il ne m'ait jamais montré une seule fleur parmi les milliers de touflfes que j'ai observées au bord du Magdaléna. La plante qui s'en rapproche le plus est le D. robusta, C. Koch, rapporté par M. Karsten de Caracas; mais comme j'ai également vu cette plante au "Venezuela, près de Maiquétia, probable- ment au lieu même d'où Karsten l'a rapportée, je puis aflfirmer qu'elle s'en éloigne notablement; mes échantillons d'herbier en font foi. La variété dont nous donnons aujourd'hui la figure et la description est une forme du D. Parlatorei. Elle est caractérisée par de larges macules inégales, blanc de neige ponctuées 'de vert, et les lignes blanches qui par- courent longitudinalement la nervure médiane. Ed. André. HORTICULTURE D'ORNEMENT. PLANTES NOUVELLES. Dircaeo-Gesneria Duvalii. — j\I. Duval, horticulteur à "Versailles, dont nous avons publié ici les beaux gains en Gloxinias, a présenté à la . Société centrale d'Horticulture de France, séance du 2G juillet 1877, un hybride remarquable obtenu par lui entre les Dircœa macrantha et Gesneria Meckii. Cet hybride, au lieu d'être grêle comme le Gesneria ou pauciflore comme le Dircœa, produit des verticilles de fleurs rouges nombreuses, bien rangées, d'un beau port. Ce sera une précieuse addition aux Gesnériacées déjà connues. Detector. — 154 — CCXCII. ALOCASIA X SEDENI, hort. a>cl. alocasia de seden. Aroïdées. ÉTYMOLOGIE el CARACTÈRES GÉNÉRIQUES: Voir llluslr. Iiorl., I. VIII. pi. -2«3. CARACTÈRES DE I.TIVURIDE : Cinilis hrevis, incr.issalus; s/jurniM- memljr.'inacca' lrlaiif;ii- lari-acul;e ciicilor 10 cent. Ion};;o, pcliuliis eioclus cyliiidricus c basi ad apuciii ciiivalani atleiiualus, vayina plus minus alla coiivolula margine scariosa; /o?. lamina ."0-40 cenl. lonf;a, 15-20 c. lala, ovalo-pcitata basi conlala apicc longe acuniinato-mucionala maiginibus undulalis pellucidi.s, lobis l)asilaribus lads rotundatis siiiu mediocri obtuse, cosla nervisquc subtus vix promincnllbus supra clavatis, primariis rcctangulis dcin curvatis ad pciiphcriam llbcram zoiialam conflucntibus; peduncubis paulo brcvior, erectus, cyliiulraceus; spatlia ovala basi clau.sa ovoidca, hi'vis; ovarla lurhinata in spicam brevem conforta. — Ilybridum novuni borlulani Sedeiiii anglici induslriosa lœcundalionc intor Atucusiain nictallicaiit cl A. Lonii nalum. — E. A. Alocasia X Sedeni, Ilort. Veitch. — Gard. Clivon. 1869, p. (jlo. — Cogniaux et Mar- chai, Plaiil. orneiHciil. I, pi. XXI. Cette belle plante a été obtenue d'un croisement pratiqué par M. Seden, chef de cultures chez MM. Veitch, à Londres, entre les Alocasia metallica et Lowii. La plante fut exposée pour la première fois en 1869, le P'' juin, à la Société royale d'Horticulture de Londres, où elle fut très admirée. En voici la description, que nous avons prise sur un pied vigoureux dans les serres de M. Linden. Les dimensions que nous indiquons peuvent être notablement dépassées quand l'exemplaire est bien cultivé. Plante robuste, dressée, à tige courte et charnue; feuilles accompagnées d'écaillés membranacées triangulaires aiguës, brun-rouge, caduques. Pétiole cylindrique, long de 50 centimètres, passant du rouge vineux violacé de la base au vert tendre du sommet, dilaté inférieurement en une gaîne plus ou moins élevée à bords membranacés convolutés, courbé et enfoncé dans le limbe au sommet; limbe pelté clypéiforme, ovale-cordé acuminé aigu au sommet, à long mucron bordé par le prolongement des bords sinueux trans- lucides, à sinus plus ou moins profond, arrondi; nervures à peine saillantes en dessous, très proéminentes dessus, à angle droit avec la côte et la ner- vure principale de chaque lobe, puis courbées jusqu'à se rejoindre en une ligne distincte, parallèle à la périphérie triplement zonée. Face inférieure d'un beau violet foncé uniforme avec des filets vert pâle sur les nervures; face supérieure d'un vert foncé, luisant, métallique ou bronzé, sur leqel se détachent les nervures immergées dans des bandes vert pâle argenté. Pédoncule plus court que le pétiole, dressé cylindrique, violacé à la base, vert au sommet; fleurs.... — Spathe fermée à la base, à bords convolutés, ovo'ide lisse, verte. Ovaires turbines, rassemblés sur un axe court. Ed. André. fiannfitiiifktr. idmu.pùta: ùifdirh i'vai ALO L ILLUSTRATION H0RT1CI J l'uia 5IA X SEDENI, L'ILLUSTRATION HORTICOLE CODI>EUM (CROTON) LYRATUM. - 155 — CCXCIII. CODI/EUM (CROTON) LYRATUM, llxden 4. andré. CROTON A FEUILLES EN LYRE. EUPHORBIACÉES. KTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES et SPÉCIFIQUES : Voir Wiistr. horlic, 1867, pi. 554. CARACTÈRES DE LA VARIÉTÉ ; Caulis junior roljuslus, cylindraceus, viridi-Davo mar- moratus; folia crecto-patula, pctiolo 4-3 cent, longo, tercti, basi et apice tumefaeto flavido, lamina io-20 cent, longa, 6-8 lala, lyrala (vel int'ra triangulari, medio expausa, supra nicdium contracta et apice abrupte attenuata obtusa), costa nervisquc priniariis in vitta Ucte aurca immersis maculisque intequalibus luteis additis, pagina inferiore pallidiore. — E tribu varie- tatum hastileraruni fœcundatione adulterina evidenter ortum (conf. Illustr. Iiort., 187o, ).. 156). — E. A. Codiœum pictum, Hook., vnr. lyratum, Linden et André, var. nov. Croton lyratum (I), Catal. Lind. Cette nouvelle forme de Croton rentre dans cette tribu des " trilobés " ou " hastifères ", dont la première apparition en Europe date de 1874, quand M. Moore, de Sydney (Australie), les montra en échantillons d'her- bier à quelques visiteurs de l'Exposition internationale de Florence. Depuis cette époque, plusieurs variétés analogues ont fait leur apparition soit en Angleterre, soit sur le continent, à la grande surprise des amateurs. h'IUustralion horticole a publié le premier d'entre eux, le Codiœum hastife- rum (1875, p. 136), en appelant l'attention sur cette race à limbes en halle- barde, si étrange dans un genre dont toutes les espèces ont les feuilles entières. La variété qui nous occupe aujourd'hui présente une forme Ij'rée, analo- gue à la feuille du Tulipier [Liriodendron tulipifera], moins la troncature apicale. Elle est très élégante par son port dressé, ses élégantes macula- tures jaune d'or léger et ses nervures immergées dans des bandelettes de la même couleur, d'une grande netteté et d'une vivacité particulière de ton. Ed. André. (1) Les horticulteurs ont adopté la forme neutre pour le mot Croton, bien qu'il soit en réalité masculin. 11 faudrait donc dire C. lyralus, comme quoUiues botanistes anglais ont essayé avec raison de le persuader. Mais cette rectiflcation est sans objet pratique, car les plantes connues sous le nom de Croton dans nos serres ne sont eu réalité que des Codiœum, genre à désinence neutre. H faut donc dire Codiœum pictum var. li/ratunt; mais quand verrons-nous une nomen- clature exacte prévaloir dans les catalogues marchands V C'est une tâche qne mou prédécesseur Ch. Lcmaire avait entreprise con f'uria, sans réussir il obtenir aucun résultat saillant. — E. A. — 156 — LE JARDIN POTAGER Eï FRUITIER. FORÇAGE DES ARBRES FRUITIERS. SYSTÈME BRUNELLIÈRE. M. A. Boisselot, le semeur de fruits, dont le nom est connu de tous les pomologues, a découvert dernièrement qu'un horticulteur de Nantes, M. Brunellière, avait imaginé un nouveau système pour forcer les arbres fruitiers, qu'il a fiiit connaître dans la Revue horticole. ■Voici le procédé mis en usage par M. Brunellière : Dans un carré de son jardin, il a planté, en 1875, deux rangées de Pêchers à un mètre de distance, et en longueur à la même distance dans le rang. Puis, il les a dirigés horizontalement, — c'est-à-dire en cordons horizontaux, — à 80 centimètres du sol, de manière à laisser une allée entre les deux rangs de Pêchers. Les rameaux latéraux ont été maintenus également ;\ plat par deux baguettes placées parallèlement aux branches mères. Après avoir établi un cadre de bois large de 2™, à 1™ de hauteur, il a couvert ce cadre de châssis de 2 mètres, qu'il place dessus à la fin de l'hiver, après les avoir utilisés pendant l'hiver à couvrir une serre ofi il force des Camellias. Le dessous, resté libre, sert à la culture du Réséda. Le produit de ces Pêchers ainsi traités a été de 1000 à 1200 pêches arri- vées à maturité et vendues avant l'apparition des premières pêches d'es- palier. L'avantage de ce procédé très économique et rénumérateur est de ne nécessiter aucun établissement permanent et de pouvoir être appliqué suc- cessivement à d'autres parties de la pépinière où l'on a préparé d'avance des rangées de Pêchers traités de la même manière. Cette simplicité extrême nous a frappé et nous pensons que le moyen imaginé par M. Brunellière doit être recommandé, surtout si on le perfec- tionnait par une taille raisonnée, et si l'on ajoutait à son efficacité en gar- nissant de planches sur champ un des espaces libres situés sous le cadre de châssis. Ed. André. >-•♦•—< HORTICULTURE D'ORNEMENT. LES PALMIERS DE PLEIN AIR POUR LE MIDI DE L'EUROPE. En citant, dans le numéro précédent de ce recueil, la fructification abondante des Dattiers de la villa Faustina, à Cannes, je faisais ressortir l'importance de la culture des Palmiers dans le midi de la France, c'est-à- dire dans la région méditerranéenne. Pour contribuer à obtenir ce résultat, que plusieurs bons esprits ont déjà — 157 - entrevu et vers lequel tendent leurs efforts, il n'est pas inutile d'indiquer quelques espèces sur lesquelles doit principalement se porter l'attention. Je commencerai par noter les Palmiers que la Société algérienne fait cultiver avec succès au jardin du Hamma, à Alger, et qui presque tous peuvent prospérer sur le littoral méditerranéen. Ce sont les : Conjpha austraiis, très rustique, feuilles palmées, pétioles épineux, crois- sance rapide ; Conjpha gebaïuja, de Java, à grandes feuilles comme un Latanier, vert foncé, d'un très beau port ; Livistona .■iùiensis {Latania borbonka), superbe espèce, bien connue, qui demande un peu d'abri, les grands vents et l'excès de soleil lui étant préjudiciables ; Phœnix dactijlifem, le Dattier commun, très rustique, fructifiant aisément. Se plaît à la plus grande chaleur ; Phœnix leonensis, très élégante espèce, à frondes dressées d'abord, puis horizontales, port et vigueur superbes ; Phœnix pumila, gracieux et plus petit dans toutes ses parties; Phœnix reclinata, l'un des plus beaux et des plus robustes; Sabal Adansoni, peu élevé, feuilles palmées, bleuâtres; Sabal Havanensis, palnietto et princeps, trois espèces recommandables. Aux espèces qui précèdent il conviendra d'ajouter : Cocos Romanx,offLa'na, en première ligne, admirable espèce, dont il existe un énorme exemplaire dans le jardin de M. Mazel, au golfe Jouan (Alpes maritimes) ; Areca Baueri (Seaforthia robusia), un des plus beaux Palmiers connus; il demandera une situation abritée; Jubœa Toralhji, magnifique espèce des régions froides du Pérou et de la Bolivie (que j'ai retrouvée dans l'Equateur, à Ibarra); Diplolliemiiim campestre, connu aussi sous le nom de Cocos austraiis; Rhapis flabelliformis, du Japon, touffes de tiges petites, mais très élégantes; Sabal Mocini, très belle espèce robuste; Pvitchardia filifera, de l'Arizona, magnifique plante, dont il a été plusieurs fois parlé ici; Cocos coronata, superbe espèce à grande végétation ; Chamœrops humilis, le Palmier nain d'Algérie ; — excelsa, de la Chine, déjà rustique dans le centre de la France et presque complètement sous le climat de Paris ; — stauracantha {Acanthorhiza) , admirable espèce, découverte par M. Linden dans l'Etat de Tabasco, au Mexique; — tomentosa, port d'un Ch. humilis, avec des parties blanches et velues; — arborea, beau port, forte élévation ; — littoralis {Copernicia), très beau port; — macrocarpa, à gros fruits ; Kentia gracilis, Balmoreana, austraiis, Forsteriana, Lindeni, espèces que nous avons indiquées et vantées ajuste titre dans Y Illustration horticole; Pritchardia Martiana [Chamœrops), l'un des plus beaux Palmiers connus; — filifera [Sabal), déjà indiqué; — 158 — Jubœa spectabilis, le grand Dattier du Chili, très rustique; Et plusieurs autres espèces reconnues de serre froide, que M. Linden a bien souvent recommandées pour l'Europe méridionale et qui formeraient en peu d'années de beaux arbres. J'ai raconté, dans ce recueil, en 1871, les plus beaux résultats obtenus dans quelques villes célèbres du littoral fran- çais de la Méditerranée et publié les dimensions des Palmiers de la villa Vigier, ;\ Nice. Je renvoie à ces détails. Mais je veux ajouter, comme sug- gestion complémentaire, les noms des espèces suivantes, qui toutes ne résisteraient peut-être pas à des essais en plein air, mais qui, étant de serre froide, peuvent motiver de justes espérances. Toutes ces plantes peuvent être obtenues ches M. Linden, à Gand, où elles sont cultivées par centaines et plusieurs par milliers : Areca sapicla. Bralioa cgrcgia. Calyptrojiyne elata. Caiyola speciosa. Cocos campestris. — carnosa. — Ilexucsa. — Mikaniana. — Wedilelliana. DosinoïK'lins graiiililolius. DipkilliiMiiiiiiii lilturale. EiiU'ipe aiili(K|uieiisis. Oïljigiija iiiil)ia. Morenia coralliiia. — Liiuleni. — Poeppigiana. Orcocloxa vciitricosa. Pha'iiix faiiiiil'cra. — sjlvosiris. Sclioelia regia. Scafoi'lliia cicgans. Sjagi'us botryopliora. Cyphokenlia divers. Ptjchosperma Alexaiidrœ. Ceroxylon aiulicola. Ed. André. PLANTES NOUVELLES. Rose Alfred K. "Williams. — Variété très vigoureuse, tleur grande, pleine, bien faite, parfois de forme bombée, à pétales imbriqués, d'un très beau coloris rouge carmin passant au rouge Magenta, très remontante. Rose Edouard Pynaert, — Variété vigoureuse à rameaux droits, feuillage d'un beau vert foncé, pédoncule ferme et d'une tenue parfaite, fleur grande, pleine, globuleuse, coloris d'un beau rouge groseille vif, bord des pétales légèrement carminé. Plante franchement remontante, de pre- mier mérite, issue de la variété /Antoine Ducher. Ces deux variétés ont été obtenues et viennent d'être mises au commerce par M. J. Schwartz, de Lyon. Lomaria gibba robusta. — M. Truffaut, horticulteur, à Versailles, vient d'obtenir cette belle Fougère hvbride, d'une fécondation croisée, dit-on, entre le Lomaria gibba et le Blechmtm bvasiliensc. On a révoqué en doute le fait. Nous n'y voyons cependant rien de surprenant, les deux genres étant très voisins l'un de l'autre, habitants des mêmes contrées pour beaucoup d'espèces, et présentant le môme port. On dit le L. gibba robusta une forme à larges folioles et à végétation vigoureuse qui fera une excellente plante d'appartement, qualité de pre- mier ordre parmi les Fougères. A ce titre, nous recommandons le nouveau gain de M. Truffaut. Ligustrum ovalifolium robustum variegatum. — Sous le nom un peu trop long et pas très exact de L. califoriiicum robustum variegatum, M. Chouette-Théodet, horticulteur, à Orléans, va mettre au commerce cet — 159 — hiver une nouvelle variété vraiment très précieuse du L. ovalifolium, vul- gairement connu sous le nom de Troëne de Californie. On possédait déjà une variété panachée de cette plante, mais celle-ci lui est de beaucoup supérieure par la netteté de la panachure, qui ne brûle pas au soleil comme beaucoup de formes chlorotiques des arbustes de pleine terre. Nous n'hési- tons pas à recommander cette bonne nouveauté. Detector. CULTURE DES PLANTES D'APPARTEMENT. La culture des plantes dans les appartements ne présente pas trop de difficultés; avec peu de soins, on peut obtenir les mêmes résultats que dans les serres. Tout dépend du choix des plantes, du compost des terres, de l'arrosement et de l'exposition qui peut être donnée aux plantes. § I. Du CHOIX DES PLANTES. Les meilleures plantes pour les appartements sont exclusivement celles qui végètent dans les contrées chaudes du globe et plus particulièrement sous les Tropiques. Le nombre des plantes exoti- ques est immense, et l'amateur ne sera jamais embarrassé de faire un choix parmi les magnifiques Palmiers, les Cycadées, les Pandanées, les Fougères, les Mélastomacées, les Rubiacées et de bien d'autres familles, sans compter les Orchidées, dont beaucoup se prêtent à la culture en appartements. Les plantes des pays tempérés, comme l'Australie, r.\méri- que du Nord, le Cap de Bonne-Espérance, le Japon, le centre de la Chine, etc., exigent plus de soins et présentent quelque difficulté pour les bien cultiver dans les appartements, mais il faut renoncer complètement à la culture des plantes indigènes. Pour faciliter à l'amateur son choix, nous lui conseillerons de prendre les plantes qu'on cultive habituellement en Europe, dans les serres chaudes et tempérées. Les plantes cultivées dans les seiTes froides ne conviennent pas, parce que la température de nos habitations en hiver est plus chaude que celle de la serre froide, et les plantes excitées par la chaleur poussent trop, s'épuisent et meurent. Pour la même cause, on ne peut pas cultiver les plantes du pays ou de la pleine terre, qui ont besoin du repos pendant la saison d'hiver. § IL Du COMPOST DE LA TERRE. L'cxpérience de plusieurs années a démontré que, pour faire prospérer les plantes en appartements, il faut leur donner la terre qui ressemble le plus possible à leur terre natale. Pour arriver à cela, on fait des composts en mêlant les différentes terres ou terreaux qui sont connus chez les horticulteurs sous les noms suivants : 1° Terre, de bruyère. C'est un terreau provenant de la décomposition de bruyères (France) ou de feuilles de Pins et de Sapins (nord de l'Europe) ; il est de couleur grise, léger et sablonneux. 2° Terre de gazon (loam en anglais). Ce terreau se forme de l'herbe et de ses racines ; il est lourd et argileux ; sa couleur est jaunâtre. 3° Terre tourbeuse. Elle est produite par les débris de plantes des marais; sa couleur est brun-noir; elle est légère, mais absorbe beaucoup d'eau. — 160 — 4<> Terreau de feuilles. Le meilleur est celui qui est formé par les feuilles de Tilleul, d'Erable, de Peuplier, etc. Sa couleur est brune. Comme ce ter- reau entre dans tous les composts, il faut éviter avec soin d'employer celui qui provient de la décomposition de feuilles de Chênes, d'Ormes ou de Marronniers. 5° Terreau de fumier. Le meilleur est celui qui provient du fumier de cheval. Il est d'une couleur noirâtre. C° Sable fin. Il doit être blanc ou jaune pâle. Ces terreaux pris par différentes doses forment les composts pour toutes les plantes. Dans la description des plantes, nous indiquerons pour chaque espèce le compost convenable. Outre ces terres, il faut avoir pour la culture des Orchidées de la mousse blanche, qu'on appelle Sphaguum, et les sciures de bois. On choisit de pré- férence les sciures de bois blanc, comme Tilleul, Peuplier, Erable, etc.; mais on ne doit pas employer les sciures de bois de Chêne, d'Orme, de Marronnier, de Sapin, de Bouleau et d'autres espèces résineuses. Avant de se servir pour le rempotage des plantes de n'importe quel ter- reau, il faut le bien passer au tamis, le plus fin, pour le dégager de racines et de débris qui ne sont pas complètement décomposés, parce que leur pourriture peut se communiquer aux racines de la plante et la faire périr. § III. Rempotage des plantes. L'amateur qui désire avoir de belles plantes ne doit jamais confier à personne cette opération importante. Du rempotage soigneusement fait dépend la bonne végétation, tandis que le rempotage mal exécuté est souvent la cause de maladie ou de la mort. En général, les plantes doivent être rempotées une fois par an, et le meilleur temps pour leur rempotage est le printemps, c'est-à-dire les mois d'avril et de mai, mais, au besoin, on peut rempoter à toute époque de l'année. Les pots qu'on donne aux plantes saines doivent toujours être plus grands que les anciens de deux ou de trois cetuimélres. Les pots ordinaires en terre cuite sont les meilleurs, — les pots en faïence, en porcelaine ou en métal ne doivent pas être employés. Pour les grandes plantes, on peut employer les cuvelles en bois de chêne. Le rempotage se prati(iue de la manière suivante : on prépare le compost convenable, en mêlant bien les terres ensemble et en le mouillant légère- ment. On choisit le pot de la grandeur nécessaire; on remplit le fond avec des tessons et on met une couche de la terre de telle épaisseur qu'en posant dessus la plante qu'on rempote, il reste en haut un espace vide d'un centi- mètre pour faciliter l'arrosage. On prend ensuite la plante qu'on veut rempoter; et pour le faire sortir de son ancien pot, on le retourne et on frappe légèrement son bord sur le coin de la table. Si la plante ne sort pas facilement avec toute sa motte, ce qui arrive souvent, quand ses racines sont fortement attachées aux parois, on casse le pot avec le marteau et on détache les tessons, ayant soin de ne pas endommager les racides, parce que rien n'est plus nuisible aux plantes qu'on rempote que d'arracher, de casser ou de couper leurs racines. Quand la plante est sortie, on retire tous les tessons qui se trouvent en bas de la motte et on la met dans le nouveau ^ 161 - pot, puis ou remplit avec de la terre l'espace vide entre la motte et les parois, tassant légèrement la terre avec une petite planchette mince. Quand le pot est rempli jusqu'au niveau de l'ancienne motte, on tasse le tout avec les doigts et on arrose par deux reprises la plante rempotée. Deux jours après, on remue avec le couteau la nouvelle terre jusqu'à moitié de la profondeur du pot, sans toucher aux racines et à l'ancienne motte; puis on égalise la terre, évitant de la tasser trop. Il ne faut jamais rempoter les plantes au moment de leur floraison, mais avant ou après. § IV. Arrosement des plantes. En commençant par le mois de mai jusqu'au mois de septembre, on arrose les plantes tous les jours et beau- coup; mais du mois de septembre on diminue insensiblement, sans cepen- dant tenir la terre dans un état de sécheresse ; on arrose même en hiver lorsque les plantes en ont besoin Pour savoir quand la plante a besoin d'être arrosée on emploie le moyen le plus simple et le plus sûr. Frappez le pot avec les ongles; s'il sonne ou produit un son aigu, c'est le signe que la terre est sèche et que la plante a besoin d'être arrosée; dans le cas con- traire, le pot ne donne qu'un son sourd comme si c'était du bois. Il n'y a pas d'heure fixe pour l'arrosement ; on peut le pratiquer pendant toute la journée. En arrosant une plante, il faut s'assurer d'abord si la terre, en se des- séchant, n'a pas produit de fissures autour du tuteur et les parois du pot ; dans ce cas, il faut remuer et égaliser la surface de la terre en la tassant autour du tuteur et des parois; après quoi on peut l'arroser. Il ne suffit pas de verser quelques gouttes d'eau pour croire que la plante est bien arrosée, au contraire, c'est quand l'eau coulera un peu par l'ou- verture qui est au fond du pot, qu'on peut être sur que la plante est arrosée suffisamment. Eu hiver comme en été, il ne faut pas arroser avec de l'eau froide, mais il faut la laisser séjourner dans l'appartement, au moins pendant cinq à six heures. § V. De la lumière et de l'air. Comme la lumière et les rayons du soleil sont indispensables à la végétation, il faut poser les plantes près des fenêtres, mais jamais derrière les rideaux (même en mousseline), ni sur les cheminées ou dans les coins obscurs de la chambre. Les fenêtres exposées au sud, sud-est et sud-ouest sont les meilleures pour les plantes. L'exposition à Vest et à Youest ne convient qu'à peu d'espèces, mais l'exposition au nord doit être abandonnée entièrement. Nous indiquerons plus loin la meilleure position pour chaque plante. C'est a tort qu'on pense que les plantes exotiques cultivées dans les appartements ont besoin d'autant d'air que nos fleurs des champs, et qu'on fait du bien aux plantes en ouvrant grandement, n'importe dans quelle saison, les fenê- tres de la chambre pour toute la journée. Au contraire, l'air vif du prin- temps, de l'automne et surtout de l'hiver, comme le courant d'air et le vent en été, peuvent nuire aux plantes plutôt que leur être salutaires. En général, les plantes exotiques, et spécialement les Orchidées, craignent les changements subits de température; leurs feuilles jaunissent, tombent et - 1G2 - les plantes périssent. Pour éviter ce malheur, il faut tenir la température de l'appartement toujours entre 12 et 15 degrés de chaleur, en hiver, comme en automne et au printemps. Il ne faut jamais ouvrir grandement les fenêtres auprès desquelles sont posées les plantes; mais quand la température est chaude, en été, on peut entrouvrir les croisées, sans disjoindre les battants, et les laisser jusqu'au soir. Dans les autres saisons on entrouvre les fenêtres pour un quart d'heure, le matin et le soir, excepté en hiver; quand il gèle, les croisées doivent être bien ajustées pour ne pas laisser passer l'air et le froid du dehors. § VI. Les maladies, les insectes et les choses nuisibles aux PLANTES. La maladie la plus dangereuse pour les plantes est le cancer ou la pourriture de la moelle dans les branches et les tiges; on la reconnaît par la fanaison des jeunes pousses, puis les feuilles jaunissent, l'écorce dessèche et le cancer descend jusqu'aux racines. Pour sauver la plante, il faut immédiatement couper les parties attaquées jusqu'au-dessous de l'endroit où l'on a remarqué la couleur brune de la pourriture. Cette maladie se développe souvent dans les racines; leurs bouts com- mencent à pourrir, en même temps que les bouts des feuilles, qui devien- nent noirs. Dans ce cas, il faut faire sortir la plante de son pot et couper toutes les racines malades qui sont de couleur brune, remettrez ensuite la plante dans le pot, en ajant soin de ne pas l'arroser trop pen- dant quelques jours. Si la maladie continue, il faut répéter l'opération et on peut même rempoter la plante dans un pot moins grand, en lui don- nant un compost plus léger en augmentant la partie de la terre de bruyère ou du sable. Il ne faut pas considérer toujours la jaunisse des anciennes feuilles comme une maladie de la plante : ce n'est souvent que l'indice de la reprise de la végétation. Parmi les insectes nuisibles aux plantes d'appartement, il n'v a que quatre espèces qu'on remarque quelquefois, ce sont : les deux espèces de petits pucerons noirs ou verts qui apparaissent sur les nouvelles pousses. La troisième espèce est un puceron rond et plat, qui se tient collé comme une tache sur les feuilles et les branches; il est couvert d'un duvet blanc comme le coton. La quatrième espèce est une araignée blanche microsco- pique, qui se propage rapidement et envahit les plantes en les couvrant d'une toile d'araignée très fine. Cette araignée attaque les jeunes pousses et les feuilles. Elle se montre le plus souvent sur les plantes exposées aux rayons du soleil, plus chauds que l'exige leur nature. On fait disparaître tous ces insectes avec la mousse de n'importe quel savon. Prenez un morceau de savon, frottez-le avec une éponge mouillée pour produire une mousse épaisse et lavez bien votre plante, ayant soin de couvrir avec la mousse les parties occupées par les insectes; laissez, pour cinq minutes, la plante dans cette mousse, puis enlevez avec l'éponge la mousse et les insectes et nettoyez avec de l'eau pure par deux reprises. Il arrive quelquefois, quand la mousse n'a pas pénétré dans quelques endroits, que les insectes reparaissent, alors on n'a qu'à répéter l'opération. — 163 — La présence de vei's dans la terre ne nuit pas trop aux plantes; mais quand on veut se débarrasser d'eux, on fait sortir la plante de son pot et on trouve les vers au fond, dans les racines, et on les retire. Ce qui est plus nuisible pour les plantes d'appartement que les insectes, c'est la poussière qui couvre les feuilles et bouche leurs pores respiratoires et arrête par là la végétation. Pour enlever la poussière, il ne faut em- ployer ni plumeaux, ni les brosses, ni frotter les feuilles avec un linge sec, mais on doit les laver avec une éponge, sans trop la mouiller et en changeant souvent l'eau. On enlève soigneusement la poussière de la surface comme du dessous de feuilles, de branches et de tiges. Il faut faire, au moins une fois par semaine, cette toilette indispensable pour activer la végétation des plantes et pour leur donner une verdure brillante. Les autres ennemis des plantes sont : l'obscurité, l'humidité des chambres et la fumée des cheminées, surtout du charbon de terre, mais la fumée de tabac ne leur nuit en rien. Ath. de Luckmanoff. MÉLANGES. La culture des arbres fruitiers en pots ou des serres-vergers, comme l'ap- pelle notre ami Ed. Pynaert, qui s'en est fait le champion sur le continent, n'a pu jusqu'à présent s'introduire en France où le soleil produit libérale- ment de si beaux fruits et oCi l'arboriculture productive a conquis une si grande place. Mais comme délassement, comme amusement de l'habitant des villes, du possesseur d'un humble jardinet ou même d'un balcon, d'une fenêtre, on ne saurait trop recommander ce procédé. En empotant à l'au- tomne quelques pieds d'arbres fruitiers d'après les préceptes indiqués dans le livre de l'auteur susnommé, on peut arriver à une fructification complète et obtenir les plus agréables résultats. C'est un sujet charmant entre tous; il a inspiré à M. Buchetet une causerie horticole spirituelle dans laquelle je découpe le friand morceau que voici : " Moi, je l'avoue, j'aime cette culture, je trouve cela charmant pour celui à qui est refusée la plus petite bouchée de propriété foncière. On n'est pas cultivateur, et l'on récolte; on n'a pas de terrain, et l'on est pro- priétaire; on n'a pas de jardinier, et l'on est patron. Du haut de son balcon, de l'appui de sa terrasse, on plonge dans le jardin du voisin; on le voit qui bêche, qui arrose, qui pioche, qui taille, pince, ébourgeonne, qui grimpe à l'échelle, jette des poudres et des liquides aux insectes, palisse les rameaux, râche les troncs d'arbre et les badigeonne, brosse les branches, écrase les escargots et les limaces, poursuit les chats et les poules qui se mettent à tout briser sans la moindre intelligence de leur travail, attache des fioles d'eau miellée pour prendre les quêpes, menace les moineaux, ramasse au pied des arbres les fruits tombés à la fleur de l'âge, et fait sécher au soleil les mouchoirs qu'il à trempés de sueur, tandis que l'épouse alarmée le poursuit sans trêve de sa touchante sollicitude ; " Rentre donc, mon ami, tu vas attraper du mal. " » Pendant ce temps-là, soi, de la haut, on sourit au milieu de sa pépi- — 1(54 — nière portative; l'arrosage a duré deux minutes; le temps qu'on mette le couvert, on a taillé son verger tout entier; si quelque puceron s'est four- voyé à ce quatrième étage, une boufl'ée d'un bon cigare le punit de son audace. Tout le petit troupeau de poiriers, de pommiers, de pêchers, d'abri- cotiers, de vignes, de groseillers est là sous la main; on le surveille d'un coup-d'œil. Un fruit a-t'il besoin d'un rayon de soleil ou d'un manteau d'ombre, crac! un tour de main au pot, et le voici placé au levant, au cou- chant, au sud. L'Homme souverain dirige à volonté la nature esclave. •> Après ce petit tableau, allez donc résister au charme de vous appeler cul- tivateur en chambre ! Ed. André. BIBLIOGRAPHIE. Economie Entomology. — Apiera, par Andrew Murray (ij. — Cette première partie du livre dans lequel le savant entomologiste de Londres se propose de passer en revue tous les insectes qui sont utiles ou nuisibles à l'homme, révèle le savoir le plus étendu. Elle est exclusivement consacrée aux Aptères et il n'a pas fallu à l'auteur moins de 400 pages pour épuiser la série de toutes les bestioles qu'il est utile de connaître dans leurs rapports avec nos intérêts économiques. Presque toutes les espèces sont figurées et grossies lorsqu'il en est besoin, ce qui ajoute une grande valeur aux des- criptions de l'auteur, car ces gravures sont dessinées par lui-même avec un incontestable talent. Les plantes insectivores, par Ch. Darwin [-). — Cette traduction française du livre dû à la plume du fécond observateur naturaliste anglais est d'une grande exactitude et d'une forme littéraire agréable. Un travail de M. Martins, qui résume les connaissances acquises sur cette question jusqu'en 1877, ajoute beaucoup à l'intérêt du livre, dont la réputation va ainsi s'étendre considérablement en dehors de l'Angleterre. L'Amérique équinoxiale, par Ed. André (3). — Cette première par- tie de la relation du voyage effectué par le rédacteur de Vltiustration horti- cole, iM. Ed. .\ndré, dans la Nouvelle-Grenade, l'Equateur et le Pérou, vient de paraître dans le Tour du Monde, dirigé par AL Ed. Charton. Nos collègues de la presse horticole ont accueilli cette publication avec des paroles bienveillantes et élogieuses que nous ne pouvons reproduire ici, mais qui signalent en même temps que la partie botanique et horticole de ce voyage a reçu de l'auteur un développement particulier. Les autres par- ties suivront à la fin de l'année ou au commencement de 1878, et compren- dront successivement les régions que M. André a parcourues pour accom- plir la mission scientifique qui lui avait été confiée par M. le Ministre de l'Instruction publique de France. j pucos (1) I vol. in-12, 1877. Chapman et Hall. London. (2) Traduclion française par Ed. Barhior, aniiolré par Ch. Marlins. Paris, Rcinwald, I vol. in-8, 1877. (ô) Le Tour du Monde, chez Hachelle et C'S 79, Faubourg S'-Germain, Paris. — Livraisons 861-86i, avec gravures. — 165 — CHRONIQUE HORTICOLE. NoYcniltn; 18TT. Retour de sir J. D. Hooker. — Le savant directeur des jardins de Kew est revenu de son excursion botanique dans les Montagnes Ro- cheuses, faite en compagnie du D'^ Asa Gray, et du D'' Hajden, clief du Geological Surveij des États-Unis d'Amérique. L'expédition a eu pour Ijut d'explorer les États de Colorado et d'Utah, afin de comparer les flores de ces territoires élevés avec d'autres parties du continent, et d'éclaircir le problème de l'origine et de la distribution des plantes nord-américaines. Le D"' Hooker et ses compagnons se dirigèrent rapidement de New- York vers le Colorado, suivirent les flancs des Montagnes Rocheuses pendant 300 milles, de Denver City jusqu'aux limites du Nouveau-Mexique, faisant l'ascension des pics les plus élevés et visitant les vallées arrosées par les tributaires des rivières Flatte, Arkansas, Colorado et Rio-Grande. De Denver, ils allèrent au nord, à Cheyenne dans le "Wyoming, puis à la ville des Mormons (Great sait lake City), et traversant le " Great Pacific Railway, " par les déserts salés, ils gagnèrent Réno et le sud-ouest par Carson City, d'où ils entrèrent dans le domaine des " big trees " (forêts de Séquoia (jiganlea). Arrivés à San-Francisco, puis à Sacramento (Californie), les voyageurs prirent le " Union Pacific Railway, " et se dirigeant vers l'Est, ils visi- tèrent Mount Stanford sur la crête de la Sierra Nevada, le lac Taho et revinrent enfin à Boston et à New-York. Il résultera des travaux de ces botanistes ce fait que trois flores méri- dionales bien distinctes occupent l'ouest de l'Amérique du Nord et peuvent être nommées : La flore du versant de l'Atlantique et du Mississipi; La flore du versant du Pacifique ; La flore des Montagnes Rocheuses. Nous attendrons avec le plus vif intérêt les études de ces intéressantes questions, qui ne tarderont pas à voir le jour. Grandes forêts de Séquoia gigantea. A l'occasion du récent voyage dont nous venons de parler, sir J. D. Hooker a raconté qu'il avait visité des forêts de Séquoias, en Californie, mesurant une étendue de plus de 40 milles, ce qui donne heureusement à penser que cette espèce n'est pas prête à disparaître de la surface du globe, suivant les craintes qu'on avait exprimées à plusieurs reprises. Les Crocus d'automne. — C'est une grande faute de ne pas cultiver "davantage les espèces automnales de Crocus qui sont si charmantes à la fin de la saison, lorsque les jardins se dénudent de plus en plus. Outre le C. spe- ciosus, dont nous avons plusieurs fois parlé avec les éloges qu'il mérite, nous pouvons signaler les espèces suivantes, que l'on voyait en fleurs à Kew dans les derniers jours d'octobre et qui continuent à s'épanouir jusqu'en novem- bre. Ce sont les C. byzantinus, pukhellus, longiflonis, Boriji, Orphanidis, can- TOME XXIV. 1877. H' LIVR, — IGG — cellatus, Ciusii, médius, serolinus, Sahmantii. Les C. sativiis et iiudi/lorus sont un peu plus liàtifs. A l'exception de quelques types de Grèce et de Tanger, dans la liste qui précède, toutes ces espèces sont rustiques comme les Crocus du printemps. Les mycologistes de Paris et de Londres. — Le " Woolhope Club " des niycologistes d'Angleterre a tenu cette année, à Hereford, une session très intéressante à laquelle avaient pris part plusieurs de nos con- frères ;\ Paris. Cliarmés de la réception qui leur avait été faite, ces M.NL ont sollicité à leur tour la présence des mycologues anglais à l'Exposition et aux courses botaniques qui ont eu lieu dernièrement à Paris. Cette réunion a été empreinte d'une grande cordialité. Après l'Exposition, qui a été ouverte le 21 octobre dans une salle de l'hôtel de la Société centrale d'Hor- ticulture, des excursions ;\ S*-Germain, ù Villers-Cotterets, Montmorency et Fontainebleau furent organisées, et malgré la saison trop sèche qui avait peu favorisé le développement des Cryptogames, nombre d'espèces furent récoltées. Il est à désirer que des réunions scientifiques analogues s'organisent en province. Le plus gros Raisin connu. — On pouvait voir dernièrement à Dublin, chez un fruitier nommé Noble, le plus gros Raisin dont on ait jamais parlé. Il a été cueilli dans une serre de la Comtesse de Charleville, et c'est aux soins du jardinier M. Roberts qu'on doit ce résultat. Son poids était de 2G livres 5 onces. Sa longueur égalait 60 centimètres et son diamètre 56 centimètres. Sa forme et sa couleur ne laissaient rien à désirer. La variété était le Gros Guillaume. L''Eucalyptus comme désinfectant et insectifuge. — Un cor- respondant du Gardeners" Ckronicle met ses lecteurs en garde contre la croyance déjà répandue que \es Eucalyptus chassent les fièvres et assainis- sent l'atmosphère. Il se fonde sur ce fait qu'il a eu en Australie de violents accès de fièvre au milieu même des forêts d'Eucalyptus. Il ajoute que la plaie des moustiques n'est nulle part aussi cuisante que sous l'ombrage des Eucalyptus de la Nouvelle-Hollande, et il ridiculise l'affirmation, souvent répétée, que l'^". globulus met ces insectes en fuite. La descente de la sève. — Pour prouver la descente de la sève, on connaît l'expérience qui consiste à enlever un anneau d'écorce sur une branche, après quoi on constate la formation d'un bourrelet à la partie supé- rieure de la section. Dans la Revue des Sciences naturelles, M. Barthélémy annonce qu'il a renouvelé cette expérience, mais sur les branches d'un Saule pleureur, qui étaient par conséquent renversées. Le bourrelet ne s'est pas moins formé. Que devient l'argument de MM. les défenseurs de la sève descendante? Action des Lombrics sur le sol. — Dans un article du Zcitschri[t fïir Wisscnchajtliclie Zoologie, M. Hensen vient de retracer une curieuse série d'observations sur le rôle que jouent les vers de terre {Lombricus ter- restris) dans l'amélioration du sol. Il résulte de ses expériences cette con- viction, que les lombrics contribuent puissamment à drainer et à fumer un terrain par les canaux qu'ils creusent et les matières végétales dont ils facili- tent la décomposition. Ses conclusions, dont nous lui laissons toute la '2^ <£ LU ce o ce es UJ O ce X o CQ z LU Ll. Lu Ul — 167 — responsabilité, sont que : 1" les vers tendent à produire une distribution l'égulière des engrais naturels des champs en les enterrant dans le sol; 2" ils accélèrent la transformation de ces matières; 3" ils les distribuent dans l'intérieur du sol; 4° ils ouvrent le sous-sol aux racines des plantes; 5" ils rendent ce sol fertile. Fructification du Microcachrys tetragona. — Cette étrange espèce tasmanienne de Conifère est actuellement eu fi'uits dans le " tempe- rate house " de Kew. 11 porte une multitude de petits cùnes rouges, qu'on a comparés à des fraises, aux extrémités de ses branches retombantes. Cet arbuste est de serre tempérée dans notre climat, mais il serait certaine- ment rustique dans la région méditerranéenne, oft sa culture est à recom- mander. Le Coton Bahmieh. — Cette plante, qu'on disait être un hybride obtenu en Egypte entre le Gossjipium herbaccum et YHibiscus esculentus et dont on a fait tant de bruit l'année dernière, parait être déjà tombée dans l'oubli avec tant de nouveautés éphémères. Cependant des cultures faites dans le Texas tendent à prouver que cette variété (car ce n'est pas autre chose qu'une variété de Coton) présente quelques avantages suffisants pour encourager de nouveaux essais. Cattleya gigas. — M. R. Carr, de Taverham Hall, écrit au Gardeners Clironkle que l'admirable Orchidée que nous avons décrite et publiée, M. Linden et moi, sous le nom de Callleya gigas (III. hort. 1873, p. 70, 1874, p. 122), est représentée chez lui par des plantes portant 12 fleurs épanouies à la fois et répandant un délicieux parfum, que les dames com- parent à un mélange de Violette et de Primevère. Patrie de rOignon comestible. — VAllium Cepa, notre vulgaire Oignon, est originaire d'Orient, mais on ne lui connaissait pour patrie cer- taine que l'Himalaya, où il avait déjà été rencontré. Le fils du D"' Regel, qui parcourt en ce moment l'Asie centrale, l'a découvert à l'état sauvage sur les collines au Sud de Kuldscha. Le D'' Regel propose d'appeler cette plante A. Cepa sylvestris. Olearia Hastii, — Joli arbuste à feuillage persistant, rustique, décrit autrefois par sir Joseph Hooker dans son Handbook ofthe Neiv-Zealand Flora. Il croit dans la Nouvelle-Zélande, à une altitude de 1200 à 1500 mètres. On l'avait déjà introduit en Angleterre sous le nom à'Eunjbia parviflora. La plante avait à peu près passé inaperçue, bien qu'elle présente de jolis bou- quets de fleurs blanches, et qu'elle forme un bon appoint à nos fruticeta de plein air. On la possède déjà vivante en Belgique. Destruction des pucerons, fourmis et autres insectes. — On nous signale un moyen excellent et très simple pour détruire un grand -nombre d'insectes. 11 consiste à bassiner les plantes attaquées avec l'eau d'un tonneau dans lequel on a fait macérer de l'osier pendant l'hiver. Tous les pépiniéristes trempent ainsi leurs bottes d'osier à emballage pour le con- server souple. Qu'ils se gardent bien de jeter cette eau. Nous nous rappe- lons d'ailleurs avoir lu autrefois une indication analogue, donnée par M. Colin-Lebert, de Blois, dans la Revue horlicole. Ed. André. — 168 CCXCIV. CALAMIJS LEWISIVMS, iioitr. butexzoiu;. ROTANG DE LtWIS. Palmiers. KTYMOLOGIE cl CAUACTKKES GÉNKKIQUES : Voir Itlii.sir. Iwrlh-., 187-2, p. ÔJO. CAUACTÈHES SPÉGlFiyUES : Camltx lenuis, cjiindraceus ; vuyinœ peliol. late ainpluxi- caules cxliis sulcauc apicc auriculis 2 aciilis iiolatse, margiiie nicnibraiiacco iiigresceiitc, acii- leis brunncis rcctis obliquu subvcrlicillalis basi viridi-iiicrassatis {;ibbosis, inox sul)ulato- complaiialis, ad summum poliolum rcmolioribus; /)/««fP concinir.o subopposita' lincari-laiiceo- laUf plaïui' triuervia' longe acuiiiiiialu' apice suhulalic iiigricaïUcs basi altonuala', 20 cimiI. et ullra loiiya^, 15 iiiilliin. lala', sclis mollibus ubliquis sparsis inreriic paucioiibus, co.sla in pilioiuiii alaUini docuiicnk' liilloresc....? — Cresclt in syhis Java;. — Ex liorto botaii. Bui- Icnzorg in caldar. Liiuion allalu.s. — Spccimeii juiiius (ciicilor 5 anii. a-lat.) ad viv. descripsi. E. A. Calamus Le'wisianus, lloil. Buylenz. L'exemplaire de ce joli Palmier sur lequel cette description a été faite, dans les serres de M. Linden, pouvait avoir cinq années. C'est un élégant végétal, au port dressé, aux gracieuses frondes en panache, ornées de folioles régulièrement distribuées et du vert le plus gai. Sa tige, fine et cjlindracée, est embrassée à la base par deux gaines allongées, sillonnées à l'extérieur et pourvues d'une série d'aiguillons disposés par articles semi- verticillés. Ces aiguillons sont verts et tuberculeux à la base, puis noirs et subulés, robustes, étalés, et deviennent de plus en plus rares en remontant sur le pétiole. Les folioles, presque exactement opposées, planes, à trois côtes dont la médiane décurrente, sont linéaires lancéolées, atténuées aux deux extrémités, pourvues au sommet d'une pointe molle et noire, et sur les bords et le limbe, particulièrement en dessus, de soies ijoirâtres, éparses et obliques. Le reste des caractères, inflorescence, etc., faisait défaut, sur l'échantillon observé, comme presque toujours lorsqu'il s'agit de décrire ces Palmiers dans les serres. C'est une tâche difficile entre toutes de démêler les espèces dans le dédale de celles qui ont été déjà décrites et dont les caractères ne pour- raient se retrouver que si l'on voyait les plantes adultes et fleuries. Le Calamus Lcwisianus a été envoyé du jardin de Bujtenzorg (Java) à M. Linden, il y a quelques années. Ce sera l'un des plus gracieux repré- sentants de ce genre. Ed. André. L'ILLUSTRATION HORTICOLE CALAMUS LEWISIANUS. 5^ 'j)anneni.it'ker J.ùnden. . L'ILLUSTRATION HORTICOLE XANTHOCERAS SORBIFOLIA. ji/^-rf j}anTii'ni,Jt-ker, idnaZ-^irr m-^ort:' .'ir,S J Cuîden.puôl. 169 - CCXCV. XANTHOCERAS SORIJIFOLIA, blnce. xanthocéras a feuilles de sorbier. Sapindacées. ÉTYMOLOGIE : de iavh;, jaune, et xipaç, corne; allusion à la couleur jaune de l'onglet des pétales. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : pores aborlu polygamo-nionoioi. Cali/cis foliola 5, subœqua- lia, obtusa. Corollw pelala 5, liypoyyua, l):isi villosa. Ghindukv 3, pelalis altern;c, ligulalîp, reflexîe. Slamina 8, hypogyna, antliera; apice gUuulula auctcr, biloculares, inlus deliisrenles. Ovarium globosum, triloculare, loculis 8-ovnlalis. Sli/ltis simples, crassus ; slit/inn capilaluni, trilobum. Capsula corticata, trilocularis, Irivalvis, valvis medio septileris. Si'iiiiiia plurinia, magna, obovato-subglobosa, compressa. — Arbor in nionlibus Chinœ borealis obvia, deceni ad quindecim pedes alta, l'oliis imparipinnatis, loliolis scrralis, florihus lerminalibus, gemmaceis, racemosis, albis, capsula trigono subglobosa, seminibus magnis, nitidis, nigris. Xanthoceras. Bunge, Enum. plant. Chin. bor. II. — Meisn. Gen. 53 (58). — Endl. Geii. PI. 56-29. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : les mêmes que ceux du genre, qui reste monotype jusqu'à présent. Xanthoceras sorbifolia, Bunge, loc. rit. — Flore des Ser., t. 1899. — Rrv. Iiort. 187-2, p. -291. Le Xanthoceras sorbifolia était connu depuis longtemps dans les herbiers du Nord de la Chine, et la description qu'en avait faite M. Bunge dans son « Enumeration » des plantes de ce pays l'avait signalé à l'attention des botanistes, mais il n'était pas encore introduit il y a douze ans ('). Ce n'est que dans le courant de l'année 186G qu'un missionnaire dévoué à la science, M. l'abbé David, le rencontra à l'état sauvage dans l'Ourato, en pleine Mongolie, et l'expédia vivant à M. Decaisne, au Jardin des Plantes de Paris, par les soins d'un jeune attaché d'ambassade, M. Pichon. La jeune plante prospéra. On l'avait placée en lieu abrité, près d'un mur, dans le carré dit " des couches. " En peu d'années elle forma un arbuste de deux mètres environ de hauteur, qui se couvrit, à chaque mois d'avril, de charmants thjrses de fleurs blanches à centre rouge cuivré ou violacé, nuancé de jaune. Son joli feuillage imparipenné lui donnait une ressem- blance particulière avec un Sorbier des oiseleurs, d'où son nom spécifique. Depuis cette époque, le pied a mûri des fruits gros, verts, pyriformes, (I) On affirme cependant que depuis de longues années on possédait ce végétal en Crimée, où les expéditions russes l'auraient introduit vivant; mais le fait mérite confirmation, — 170 — et de bonnes graines d'où sont sorties une jeune famille de sujets qui ont été distribués par le Muséum sur plusieurs points de l'Europe. La multiplication du Xaiitlioceras autrement que par semences est restée dillicile. Le bouturage par racines est encore ce qui parait le mieux réussir, mais il faut bien convenir que cette diiïiculté a été cause de la lenteur avec laquelle cette plante, qui serait si rustique et si belle dans nos jardins, a été répandue jusqu'à présent. Nous devons espérer que des procédés de multiplication rapide et surtout que l'obtention de bonnes graines permettront de répandre avant peu le Xantlioci'vas dans toutes les cultures d'oi'nemont. Le nombre des espèces nouvelles d'arbres et d'arbustes à l'épreuve de nos gelées est si restreint, que l'on doit applaudir à l'introduction de celui-ci, qui constitue la plus remarquable importation (jui ait été faite depuis longtemps. Le Xantlioceras vient dans toute terre de jardin, mais nous avons raison de croire qu'un sol meuble et riche à la fois, ou compost de terre de bruyère et de terreau mêlé à de la terre de jardin, lui conviendra particulièrement, au moins pendant ses jeunes années. Ed. André. CHRONIQUE HORTICOLE (fin). Exposition pomologique à Paris. — Cette Exposition a été très richement l'ournie d'apports de fruits de diverses régions de la France. Le prix d'honneur a été obtenu par MM. Baltet frères, de Troyes, qui avaient envoyé 600 variétés de Poires, Pommes, Pêches et fruits divers. Puis sont venus MM. Simon-Louis frères, à Metz, avec une collection de 750 variétés; M'™ V^ Durand, à Bourg-la-Reine, et MM. Croux, à Aulnay. Les apports de Raisins de M. Rose Charmeux, de Thomery (50 variétés), de M. Fran- çois Marc fils (100 variétés), de M. Henry Vilmorin (45 variétés) ont attiré particulièrement l'attention du jui'y et du public. Les légumes et les plantes d'ornement avaient également pris une place importante dans cette Exposi- tion, qui a été tenue dans le local de la Société d'Horticulture, 84, rue de Grenelle-S'-Germain, ù Paris, du 11 au 14 octobre. Le jardin fruitier du Muséum. — La dernière livraison de cet ouvrage monumental vient de paraître. Les éditeurs annoncent avec regret que, la subvention donnée par le ministère ayant été retirée, ils ne peuvent plus faire seuls les frais d'une publication de luxe de cette importance. Ce résultat est déplorable. Nous savons que les travaux de M. Decaisne sur les Pommes devaient prochainement s'ajouter aux autres monographies déj;\ terminées ou entreprises. Le public pomologue sera malheureusement privé de ces travaux. Nous reviendrons prochainement sur cette grande œuvre conduite avec tant de talent et de persévérance par son auteur. Ed. Ajsdré. VUE DU JARDIN BOTANIQU DE S'-PIERRE MARTINIQUE). — 171 — CCXCVI. VCE DU JARDIN BOTAMOll DE S'-l'lERllE (mahtimoie). Le 23 novembre 1875, j'ai visité ce beau jardin, l'an des plus riches qui soient au monde. J'étais débarqué depuis la veille et j'avais hâte de remettre mes lettres de recommandation entre les mains de M. Bélanger, le direc- teur. Le matin, à 6 heures, je me dirigeai donc, avec mes deux compagnons de voyage, sur la route qui conduit à ce Paradis des Antilles, dont on m'avait si souvent parlé. Nous suivîmes d'abord une rue parallèle à la mer, et oCi se trouvent le Théâtre et la Poste. Arrivés au torrent que Ton nomme la " Rivière du Port, -> nous en remontâmes le cours en longeant une belle promenade gazonnée, ombragée par de grands Tamarins et autres arbres tropicaux. Le pa^'sage était pittoresque. Des laveuses étendaient leur linge sur les pierres de la rivière, un moulin écumait sur l'autre l'ive, des festons de plantes grimpantes couraient les arbres et les rochers, et un beau soleil répandait un charme particulier sur cette scène matinale. Après une course de deux kilomètres, nous étions arrivés. Dès l'entrée au jardin, qui borde à droite, par une grille très simple, le chemin du " Morne rouge ", je fus frappé de la beauté de la végétation, com- posée d'arbres déjà vieux et de fourrés d'arbustes couverts de fleurs. Sous l'ombrage des grands Palmiers et des arbres variés des pays chauds, nous montâmes rapidement à la résidence du dii'ecteur, située dans un enclos réservé et composée d'une habitation d'aspect fort simple. Des magasins remplis de caisses à la Ward, de tas de terreau, d'outils l'entouraient. Devant se trouvait l'école de botanique. Le seuil de la porte était orné de pots remplis de fleurs d'Europe. Un assez triste spectacle m'attendait à mon entrée dans la maison. M. Bélanger, que j'avais rencontré 15 ans auparavant, à la bibliothèque Delessert, à Paris, plein de vie et de santé, gisait sur une chaise longue, les jambes étendues, la face convulsée par la souffrance. Une attaque de paralysie l'avait mis dans ce pénible état. Il reprit cependant un peu d'ani- mation quand je lui parlai de la France et de ses amis, et peu d'instants après, nous portions un toast aux absents avec un verre de son vin d'oranges. Pendant qu'on préparait les chevaux pour une excursion que je désirais . faire dans l'intérieur de l'île, je parcourus le jardin en détail et recueillis les notes suivantes sur son histoire. L'établissement est ancien; sa fondation remonte au siècle dernier. M. Bélanger y arriva en 1853. Grâce à lui, le jardin reçut de nombreuses améliorations et surtout s'enrichit de fréquents envois de plantes de l'étran- ger. De son côté, il expédia les premiers pieds de café, cacao et cannes à sucre de variétés choisies qui peuplèrent nos autres colonies. Malheureuse- — 172 — ment les crédits d'eutretien sont toujours restés médiocres; la mère-patrie est bien loin pour se soucier de ses entants d'outre-mer, et cependant le pauvre jardin est d'autant plus digne des secours actuels du gouvernement, qu'il a été ravagé par un terrible ouragan (jui a brisé ses plus beaux arbres, le 9 septembre 1875. Dès qu'on s'est engagé dans la grande allée qui mène de l'entrée au sommet du jardin, on trouve une fontaine de briques, portant la date de 1820, et indiquant que des travaux importants y lurent laits à cette époque pour distribuer des eaux magnifiques, détournées du torrent supérieur. Sur les arbres séculaires qui laissent à peine percer les rayons du soleil en plein midi, et qui sont principalement des Allalea et des Sealorlliia hauts de 30 mètres, on voit des Orchidées gracieuses, des Brassia aux lobes blancs tachés de vert, se suspendre en fausses parasites. Le Thunbergia latiiijolia développe ses longues guirlandes couvertes de gros tubes bleu violacé au-dessus des arbres qui bordent une pièce d'eau située dans la vallée à droite. Ce lac limpide, calme, éclairé comme un miroir d'acier poli, reflète la puissante végétation de deux iles charmantes. L'une d'elle se nomme l'ile des Ravénalas et présente un admirable bouquet, haut de 15 mètres, de " l'Arbre du voyageur >• (Ravenala Madagascariensis), avec ses raquettes distiques, du plus beau vert, et d'un effet si étrange! De superbes Crotons {Codicvum piclum), aux feuilles panachées, et des Dracénas mêlés à des Bau- hinias au limbe bilobé, forment un groupe imposant et charmant à la fois. Non loin de là se trouve l'île des Alpinias. Un groupe énorme du Globba (Alpinia) milans en occupe la plus grande partie, avec ses tiges de 3 à 4 mè- tres de hauteur, auxquelles se suspendent de belles grappes de fleurs char- nues, rosées, dorées et rouges, d'un luisant de porcelaine. Au-dessus, se balancent les candélabres de grands Pundanus arborescents, couverts de fruits, et une grande Bignoniacée jaune complète l'ensemble. Des Palmiers aux stipes élancés, chargés de drupes jaunes (Œnocarpiis), et des Casua- rina semblables à des tiges d'Asperge de 100 pieds de haut, se balancent au-dessus de ce coin charmant de nature tropicale, que relèvent encore les touffes sombres de gros Crinum aux bouquets de fleurs blanches parfumées. En continuant la promenade, on trouve une grotte de rocailles agréable- ment tapissée de Fougères, de Sélaginelles à frondes palmées et de Lyco- podes variées. Les longues feuilles pendantes des Pitcairnias retombent au-dessus comme de vertes chevelures, et le Kiissellia juncea constelle de points de corail cette verdure si vive, sans cesse renouvelée. De là, si l'on suit le sentier, bordé d'un talus de plantes herbacées, où les Gesnériacées à fleurs roses dominent [Besleria] et que suit un ruisselet remplis de gros crabes jaunes qui s'enfuient à notre approche, on ai'rive au pied de la grande cascade dite » Trou du serpent, » magnifique chute d'eau de l'effet le plus pittoresque. Tout auprès, des Clerodendron frutescents montrent leur calyce écarlate renfermant une baie verte. De gracieux Neplirolepis retombent du haut des branches. Le Xanlhosoma sagUlifolium dé- veloppe des feuilles de plus d'un mètre de diamètre, des Pandunus variés laissent pendre leurs gros fruits d'Ananas verts, une profusion de plantes sauvages, qui feraient le plus bel ornement de nos serres chaudes, fournit — 173 — a plus belle application du " stnujgle for life " et présentent à nos yeux éblouis les plus ravissantes combinaisons de feuillages et de Heurs. Parfois une ondulation dans cette masse herbacée révèle la fuite d'un serpent et je ne puis m'empècher de penser que c'est la morsure d'un de ces crotales indigènes qui a rendu M. Bélanger boiteux pour toute sa vie. En çuivant l'allée " des Palmistes, » on peut admirer des Seaforthia ele- (jans, dont les troncs mesurent 1 mètre de circonférence et 30 mètres de hauteur. Ils sont perforés par les larves de la Calandre {Calandra palmarum) qui en fait périr chaque année un grand nombre. Des Fougères, des Orchi- dées, des Mousses ont trouvé moyen de s'accrocher à ces stipes lisses comme des fûts de colonne et de s'y suspendre avec grâce. Un gigantesque Barringlonia speciosa m'arrête sur le chemin ; je n'aurais jamais imaginé l'efïet splendide de ses grandes fleurs et de ses houppes staminales. Au pied, des Marantacées, Phrynium, Mavanta, Calathea, des Costus, de grands Pobjpodium aureum, le Cliloria formosa, s'entremêlent parmi des Bananiers gigantesques {Musa violacea et paradisiaca) et de grosses touffes de Coix lacryma. Mais le sanclum sanctorum de cet Eden botanique est l'École, qu'une petite grille sépare du commun des visiteurs. Quels bons instants j'y ai passés, à noter les collections de Palmiers, les Cycadées, les premiers spécimens d'arbres fruitiers des Tropiques qu'il m'était donné de voir, et tant de fleurs rares et curieuses! Des exemplaires de Cycas cirdnalis, Lalania Commersoni, Carhidovica palmata, Bactris minor, Arenga saccharifera, Thrinax, Cocos, Cres- centia Cujele attiraient mon attention par leur force. Je pouvais admirer, couverts de fleurs et de fruits, les Anligonon Leplopus, Sleplianotis floiibunda, Hibiscus variés, Sapota Achras, Balalas aquatiques, Pandanus grainini- folius, Hastiiigia coccinea avec ses chapeaux chinois écarlates, un Ficus elastica d'une circonférence de 18 mètres, des Thunbergia variés, Podocar- pus laurifolia, Araucaria Cooki, et un Pinus canariensis sur lequel je capturai un énorme échantillon de la grosse araignée tueuse d'oiseaux {Mygale avicu- laire). En bas de cette première terrasse se trouve une autre partie du jardin, de plein-pied avec la route, et non moins remarquable par l'étendue des collections. Une pareille richesse n'attire cependant guère la sollicitude du gouver- nement français. Quand on pense au soin avec lequel les Anglais, à Cal- cutta, à Madras, à Maurice, à Ceylan, à Singapoore, les Hollandais à Buytenzorg (Java), se préoccupent de ces utiles créations, on se prend à souhaiter avec plus d'ardeur encore que le jardin de S'-Pierre (Martinique), qui ne le cède en rien à ceux-ci par la beauté et par les services ren- dus, éveille enfin l'intérêt du pays auquel il appartient et qui le laisse dans un état si précaire. Ed. André. — 174 — LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. NOUVEAUX LEGUMES. Radis olive doré. — M. E. Bénary, d'Erfurt, vient de mettre au commerce cette nouvelle variété de Radis, d'une belle couleur jaune et en forme d'olive. On la dit d'excellente saveur, particulièrement apte à la cul- ture forcée, et destinée à devenir un ornement de nos tables par son con- traste avec les Ivadis roses ordinaires. Pois Culverweirs telegraph. — Cette variété, mise au commerce par M. Carter, de Londres, constitue le plus long et le plus beau des Pois connus. Sa production est très abondante et sa qualité parfaite. Il est d'une vigoureuse croissance et ses cosses sont d'un grand eiiét dans une Expo- sition. Melon de Khiva. — Le capitaine Burnaby, dans son Kidc to Khiva, parle ainsi de ce Melon, que M. Carter met aujourd'hui en vente : " Les Melons de Khiva ont une renommée qui s'étend dans tout l'Orient. Leur saveur est si délicieuse que ceux qui sont accoutumés aux variétés européennes reconnaîtraient à peine leur degré de parenté avec les Melons si délicats et si parfumés de Khiva. » Pois Criterion. — On dit merveille de ce nouveau Pois, (jui est sorti des semis de feu M. J. Standish et qui va bientôt être répandu dans les cultures. MM. Veitch disent que c'est un semis entre Advancer et Ne plus ultra, très supérieur à ces deux variétés et d'une grosseur tout-à-fait excep- tionnelle, ce qui n'exclut pas la qualité de premier ordre. Haricot zèbre g'ris. — Comme nous l'avions annoncé, nous avons fait cette année l'essai de cette variété, qui s'est trouvée délicieuse et excessivement productive. Le nouveau gain de M. Perrier de la Bathie est destiné à un grand succès, nous n'en doutons pas. Haricot de Lima. — Il en est de même de ce gros Haricot, que nous avions remarqué l'année dernière dans l'Amérique du nord, et que nous avons semé, malheureusement un peu tard. Nous avons pu en manger toutefois quelques plats qui ont montré une tendreté toute particulière et un goût délicat. Nous recommandons de mettre en place de bonne heure, cependant pas avant que le sol ne soit bien échauffé. Ed. André. >-•>•—( HORTICULTURE D'ORNEMENT. LES BEGONIAS TUBEREUX. Un choix sévère doit être effectué parmi les variétés innombrables qui sont recommandées dans cette tribu du genre Bégonia. Sous le prétexte que toutes les variétés sont jolies, on conseille de se contenter de les - 175 - semer, tandis qu'une sélection intelligente fournirait des plantes d'une beauté éprouvée comme celles que les horticulteurs anglais préconisent. Aussi nous croyons utile de fournir à nos lecteurs une liste des meil- leures espèces et variétés qui ont été observées cet automne à Kew et qui toutes se peuvent obtenir en tubercules chez les principaux horticul- teurs de Londres. B. Veilchi, vigoureux, belles grandes fleurs écarlates sur de robustes hampes. — Evansiana, larges feuilles, fleurs roses. — Pearcei, feuillage richement réticulé velouté, fleurs jaune clair. — rosœflora, très joli, blanc ou rouge, suivant la variété. — Frœbeli, superbe plante, dont Y/llustralion a publié une planche et une description. — Boliviensis , pas assez florifère dans le type, mais supérieur dans quelques variétés qui en sont issues. — Davisii, belles fleurs rouges, très méritantes. — D^ Masters, couleur brillante, longues fleurs. — Orange Boiven, variété peu répandue et excellente. — Chelsoni, très grandes et brillantes fleurs très abondantes. — Welloniensis, petit feuillage, fleurs roses, excellent. — Chambersii superba, fleurs et feuillage superbes. — Pearcei superba, feuilles vert velouté strié, variété supérieure au type. — Empereur, variété supérieure à l'éclatant Vesuvius. Et de nombreuses autres variétés, trop peu diff'érentes de celles-ci pour en dresser le catalogue et augmenter outre mesure la collection. Avec ce choix on aura de quoi produire dans un jardin le plus brillant eff'et. On sait que rien n'est plus facile à cultiver que ces Bégonias tubéreux, dont l'éclat contrebalance aujourd'hui celui des Pelargoniums zonales, et dont aucun jardin ne pourra bientôt se passer. Conservés à l'état sec, comme des Glaïeuls, sous les tablettes d'une serre, on les met en végétation à la fin de l'hiver ,en terreau ou en terre de bruyère, et quand ils sont en pleine végétation on en fait dehors des corbeilles, des plates-bandes, des bordures, au soleil ou l'ombre suivant la variété, et toujours du plus char- mant eff'et décoratif. Detector. CINQUANTE ROSES. Orléans est depuis longtemps célèbre pour ses cultures de Roses. Les principaux horticulteurs et amateurs ayant été invités par le Journal des Roses à tenir cour plénière et à constituer un jury de rosiéristes à l'effet d'élire les meilleures variétés, le résultat a été celui que nous donnons ci-contre et que la Société d'horticulture d'Orléans vient de notifier pour le répandre de toute sa publicité. Les Roses dont les noms suivent sont classées par ordre de mérite, Les observations s'appliquent, cela s'entend, au climat et au terrain d'Orléans. — 176 — 1. Baronne de Rothschild, hybride, carné clair, vigoureuse, forme par- faite. 2. Souvenir de la Malmaison, Ile-Bourbon, blanc carné, excellente variété ancienne. .1. Jules Margottin, hybride, cerise vif, globuleuse, très florifère et très remontante. 4. Elisabeth Vigneron, hybride, rose frais, forme de coupe, fleur énorme, mêmes qualités que la précédente. 5. Charles Lefebvre, hybride, rouge nuancé pourpre, belle forme, belle tenue. 6. Victor Verdier, hybride, rose vif, très florifère, fleur très large. 7. La France, hybride, carné clair, globuleuse, floraison extraordinaire- ment abondante et remontante. 8. Paid Neyron, hybride, rose franc, dimensions extraordinaires. 9. Louise Odier, Ile-Bourbon, rose, en coupe, très bien faite. 10. Maréchal Niel, thé, jaune, fleur énorme. 11. John Happer, hybride, rose vif à centre plus (once, forme en coupe. 12. Gloire de Dijon, thé, saumon, très florifère. 13. Géant des Batailles, hybride, cerise vif. 14. Thérèse Levet, hybride, frais, globuleuse. 15. Général Jacqueminot, hybride, rouge vif, globuleuse, type premier de toute une série de Roses. 16. Madame Victor Verdier, hybride, rose vif, globuleuse. 17. Madame Georges Schwartz, hybride, rose frais. 18. Pierre Notting, hybride, rouge foncé, nuance pourpre, globuleuse. 19. Elisa Boelle, hybride, blanc, carné au centre. 20. Duchesse de Sutherland, hybride, rose carné, très délicate de forme et de coloris. 21. Maxime de la Rocheterie, hybride, rouge foncé, nuancé noir, forme bombée. 22. Marguerite Jamain, hybride, carné, forme plate. 23. Anna de Diesbach, hybride, cerise, larges pétales, fleur énorme. 24. Madame Charles Crapelet, hybride, rouge clair, globuleux. 25. Marguerite de S'-Amand, hybride, carné frais, belle forme, bonne tenue. 26. Marquise de Castellane, hybride, rose vif, large fleur, belle forme. 27. Madame Boutin, hybride, cerise clair, globuleuse. 28. Lord Raglan, hybride, rouge violacé, très pleine, imbriquée. 29. Eugène Appert, hybride, rouge très vif, beau feuillage sombre sur lequel tranche la fleur. 30. Belle lyonnaise, thé, jaune clair, foi'nie en coupe. 31. Eugénie Wilhelm, hybride, rouge, en coupe. 32. Rose du roi, portland, rose vif, encoupe, la première rose remontante comme forme de bouton parfaite. 33. Chromatella, noisette, jaune vif, large fleur. 34. Cécile de Chabrillant, hybride, rose, globuleuse, forme parfaite. 35. Madame Eugénie Appert, hybride, rose saumoné, extrêmement flori- fère et remontante. — 177 — 36. Triomphe de Rennes, noisette, jaune clair. 37. Jean Pernet, thé, jaune vif, en coupe. 38. Triomphe de l'Exposilion, hybride, rouge clair, en coupe, très florifère. 39. Madame Alfred de Rmigemont, hybride de noisette, blanc, en coupe. 40. Baronne Prévost, hybride, rose, large fleur, très florifère. 41. Madame Fakot, thé, jaune foncé, parfaite comme bouton, très florifère. 42. Souvenir de la Reine d'Angleterre, hybride, rose vif, très large fleur. 43. Ophirie, noisette, cuivrée, très florifère, coloris à part. 44. Céline Forestier, noisette, jaune clair bordé blanc, extrêmement florifère et remontante. 45. Président Porcher, hybride, rose saumoné. 46. Sombreuil, thé, blanc. 47. Aimé Vibert, noisette, blanc pur, bouquets abondants. 48. La Reine, hybride, rose, globuleux, forte fleur, très florifère surtout la seconde année. 49. Président Mas, hybride, rouge foncé nuancé violet, forme bombée. 50. Madame Edouard Onj, mousseux remontant, rose. A. Ducos. CHOIX DES PLUS BELLES VARIETES DE CHRYSANTHEMES D'AUTOMNE. Aux dernières expositions de cette plante automnale, qui ont eu lieu en Angleterre, on a surtout remarqué les variétés suivantes : Variétés a fleurs penchées : Annie Salter, Beauté du iÇord, Chevalier Bornage, Christine, Crimson Velvet, Z*'' Sharpe, Garibaldi, Julia Lagravére, Progné, Snowflake, White Christine. Variétés a fleurs d'anémone : Fair Margaret, Fleur -de- Marie, King of Anémones, Marginatum, Miss Margaret, Prince o( Anémones, Rose Marguerite, S''-Margaret. Variétés anémone pompon : Antonius, Astrea, Calliope, Madame Montelt, M'^ Astre, Reine des Anémones, Sydonie, Dick Trupin. Parmi les variétés qui ont été admirées dans les belles cultures de M. Turner, à Slough, on a pu noter, comme plante de premier ordre, celles que voici : Blanches : Empress of India, blanche, bien faite; Isabelta Boit, grande fleur teintée de rose; Madame G. Rnndle, forme supérieure à la précédente; Princess of Wales, rose; Queen of England, blanc bleuâtre; White globe, grande fleur recourbée; White Beverleij, également incurvée et bien faite. Colorées : Fingal, cramoisi pourpré; Jardin des plantes, bronzée; S''-Patrick, rougerubis ; M. Howe, bronzé et orange ; Mont Etna, beau rouge ; Prince Alfredf Madame Brunlees, Grand Lodge rival, brun et orangé ; John Salter, rose cannelle; Lady Ilardinge, rose délicat; Guernsey Nugget, jaune primevère; George Glemy, jaune. Japonaises : Elaine, Fair maid of Guernsey, blanche ; Gloire de Toulouse, rose et blanche, James Salter, lilas, grande ; 7'o kio, écarlate orangé ; La Nymphe, rose lilas; Daimio, rose pâle. — 178 — Pompons : M. Murray, pompon; M""" Marshe, beau blanc; Sœur Métanie, beau blanc, et plusieurs autres. Toutes ces plantes sont d'un eflet admirable si l'on prend soin de les élever d'abord en pleine terre, puis de les mettre en pot et de les cultiver comme plantes de serre, en (irelfaiil les variétés de choix au sommet d'une forte tige choisie à cet efl'et dans les sortes les plus vigoureuses. En Angle- terre, on entend à merveiile,la préparation des Chrj-santhèmes pour plantes d'Exposition, et nous avons été souvent frappé de leur beauté, dont on ne peut se faire une idée quand on se contente de les traiter comme les plan- tes vivaces de pleine terre les plus vulgaires de nos jardins. Ce sont des plantes faciles, qui rendent au centuple les soins que l'on a pris pour elles. P. Lebert. NIDULARIUM NEGLECTUM. Cette Broméliacée, dont le qualificatif indique qu'elle avait été un peu délaissée, parmi tant de congénères plus brillante qu'elle, est originaire du Brésil, d'ofi M. Binot l'a envoyée récemment à M. Linden. J'ai ci'u devoir la tirer de l'oubli où elle ne mérite pas de tomber, car elle ne manque pas de valeur, avec son feuillage bien tenu .et ses fleurs d'un bleu léger à onglet blanc. Voici ses caractères : Plante de taille mo^'enne. Feuilles peu engainantes, détachées presque dès la base, canaliculées convolutées après la partie embrassante, puis étalées planes à partir du milieu, à bords garnis de dents en scie, très fines, à direction oblique et parallèle, courtes et noires; sommet du limbe obtus à bords enroulés et finissant par une pointe noire et dure. Surface supé- rieure d'un vert bleu, entièrement sillonnée de fines stries blanches, à la base quelques taches couleur sang noir mêlées de vert; page inférieure zébrée de zones alternativement blanchâtres et brunâtres. Inflorescence en capitule enfoncé, très brièvement pédoncule, paraissant sessile, entouré de bractées mères membranacées, érigées, plus courtes que le calyce, ovales acuminées, violacées et striées. Fleurs pédicellées, à pédicelle comprimé, blanc, long de 1 centimètre, accompagnées d'une bractée ovale aiguë, violette, plus courte que les lobes du calyce. Ovaire infère arrondi com- primé, surmonté par les lobes dressés, égaux, ovales, à bords convolutés, à pointe libre subulée, d'un violet vineux presque noir; surface finement striée , bords membranacés. Corolle blanche , extrémité des lobes bleu lilacé; tube cylindrique plus court que la pointe des sépales, long de 1 centimètre; lobes étalés défléchis ;\ l'extrémité, ovales, longuement acu- rainés aigus. Étamines subbasifixcs à filet aplati, insérées vers la moitié de la hauteur du tube, à anthères linéaires dressées, dépassant un peu la gorge, rejetées en arrière et formant sillon postérieur sur le connectif, égalant exactement en hauteur le style, qui est cylindrique, terminé par un stigmate long, tordu en vrille, à tours de spire barbelés ciliés. Ovaii-e à 3 loges inégales, à ovules allongés horizontaux insérés sur l'angle interne de l'axe. Cet acte de naissance en due forme fixera la place de cette plante modeste et intéressante. Ed. André. — 179 — LES CHAPEAUX D'ARISTOLOCHES. M. Ed. André a commencé, dans le Tour du Monde, recueil de voyage dirigé par M. Ed. Charton, la publication illustrée de son exploration dans l'Amérique du Sud. Nous extrayons de l'une des premières livraisons la description suivante, qui se rapporte h l'une des plus belles plantes que nous ayions publiées dans V Illustration horticole (1870, p. 158), YAristolocliia cordiflora, qui orne les bords du grand fleuve de la Colombie, le Rio Magdaléna. La gravure qui accompagne ce passage a été également tirée du Tuur du Monde, et nous a été obligeamment communiquée par la librairie Hachette. « C'est dans les parages de Mompox (ou Mompos), " dit M. André, " que croit l'une des plus singulières plantes de l'Amérique du Sud, l'Aristoloche à fleurs en cœur {Aristolodiia cordiflora). Le botaniste Mutis l'a le premier signalée ; Humboldt a été frappé de ses grandes proportions et de sa beauté. Elle court sur les arbres, comme une liane qu'elle est, les enveloppant de son feuillage lustré, en forme de cœur, et les ornant de ses énormes fleurs jaune paille léopardées de violet et hérissées de poils rétrorses à l'intérieur. Au moment de la fécondation, ces fleurs dégagent une violente odeur de viande gâtée. " D'innombrables insectes s'en approchent comme d'une proie, se glissent dans la cavité intérieure et restent prisonniers dans cette chausse-trappe végétale. La mort survient bientôt pour eux, et l'on dit, — la science nous en apprend de belles, — qu'alors la fleur dévore et digère sa proie, ni plus ni moins qu'une araignée sur sa toile. L'Aristoloche à fleurs en cœur se classe donc parmi ces plantes carnivores sur lesquelles on a fait tant de bruit dans ces temps derniers. — 180 — " De plus, elle guérit, dit-on. la morsure des serpents, et ses fleurs sont un vêtement. En arrivant à Magangué, on est tout surpris de voir les enfants nus qui courent sur la plage coiffés d'un étrange bonnet phrygien. C'est la fleur énorme de l'AristolocIie qui joue chez eux le même rôle que le classique bonnet de coton chez nos paysans de Normandie. •> Non loin de là, se trouvent les autres plantes dont M. André a parlé en citant le lieu où il a rencontré le Diejji'nbncltia Parlatorci à l'état spontané, et parmi lesquelles brille une autre nouvelle espèce d'Aristoloche également décrite et figurée dans ï Illustration, la l)elle A. clypeata (1870, p. 223). Lucien Linden. BIBLIOGRAPHIE. La vie végétale, par M. H. Emery (i). — On compte par centaines les livres de botanique écrits ;\ l'usage des gens du monde. Ciiaqiie année, il en parait de nouveaux à l'occasion des étrennes; chaque année aussi les mêmes ouvrages sont refaits sous une autre forme et servent plutôt à pro- pager des erreurs qu'à populariser une science. La raison en est simple • les véritables savants dédaignent d'écrire des livres élémentaires ou, s'ils le tentent, ils le font avec une sécheresse de style qui rebute. Les écrivains dits " vulgarisateurs >•, au contraire, à moins d'une initiation scientifique complète, paraphrasent mal un langage technique qui ne leur est pas familier, ou bien, sous prétexte de captiver leurs lecteurs, ils sacrifient la vérité à l'attrait du style. Tel n'est pas le cas du livre (|ue nous recommandons aujourd'hui. Il émane d'un professeur de botanique à la Faculté des Sciences de Dijiui, M. Emery. Les assertions ont ici le rigoureux contrôle universitaire et nous ne craignons plus que l'auteur soit tenu en défiance par son public. M. Emery a su envelopper la matière ditticile qu'il avait à traiter dans un style simple et élégant à la fois, non hérissé de termes scientifiques trop répétés; il est resté vrai et complet sans aridité; en un mot, il s'est inspiré du côté aimable et poétique de son sujet : la vie végétait'. La première partie du livre traite de la cellule et de ses dérivés, de l'organisation végétale, des racines, du système axile, de la feuille, de la fleur, du fruit, de l'accroissement et de la reproduction. Dans la seconde partie, la géographie botanique est présentée au lecteur de la manière la plus attachante dans ses divisions principales en flore arctique, flore tempérée et flore tropicale. Enfin, la troisième partie envisage l'homme dans ses rapports avec les plantes, la culture et les curiosités végétales, et il ne forme pas le moindre attrait de cette étude si complète et si charmante. Il faut féliciter la maison Hachette d'avoir mis les illustrations du livre à la hauteur de sa valeur scientifii|ue et littéraire, et d'offrir au public un plaisir pour les yeux en accompagnant le texte de M. Emery de magrii- tiijues gravures et lithochromies représentant les principaux végétaux du globe et les détails de leur organisation. Ed. André. (1) Vol. grand 8°, 807 pages, 10 chromoliihograpliie.s, 420 gravures sur bois. — Paris, HaclieUe. Prix : 30 fr. 181 — CHRONIQUE HORTICOLE. Décembre 1877. Exposition universelle de Paris de 1878. — Les travaux avan- cent rapidement, à l'exception de la partie horticole, à peine entamée jusqu'à présent. Un seul exposant a pu planter ses collections d'arbres de plein air. Le grand aquarium est presque terminé. Les pentes du Troca- déro vont être prochainement attaquées. Les grands arbres transportés au chariot prennent successivement leurs places respectives. Les Hollandais ont mis en terre 40.000 oignons